24 octobre 2007
Un futur Goncourt ?
CLARA DUPONT-MONOD, LA PASSION SELON JUETTE, Grasset, 233 pages, 2007. Genre : la vie de Juette au XIIème siècle entre religion et liberté.
J'avais envie de lire ce livre non pas à cause de sa sélection au Goncourt mais parce que l'auteur, à travers ses débats d'idées dans feu en aparté, m'a donné envie de découvrir ce qu'elle écrivait. L'actualité littéraire de cette rentrée tombait plutôt bien.
Juette est une jeune fille de 13 ans qui vit dans un petit village de l'actuelle Belgique, Huy. A cet âge-là, il serait temps qu'elle sache coudre si elle veut trouver un mari. C'est en tout cas ce que pense sa mère. Pas Juette. Elle observe autour d'elle la vie des autres, la religion et les religieux (pourquoi font-ils l'inverse de ce que Dieu leur demande ?) dont Hugues qui est son ami et confident et aime par-dessus tout écouter des histoires et les raconter. Elle semble plutôt heureuse au milieu de toutes ses interrogations jusqu'au jour de ses 15 ans où elle se marie et découvre l'indicible. Est-ce normal ce qui se passe tous les soirs dans la chambre à coucher ? Pourquoi tant de souffrance dans ce corps qui ne lui appartient plus ? Tout bascule et Juette refuse cette vie, ce mari et même les enfants qu'il essaie de lui donner. Elle ne redeviendra elle-même qu'à la mort de son époux quand elle pourra rejoindre le clan des veuves (est-ce vraiment le cas ?)
Clara Dupont-Monod nous emmène au moyen âge pour nous faire suivre le cheminement en deux temps de cette jeune fille. D'abord, le refus et le repli sur soi puis la liberté retrouvée en aidant les lépreux du village. Évidemment, l'époque n'est pas connu pour sa tolérance et l'on devine que tout ça ne se fera pas sans heurts. Très honnêtement, ce livre se lit très facilement grâce au style vif de l'auteur (les phrases sont courtes et simples) et j'y ai trouvé mon péché mignon de lecture, la polyphonie. L'histoire est racontée grâce au récit de deux personnages alternativement : Juette et Hugues. Ceci dit, j'ai été un peu déçue. Je crois que je m'attendais à un récit beaucoup plus fort, plus chargé en émotion que ce que j'y ai ressenti. Ou peut-être que je m'attendais tellement à adorer ce livre (j'ai un faible pour le moyen âge et les beaux portraits de femme) que je ne pouvais qu'être déçue par sa lecture. De là à savoir s'il mérite le Goncourt ? Mais est-ce que le Goncourt signifie encore quelque chose vue les intérêts en jeu et les mains mises des grosses maisons d'édition ?
Bonne lecture...
23 octobre 2007
Comment vivre avec le sida en Afrique ?
ALLAN STRATTON, LE SECRET DE CHANDA, Bayard jeunesse, 365 pages, 2006. Genre : le combat d'une ado contre les non-dits et la peur face au sida.
La collection "Millézime" chez Bayard Jeunesse a été créé pour les ados. Si certains textes sont très ciblés (les filles ont leur littérature propre), d'autres s'adressent à tous et même aux adultes en abordant des thèmes souvent durs, pas politiquement correct (c'est que j'apprécie particulièrement en littérature jeunesse) avec une grande justesse de ton et sans tomber dans la simplification. Et oui, les ados ne sont pas plus bêtes que les adultes et sont intéressés par bien des mêmes sujets que nous. C'est le cas ici avec le très beau roman d'Allan Stratton.
Chanda est une jeune fille de seize ans qui vit avec sa mère, son beau-père Jonah, son frère Soly et sa soeur Iris. Sa meilleure amie s'appelle Esther et n'est, au dire des voisins, pas très recommandable. L'histoire s'ouvre sur l'annonce d'une triste nouvelle. Sara, la petite dernière de la famille, vient de mourir après avoir été malade pendant longtemps. Et vient, pour Chanda le temps de prendre des responsabilités de mère qui lui font quitter le monde l'enfance plus tôt que prévu. Mais l'adolescente sait qu'on ne lui dit pas tout. Pourquoi Sara est morte? De quoi souffrait-elle? Est-ce cette terrible maladie dont on ne doit pas prononcer le nom? Si c'est le cas, qui lui a transmis? Et pourquoi les voisins se montrent si distants? Chanda devra affronter toute seule, pas si sûr, les qu'en-dira-t-on, la peur de voir mourir toute sa famille, ses voisins, son amie et même ses frères et soeurs.
Ce récit, écrit tout en pudeur et en émotion, nous montre la situation dramatique en Afrique face à cette "maladie de la honte" comme ils disent. Les gens en meurent et les familles souffrent. Doublement. Car non seulement, elles ont perdu quelqu'un de cher mais elles sont exclues de la société, de leur voisinage, de leur famille même. Ce roman montre à quel point l'ignorance (ici les causes de la maladie et ce qu'elle est réellement) peut être destructeur. Mais même si l'action se passe en Afrique, certaines réactions nous rappellent douloureusement ce qui peut se passer encore ici, dans nos pays soi-disant civilisés.
Un roman vraiment à découvrir.
Bonne lecture!!
19 octobre 2007
Le matricule des anges...
J'ai envie de vous parler d'une revue sur la littérature que j'aime particulièrement. Il s'agit du "matricule des anges". Tous les mois, les journalistes nous présentent des romans français et étrangers bien sûr mais aussi des pièces de théâtre, de la poésie ou encore de la littéraure jeunesse. Mais c'est aussi la présentation d'une "petite" maison d'édition (par la taille mais pas par la qualité évidemment), une grande discussion avec un auteur. Et plein de petites choses tout aussi sympathiques tout au long des pages. A découvrir si vous avez envie de piocher des idées de lecture. Mais pour la trouver, c'est soit par abonnement soit dans les librairies indépendantes de votre ville. Tous les points de vente sont sur le site www.lmda.net.
Bonne lecture...
La dernière trouvaille de Valérie...
IGNAZIO SILONE, FONTAMARA, Grasset (les cahiers rouges), 285 pages, 1967. Genre : un village contre l'oppression, qui va gagner?
Une petite perle dénichée par Valérie de la librairie "l'herbe entre les dalles" et la revue "le matricule des anges". L'auteur a vécu à une époque où l'oppression est légion chez le gouvernement italien, ce qui lui inspire cette histoire.
Fontamara est un village au coeur des Abruzzes où vivent ce qu'on appelle des cafoni, des paysans au sens péjoratif du terme. La traduction française pourrait être "pedzouille". Évidemment, c'est l'expression des gens de la ville pour désigner ces gens. Parmi ces fontamarais, le lecteur fait la connaissance de la belle Elvira, du sanguin Berardo, de Ponce pilate, de Baldissera, Marietta ou encore vendredi Saint. Ces gens ne sont pas idiots mais un peu naïfs et trop confiants dans le fait que l'homme ne peut pas être aussi mauvais. Et pourtant, on ne les a pas épargné. Le "gouvernement" comme ils disent ou Don Circostanza, censés les protéger, n'en sont pas à un scrupule près pour les rouler. Tout est bon pour opprimer le village, à commencer par détourner l'eau du ruisseau du village en leur faisant signer une autorisation à leur insu. Et quand tout le monde se met d'accord pour vous mener la vie dure, quand tout le monde s'allier pour vous prendre tout votre argent et la moindre petite piécette, une seul question se pose : que faire? Surtout quand on sait que tout ce qui se passe est une profonde injustice et que personne ne veut vous aider.
Dans ce roman brillant, à l'écriture touchante, Ignazio Silone dénonce le mécanisme de l'oppression et surtout montre que la question est toujours est la même et la réponse difficile, que faire? On s'attache à ces villageois qui ne veulent qu'une chose, vivre en paix. Ils ne comprennent pas pourquoi le sort, ou plutôt le gouvernement, s'acharne sur eux et nous non plus. Même dans un roman, l'oppression révolte encore. C'est quand même rassurant. A condition de ne pas se contenter d'être révolté bien sûr...
Bonne lecture!
16 octobre 2007
1 an déjà...
Depuis dimanche, cela fait un an que ce blog est ouvert. J'espère pouvoir continuer à assurer le rythme pour l'année qui vient, ou peut-être un peu plus pour certains mois, et continuer mes lectures. Peut-être me lirez-vous encore!!!
Lewis Trondheim...
LEWIS TRONDHEIM ET APOLLO, ÎLE BOURBON 1730, Delcourt, 286 pages, 2007. Genre : une histoire des pirates de l'île de la réunion.
L'île Bourbon 1730 est une bd en noir et blanc, sortie dans la collection Shampooing que dirige Trondheim.
Apollo, au scénario, et Trondheim, aux dessins, forment un très bon duo. Ils reviennent sur l'histoire de l'île de la réunion à l'époque des pirates. Ou plutôt, ils s'en inspirent pour créer une aventure simple, drôle (évidemment) et instructive (quelques précisions sont apportées à la fin du livre). On passe un bon moment au milieu de ces pirates soi-disant repentis, de deux ornithologues à la recherche du dodo, des "marrons" voulant conserver leur liberté, d'une jeune fille en totale opposition avec son père et de La Buse, le fameux pirate attendant d'être pendu et dont tout le monde aimerait bien trouver le trésor.
Le trait de Trondheim et le scénario qu'il a construit avec Apollo, auteur réunionnais, valent vraiment le détour. Je vous conseille vivement ces bulles.
Bonne lecture!!
11 octobre 2007
Petit changement...
J'ai décidé de supprimer les smileys de mes messages car je les trouve pas très explicite finalement. A la place, ce sera une petite pile de livres. Plus y en a, plus j'ai aimé le livre dont je parle. Ca me parait plus pratique. N'hésitez pas à me donner votre avis sur cette nouvelle formule...
Un petit tour chez Futuropolis...
KRIS ET GUILLAUME MARTINEZ, LE MONDE DE LUCIE, PREMIER VOLUME ET POURQUOI PAS L'ENFER, Futuropolis, 2006, 104 pages. Genre : inclassable mais avec un faible pour l'inexpliqué.
Sans rien savoir de cette bd, sans conseil (pour une fois), j'ai acheté cette histoire pour trois raisons : le scénariste (Kris), la maison d'édition (Futuropolis) et la couverture assez énigmatique. Je n'ai jamais été déçue jusque-là des sorties chez Futuropolis (à part peut-être pour L'idole dans la bombe, à laquelle j'ai pas accroché, malgré les dessins de Jouvray). Et j'ai beaucoup aimé Un homme est mort que Kris a fait en collaboration avec Etienne Davodeau. Quant à la couverture, elle m'a donné envie de tourner les pages car elle ne révèle pas grand chose du récit.
L'histoire n'est pas facile à résumer mais je vais essayer. On croise deux flics, un groupe d'enfants des rues qui compte parmi une nouvelle venue qui ne parle pas, des scientifiques férus de télépathies et autres formes de communication psychique, et une petite fille miraculeusement sortie indemne d'un terrible incendie qui a ravagé un centre commercial pendant les fêtes de noël. C'est un peu confus comme ça, mais petit à petit les liens entre tous ces personnages prennent forme. Et l'histoire se noue peu à peu en laissant de nombreuses zones d'ombre, qui seront éclaircies dans le prochain volume.
Honnêtement, je suis loin d'avoir tout compris à cette histoire et aux explications scientifiques mais j'ai vraiment accroché à l'univers grâce aux couleurs (dans les tons rouges, bleus ou verts selon les univers), à la construction de l'histoire (on passe d'un groupe de personnage à l'autre et on comprend petit à petit) et aux très beaux dessins qui laissent le lecteur dans une tension permanente.
J'ai hâte que le second tome sorte pour enfin tout comprendre (enfin j'espère). Un bon point pour Futuropolis (encore un) donc.
Bonnes bulles à vous...
10 octobre 2007
Challenge 2007
Comme vous l'avez sans doute remarqué, je ne parle plus depuis longtemps du fameux challenge ABC 2007. Je me rends compte que même si cette idée était très tentante, c'est pas pour moi. En fait, j'aime pas programmer mes lectures, même si les livres inscrits sur cette liste m'intéressent toujours. L'idée que l'ordre de mes envies de lecture dépend d'une liste établie plusieurs mois auparavant ne me plait pas. Alors, j'arrête officiellement ma participation à ce challenge et reprend ma liberté de lire ce qui me plait quand ça me plait.
En tout cas, bonne continuation pour ceux qui ont décidé d'y participer et bonne chance pour arriver à la fin.
Bonne lecture
09 octobre 2007
Et voilà...
Ca y est, je viens de refermer le sixième tome de Harry Potter. J'avais oublié pas mal de choses sur tout ce qu'on apprend et sur tout ce qui se passe. Et du coup j'ai en même temps hâte de lire la fin de l'histoire et ne jamais tourner les pages de ce dernier tome. J'ai peur de lire ce qu'elle a écrit. Elle est quand même très forte cette JK Rowling. Elle a réussi à créer un univers dans lequel on s'immerge complètement, à tel point qu'on aimerait bien agir sur la fin de l'histoire pour être sur que nos personnages préférés ne disparaissent pas. Mais bon, je suis une grande fille et j'arriverai à lire cette aventure jusqu'au bout. Alors vivement le 26 et en attendant, je vais reprendre mon rythme de lecture.
A très bientôt et bonne lecture à tous.


