26 avril 2007
Jacques Chessex...
JACQUES CHESSEX, LE VAMPIRE DE ROPRAZ, Grasset, 108 pages, 2007. Genre : histoire de meurtre particulièrement atroce au début du 20ème siècle.
Un auteur reconnu mais inconnu pour moi, un titre alléchant (j’aime bien l’univers noir, une photo en noir et blanc d’un cimetière et la critique plutôt positive d’un libraire : il ne m’en fallait pas plus pour tourner les pages de ce très court roman.
Au début du 20ème siècle, à Ropraz dans le Haut Jorat vaudois, une jeune fille, Rosa, meurt prématurément d’une méningite. Un matin, quelques jours après son enterrement, on retrouve le couvercle du cercueil ouvert et le corps de la jeune morte atrocement mutilée puisque certaines parties de son corps ont été dévorées. L’horreur absolue commence surtout que, bientôt, deux autre corps subiront le même sort dans des villages voisins. On doit trouver le coupable rapidement et justement, Favez, un garçon de ferme simplet et aux mœurs suspectes habite justement dans le coin.
Jacques Chessex utilise un fait réel pour démontrer ce qu’est la fascination meurtrière et les conséquences de celle-ci. On suit le parcours de ce Favez avec sa condamnation, son emprisonnement et son suivi psychiatrique. Mais aussi, la fascination qu’un tel meurtrier (capable de commettre des actes aussi terribles) exerce sur la population. Et cette histoire a beau se passer il y a plus d’un siècle, dans un coin reculé de France, est-ce que les choses ont vraiment changées ? Je ne crois pas. L’écriture de Chessex à la fois froide, dure et envoûtante est le ton idéal pour raconter une telle histoire.
Bons frissons ![]()
22 avril 2007
Marcus Malte...
MARCUS MALTE, GARDEN OF LOVE, Zulma, 318 pages, 2007. Genre : roman noir troublant et captivant.
Je ne connaissais ni l’auteur ni la maison d’édition en achetant ce roman sur les conseils de Valérie. La couverture à la texture façon Canson et à la couleur noire avec juste un peu de blanc m’a attirée et intriguée immédiatemment.
Alexandre Astrid, un vieux flic sur la touche, reçoit un manuscrit dans sa boîte aux lettres. Effaré, il se rend compte que sur ses pages est racontée sa vie, par un anonyme. Des souvenirs douloureux refont surface, ses échecs sa vie détruite, tout revient en force. Dans un même temps, on suit le parcours de Matthieu, Ariel et Florence entre aujourd’hui et leur rencontre dans le passé. Deux histoires qui se rejoignent mais comment ?
C’est la première fois qu’un auteur me surprend autant. De bout en bout, je ne savais pas où Marcus Malte voulait m’emmener. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas compris ce qui se tramait avant loin dans le roman. Une vraie réussite, un bon roman noir à dévorer !
Bonne lecture ![]()
05 avril 2007
Percival Everett...
PERCIVAL EVERETT, BLESSÉS, Actes Sud, 272 pages, 2007. Genre : la vie d'un cow-boy pas tout à fait comme les autres.
Voici un auteur que je ne connaissais pas, à part les quelques critiques, toujours bonnes, que j’ai lu dans différents magazines. Et en lisant le résumé du roman, je me suis dit « aïe, aïe ». J’avoue que je ne suis pas très sensible à l’univers des ranchs de l’ouest américain de nos jours. Alors, cette histoire de cow-boy, éleveur de chevaux me tentait pas plus que ça. Mais comme je refuse d’écouter mes à prioris, je me suis lancée dans la lecture.
John Hunt est un cow-boy d’un peu plus de quarante ans. Il passe sa vie à éduquer les chevaux des autres, aidé par Gus, son vieil oncle. David, le fils d’un de ses anciens copains de fac, et Morgan, une voisine cow-girl, viennent perturber son quotidien au milieu d’un environnement dur et xénophobe.
Ca a été une grande surprise, ce roman. J’ai adoré de bout en bout. On s’attache très vite aux personnages grâce au côté bougon de John et celui enjoué de Morgan, leurs impuissances face aux actes racistes et homophobes. Ils se débattent dans leurs difficultés avec un grand courage. Blessés nous emmène dans un univers inconnu qui nous happe dès la première page tournée. Je n’ai pas pu refermer le livre avant de l’avoir fini. Je vous recommande sa lecture très fortement.
Bon ouest américain ! ![]()
02 avril 2007
Dan Gearino...
DAN GEARINO, J’AI TOUT ENTENDU, Liana Lévi piccolo, 280 pages, 1996. Genre : un faux sourd et muet trompe toute une ville pendant plus de 50 ans.
J’ai eu envie de lire ce livre grâce à la quatrième de couverture évidemment mais surtout grâce à l’illustration de la couverture. Ce décor années 60 aux Etats-Unis qui fait très carton pâte, m’a donné envie de tourner les pages de cette histoire pas comme les autres.
Le narrateur s’appelle Sammy Ayers. C’est l’histoire de sa vie que Dan Gearino nous fait découvrir. La vie de Sammy bascule le jour où il se réveille seul dans le car qui l’emmenait avec sa mère vers une destination inconnue. Obligé de descendre à la gare routière de Barrington, il est recueilli par Jenkins qui s’occupe de la gare. Depuis ce matin-là, Sammy Ayers n’a pas prononcé un seul mot. Et ça va durer 52 ans. Un faux sourd-muet qui a compris tout l’avantage qu’il pouvait tirer d’une telle situation : un principe de départ qui révèle son lot de surprises.
Ce premier roman de Dan Gearino est une pure merveille de drôlerie, de cruauté aussi et d’inventivité. Cette ville du Sud, dans les années 60 essentiellement, où l’argent, l’ambition et la xénophobie pourrissent tout, est le cadre parfait pour un portrait au vitriol d’une certaine amérique. J’ai ri tout au long du récit, parfaitement maîtrisé et très bien écrit. Dan Gearino est incontestablement un auteur à suivre.
Bonne lecture !
Ghadamès...
JOELLE STOLZ, LOIN DE GHADAMÈS, Bayard jeunesse, 284 pages, 2005. Genre : aventures d'une fille en Libye et dans le désert.
Oui, je sais. Je lis beaucoup de littérature jeunesse en ce moment mais il y a tellement de bonnes choses que je ne vois pas pourquoi je bouderai mon plaisir sous prétexte que j’ai plus de 25 ans.
Ce livre est la suite des aventures de Malika, commencées dans Les ombres de Ghadamès. Je n’ai pas lu le premier mais ça n’empêche pas du tout de comprendre cette histoire.
Malika refuse toutes les propositions de mariages qui lui sont faites au grand dam de sa famille. Elle a quinze ans et à cet âge-là, dans son village, on doit déjà être marié et maman. Malika veut épouser Abdelkarim et arrive à ses fins malgré les réprobations des villageois libyens. Mais elle décide de quitter sa ville avec son mari pour ne plus subir les reproches de sa famille. Commence alors une nouvelle vie sur les pistes puis à Tripoli où petit à petit Abdelkarim n’est plus le même.
Loin de Ghadamès aborde des thèmes délicats comme la condition de la femme musulmane et la religion sans tomber dans l’accusation aveugle de cette culture. Le courage de Malika qui sait ce qu’elle veut et la transformation d’Abdelkarim rendent cette histoire passionnante. Malika découvre un monde qu’elle ne soupçonnait pas et nous non plus. Un très beau texte à découvrir.
Bonne lecture ! ![]()
Attention, ça fait peur...
JOSEPH DELANEY, L’APPRENTI EPOUVANTEUR, Bayard Jeunesse, 2004, 276 pages. Genre : jeune adolescent contraint de combattre les êtres maléfiques.
Bien que ce titre fasse immédiatement penser à Harry Potter (épouvantard/épouvanteur), et que l’histoire se passe aussi dans un monde de magie et de maléfices, je trouve que les comparaisons s’arrêtent là.
Thomas Ward est le septième fils d’un septième fils. Il doit donc devenir l’apprenti de M. Grégory, l’Epouvanteur du coin. Il lui faut apprendre à combattre les maléfices et chasser les ombres, les sorcières et autres bizarreries maléfiques. Tout ça en étant seul, en devant quitter sa famille qu’il adore et dépasser ses propres peurs. Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas gagné.
L’univers de ce roman est très sombre dès le départ. Certains personnages, comme la mère de Thomas, semblent en savoir plus que ce qu’ils veulent bien dire. D’autres nous inspirent confiance et méfiance tout à la fois. Sans parler de cet Epouvanteur qui laisse Thomas tout seul un peu trop souvent. J’ai bien aimé le côté sombre de cette histoire, des personnages. Et puis les réflexions que suscite la solitude permanente de ce jeune garçon qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. C’est un bon roman fantastique (avec une couverture qui rappelle le vieux grimoire) mais sachez dès le début que trois tomes sont déjà sortis et que deux autres sont prévus. Et non, le personnage principal ne porte pas de lunettes rondes…
Bonne peur !![]()
Littérature brésilienne (3)...
LUIZ RUFFATO, TANT ET TANT DE CHEVAUX, Métailié, 151 pages, 2005. Genre : portrait de Sao Paulo à travers 69 tableaux.
Je continue ma découverte de la littérature brésilienne avec ce roman atypique.
Luiz Ruffato nous emmène dans la ville de Sao Paulo pendant une journée. A travers une soixantaine de tableaux rapides ou denses, Sao Paulo apparaît comme une grande mégalopole où l’homme est forcément anonyme, se perd dans cette vie frénétique que la grande ville lui impose. Une façon originale de dresser le portrait d’une ville, d’un peuple.
L’écriture de Luiz Ruffato n’est pas toujours simple à déchiffrer (certains tableaux restent obscurs) mais elle nous fait plonger intégralement dans un monde étrange où la souffrance rime avec la difficulté de trouver sa place dans cette mégalopole qui ne vous laisse rien passer. Un univers dur où de temps en temps point la chaleur et la bonne humeur du Brésil. Un livre surprenant, très novateur dans la forme et qui se lit d’une traite.
Bonne lecture !
