de livres en livres

" Lire, comme respirer, est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

15 mars 2007

Roman pour ado...

   

MARGARET BECHARD, ACCROCHE-TOI, SAM !, Bayard jeunesse, 263 pages, 2002. Genre : comment être père et adolescent ?

   accroche_toi_sam                         Petit détour vers la littérature ado (eh oui il y en a une). La collection Millezime regroupe des textes aux sujets légers ou non pour les ados et les plus grands bien sûr.
    Accroche-toi, Sam ! nous emmène dans l’univers américain des parents adolescents. Sam a 17 ans et est le père de Max, un bébé de onze mois qu’il a pris en charge le jour où la mère a voulu l’abandonner. Son quotidien jongle donc avec le lycée alternatif (prévu pour les parents car il y a une crèche), les biberons, les couches, Claire (un ancien amour), Andy (meilleur ami de la vie d’avant), son père qui semble l’accuser…
    J’aime beaucoup l’idée que la littérature jeunesse, et ado, ose aborder des thèmes difficiles sous la forme de la fiction. Cette histoire montre bien sûr la difficulté à assumer ses responsabilités de père quand on est adolescent et qu’on rêve de légèreté et de fête. Sam est un personnage attachant et son bout de chou encore plus. Mais voilà, comment concilier la paternité et la construction de soi, de sa vie ? Un roman bien écrit, qui se lit très vite mais un peu prévisible sur certains passages. Heureusement, la fin n’est pas du tout celle que j’imaginais et ça rattappe…
Bonne lecture !

pourquoi_pas

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Littérature brésilienne (2)...

   

HELONEIDA STUDART, LES HUIT CAHIERS, Les allusifs, 237 pages, 2000. Genre : portraits de femmes brésiliennes très convaincants.

  huit_cahiers                                 Je continue ma découverte de la littérature brésilienne avec ce roman conseillé par Valérie. L’auteur est une femme née dans les années 30 et est connu pour ses activités militantes et féministes.
    Un jour, Maria das Graças se suicide et lègue à sa nièce Mariana ses cahiers. Il s’agit de ses écrits et du journal de bord de la famille Nogueira de Alencar, très puissante avant d’être ruinée par la banque du Brésil.
    Dans ce roman, on suit le destin de deux femmes, la tante et la nièce, qui nous racontent également celui des autres femmes de la famille. Heloneida Studart nous livre deux beaux portraits de femme qui doivent lutter avec les préjugés et les traditions de leurs pays. On vit la douleur, la souffrance et la colère de ces femmes qui n’ont aucune liberté et sont martyrisées par leur famille, leur mari et leur société, à la fin de la seconde guerre mondiale mais bien des années après aussi. J’ai vraiment dévoré ce roman. J’ai été très touchée par la condition féminine au Brésil et l’écriture tout en finesse mais directe de l’auteur. Je vous le recommande vivement !
Bonne lecture !

vaut_le_d_tour

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08 mars 2007

Littérature brésilienne (1)...

J.-M. MACHADO DE ASSIS, LA THÉORIE DU MÉDAILLON ET AUTRES CONTES, Métailié, 2002, 151 pages. Genre : nouvelles et chroniques datant du 19ème.

   th_orie_du_m_daillon                     Je dois découvrir la littérature brésilienne pour les besoins de ma prochaine émission de radio. Et je commence par le grand auteur brésilien du XIXe Machado de Assis. Difficile de choisir dans la densité de son œuvre mais les contraintes d’une bibliothèque réduisent forcément le choix. Et pour une fois, ça m’a bien aidé.
    La théorie du médaillon et autres contres regroupent huit nouvelles et quatre chroniques écrites entre 1881 et 1895. Le choix des textes de l’éditeur fait ici s’explique par l’envie de présenter le cheminement philosophique de l’auteur. De l’arrivisme à l’égoïsme en passant par l’absence de moi, ce recueil égrène quelques points importants de la pensée de l’auteur.
    Ce livre est une bonne découverte. Sa lecture est très facile grâce au style simple et à l’humour de l’auteur. J’avoue quand même que j’ai préféré lire les nouvelles aux chroniques écrites sous un pseudonyme. Mes histoires préférées sont Le secret du bonze (illustre l’idée qu’une chose peut exister dans l’opinion sans exister dans la réalité) et Dernier chapitre (ce sont les confidences d’un suicidaire). Je pense que ce recueil est d’un bon moyen de mettre le nez dans l’œuvre de Machado De Assis avant de s’attaquer au reste si on a apprécié (comme moi).
    Bonne lecture !

vaut_le_d_tour

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07 mars 2007

Boris Vian...

    BORIS VIAN, VERCOQUIN ET LE PLANCTON, L’imaginaire, 1947, 195 pages. Genre : roman complètement loufoque et réussi.

   vercoquin             Aussi bizarre que ça puisse paraître (pour une ancienne étudiante en lettres), je n’ai jamais lu un seul Boris Vian. J’ai toujours voulu lire J’irais cracher sur vos tombes mais la réputation de Boris Vian (écriture difficile d’accès et univers sombre) m’a souvent arrêtée. J’ai découvert ce roman grâce à une amie (merci Julie) qui m’en avait parlé avant de me l’offrir.
    Dans ce roman, Boris Vian nous raconte l’histoire du Major, Antioche son meilleur ami et Zizanie sa future femme. Ces trois personnages truculents et détestables nous emmènent dans l’univers des surprises-parties « particulières » et dans une entreprise (où le travail compte plus que la vie privée) où sont conçues les nothons (je vous laisse la surprise).
    J’ai plongée dans ce texte avec délice. J’ai ri de bout en bout des jeux de mots, de l’ironie, de la dénonciation et de la subversion présents dans ces lignes. Boris Vian réussit son coup : nous faire rire. Cette lecture est un bon petit moment jouissif. Alors ne vous en privez pas ! Même si les autres œuvres de Vian ne sont pas dans la même veine, j’ai vraiment envie, du coup, de découvrir son œuvre. Avis aux amateurs…
    Bon fou rire !

vaut_le_d_tour

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03 mars 2007

Mal de pierres...

   

MILENA AGUS, MAL DE PIERRES, Liana Levi, 2007, 124 pages. Genre : portrait de femme.

                    mal_de_pierreVoilà encore un livre qui peut dire merci au bouche-à-oreille. A tel point que sur la couverture du bouquin, vous trouverez des paroles de critiques et de libraires encensant ce roman. Si tout le monde s’accorde à dire que c’est la bonne surprise de la rentrée de janvier, pourquoi ne pas le lire ?  Ce que j’ai fait cette semaine.
    Milena Agus, à travers la voix de sa narratrice dont on ne connaît pas le prénom, brosse le portrait d’une femme sarde depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui ou presque. Cette grand-mère a eu une existence compliquée par des colites néphrétiques. N’avoir aucun prétendant pendant longtemps (malgré sa beauté) la conduit à épouser un homme qu’elle n’aime pas. Son existence morne et sans joie va changer le jour où en cure elle rencontre le Rescapé. Un homme qui va lui redonner goût à la vie et au bonheur avant de disparaître.
    Très sincèrement, malgré une belle écriture et la découverte de la culture sarde, je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de cette femme. Même si la pirouette finale m’a, bien évidemment surprise et m’a fait voir le roman d’un autre œil, elle ne m’a pas suffi à voir dans ce second roman un chef-d’œuvre. A vous de vous faire votre avis…
    Bonne lecture !

pourquoi_pas

Posté par goelen à 16:41 - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Extrêmement fort et incroyablement près...

   

JONATHAN SAFRAN FOER, EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS, L’Olivier, 2006, 424 pages. Genre : très beau roman sur la disparition d'un être cher.

                    extremement_fortC’était un des livres annoncés comme « le livre de la rentrée 2006 ». A côté d’au moins vingt autres ouvrages ayant eu les mêmes éloges. Ce n’est pas le battage médiatique qui m’a donné envie de le découvrir mais plutôt la couverture très violente visuellement parlant et le titre, très intrigant.
    Jonathan Safran Foer nous raconte l’histoire d’Oskar Schell qui perd son père dans les attentats du 11 septembre. Ce petit garçon incroyablement intelligent et extrêmement inventif ne supporte pas le décès de son père et cherche à le retrouver. En fouinant dans le placard de celui-ci, Oskar trouve une mystérieuse clé cachée dans un vase bleu, dissimulé tout en haut d’un meuble. Il est persuadé que la solution à la disparition de son père se trouve là et sa longue enquête pour savoir quelle porte ouvre cette clé commence. En parallèle, un homme écrit à son fils qu’il ne connaît pas et la grand-mère d’Oskar nous raconte un bout de sa vie. L’intrigue dense mais parfaitement maîtrisée est illustrée tout au long des pages par des photos, des dessins ou encore des passages d’écriture réinventés. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser la surprise.
    Ce livre m’a beaucoup émue. La quête de ce petit garçon à la recherche d’un disparu parlera à quiconque a vécu la perte d’un être cher. On se prend à rêver qu’Oskar retrouve la fameuse porte et que son père soit derrière. Même si dès le départ, on sait qu’il est mort. On y croit jusqu’au bout. Le mélange des voix surprend au départ (qui est et homme qui ne parle pas ?) mais tout s’éclaire en tout voulu et l’émotion monte d’un cran. Ce livre est fait de douleur, de tristesse mais de joie aussi par moments et surtout de belles rencontres que fera Oskar, et le lecteur avec lui.
    Vous l’aurez compris, j’ai adoré. Et le couple que l’auteur forme avec Nicole krauss est une des plus belles promesses pour les années littéraires à venir. J’attends la suite avec impatience et, si j’en ai l’occasion, je lirais sûrement le premier de Foer Tout est illuminé.
    Très bonne lecture !

absolument___lire

Posté par goelen à 16:05 - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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