25 novembre 2007
Légère absence...
A cause (ou grâce, ça dépend du point de vue) du salon du livre jeunesse de Montreuil, je m'absente pendant une bonne dizaine de jours. Je vais déballer des cartons, ranger des livres, conseillez les gens et surtout restez debout non stop ou presque (bon c'est vrai on a une pause d'une heure pour manger et la caisse pour se reposer). Pour survivre, j'ai emmené quelques livres (hum hum). Bon j'aurai jamais le temps de lire tout ça, je sais, mais on ne sait jamais et je déteste manquer de lecture et de choix.
Rendez- vous début décembre pour le prochain message mais je passerai de temps en temps alors n'hésitez pas à faire un petit coucou!
Tonino Benacquista...
TONINO BENACQUISTA, TROIS CARRES ROUGES SUR FOND NOIR, Folio, 213 pages, 1990. Genre : roman noir entre billard et galeries d'art.
Ce qu'il y a de bien avec Tonino Benacquista, c'est qu'on n'est jamais déçu. Quel que soit l'univers de son roman, le thème choisi, j'accroche immédiatement et je dévore.
Antoine travaille comme accrocheur dans une galerie d'art (vous savez, ceux qui mettent les tableaux et les sculptures dans le bon sens, enfin normalement...). A la fin de sa journée de labeur, à 18h pétantes, il rejoint l'académie et ses copains toujours présents pour s'adonner à sa passion : le billard. Un jour, il se fait agresser à la galerie par un inconnu qui cherche à détruire une toile et cela va tout changer dans sa vie, de A à Z.
Encore une fois, Benacquista réussit son pari. Ce roman noir est très réussi et, pour moi qui n'y connaît pas grand chose à part l'émotion que ça suscite ou pas, j'ai adoré découvrir le monde des galeries d'art et de la peinture. Le parallèle avec le monde du crime est plutôt bien trouvé et le personnage d'Antoine, malchanceux, est à mille lieux du cliché, ce qui fait du bien. Grâce à une discussion avec un libraire, j'ai compris plus précisément ce qui me plaisait chez cet auteur. Il écrit de façon très cinématographique (normal pour un scénariste me direz-vous) et les scènes du livre prennent forme très facilement dans ma tête. Reste à savoir quel acteur pourrait jouer le rôle d'Antoine.
Bonne lecture!
24 novembre 2007
Kiki de Montparnasse...
KIKI DE MONTPARNASSE, SOUVENIRS RETROUVES, José Corti, 2005, 309 pages. Genre : le titre est clair, non?
J'ai découvert cette fameuse femme, Kiki de Montparnasse, en lisant la bd éponyme sortie chez Casterman il y a quelques mois et dont je vous ai parlé il y a quelque temps de cela . J'ai eu envie de poursuivre cette rencontre en lisant ses souvenirs qui concernent une partie de sa vie seulement.
Et je ne le regrette pas. J'ai plongé avec autant de plaisir dans le monde des surréalistes grâce à la verve colorée, gouailleuse et pleine d'humour de Kiki aussi bien pour décrire les années difficiles que les années plus fastes. On se trouve conviés dans les cabarets hauts en couleur où seule la faire la fête compte. En plus, l'édition est très bien faite, agrémentée de photos de Man Ray et de dessins faits par Kiki elle-même (jolie patte d'ailleurs).
Un livre de souvenirs qui se lit très vite et avec plaisir!
Bonne lecture...![]()
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23 novembre 2007
Le dernier Colum Mc Cann...
COLUM MC CANN, ZOLI, Belfond, 325 pages, 2007. Genre : la vie d'une tzigane des années 30 à aujourd'hui.
Zoli est un prénom masculin porté par une petite fille. Elle est tzigane et connaît les traditions roms sur le bout des doigts. Elle sait tout ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas être bannie et rejetée par toute sa famille et toute la communauté rom. Sa vie va basculer de nombreuses fois, la menant dans plusieurs pays et l'amenant à faire de nombreuses rencontres, certaines bénéfiques d'autres non. L'amour, la joie, le malheur, l'exil et la renaissance jalonneront son parcours de femme forte, insaisissable, partagée entre son sang rom et sa liberté.
Ce roman démarre plein de promesses. J'ai avalé les premières pages sans m'en rendre compte, plongeant avec délice dans la vie de cette petite fille puis de cette femme au caractère bien trempé. Plusieurs voix ses succèdent pour nous raconter cette histoire, jusqu'à celle de Zoli. L'auteur écrit merveilleusement bien et rend très présent et très vivant son univers (j'ai souvent eu froid en le lisant à cause de toute cette neige et toutes ces nuits dehors que Zoli affronte, et non ça n'a rien à voir avec le fait que le chauffage n'est pas fort chez moi pour économiser le fioul).
Pourtant, j'ai eu du mal à le terminer. La partie sur l'exil de Zoli où elle est seule la majorité du temps est un peu longue. Et comme j'ai du interrompre ma lecture plusieurs jours, j'ai eu du mal à replonger.
Mais malgré tout, j'ai aimé cette lecture et ce beau portrait de femme. Peut-être que sans l'interruption, je l'aurais fini plus facilement. En tous cas, je note l'auteur et je compte bien lire un autre de ces livres.
Bonne lecture!
A mourir de rire...
ANDY RILEY, LE COUP DU LAPIN ET LE COUP DU LAPIN 2, Chiflet et compagnie, 2007. Genre : les lapins suicidaires les plus drôles du Royaume-Uni.
Andy Riley est de retour avec ses drôles de lapins qui cherchent tous les moyens possibles et inimaginables pour se suicider. L'imagination de l'auteur n'a pas de limites. Tous les stratagèmes sont les bienvenus comme commander Harry Potter et attendre sous la boîte aux lettres que le gros volume arrive et vous brise la nuque par son poids. Bon, c'est vrai, raconté comme ça c'est moi drôle mais avec les dessins, c'est irrésistible. C'est un bon petit cadeau de Noël pour ceux qui aiment rire.
Bonnes bulles et bons fous rires!![]()
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19 novembre 2007
Petites nouveautés...
Me voilà revenue de mes aventures livresques. En travaillant deux jours entiers dans une librairie, j'ai réussi à n'acheter que deux livres et de poche en plus. Comme quoi, la méthode coué (j'y arriverai, j'y arriverai...) et la volonté (ne pas craquer, surtout ne pas craquer...) ça marche. J'ai choisi Voie sans issue de Wilkie Collins (une bonne façon de découvrir ses deux auteurs classiques) et Le traducteur cleptomane d'un auteur hongrois dont j'ai oublié le nom (et je n'ai pas le livre sous la main pour vous le transmettre). Et pour couronner le tout comme un macaron au chocolat accompagnant un thé (je préfère cette image à celle de la cerise sur le gâteau), ma libraire préférée m'a offert La science des adieux d'Elisabetta Rasy, un roman qui nous emmène dans l'univers d'Ossip Mendelstam. J'ai hâte de m'y mettre mais cela devra encore attendre un peu...
14 novembre 2007
Petite absence...
Juste un petit mot pour vous dire que je m'absente quelques jours pour aller travailler dans une librairie dans une autre ville. J'ai hâte car j'aimerai en faire mon métier. Que de tentations aussi, passer 3 jours dans un lieu rempli de bouquins plus intéressants les uns que les autres... Aïe, aïe, aïe, pourvu que ma bourse tienne le coup. Je n'aurai probablement pas accès à internet alors mon prochain message attendra mon retour. Il sera surement sur Zoli Colum Mc Cann que je suis en train de dévorer!!
Bonnes lectures en attendant...
A la découverte de William Faulkner...
WILLIAM FAULKNER, TREIZE HISTOIRES, Folio, 371 pages, 1931. Treize nouvelles sur des thèmes différents.
Je ne m'étais encore jamais lancé dans du Faulkner, ayant cette image d'un auteur difficile à lire mais passionnant. Je voulais le découvrir en lisant Tandis que j'agonise mais ma bibliothèque ne l'avait pas. Je me suis donc rabattue sur ce recueil de nouvelles en pensant que ce serait plus simple pour rentrer dans l'univers de cet auteur.
Treize histoires regroupe treize nouvelles réparties en trois parties. La première regroupe des textes sur la guerre et la façon dont les soldats la vivent, la deuxième des histoires d'amour qui finissent mal (en général! tiens ça me rappelle quelque chose...) et la dernière...bah je ne sais pas vraiment! J'avoue que j'ai eu du mal à accrocher. Impossible de me concentrer pendant la lecture, ce qui fait que j'ai pas tout suivi ou tout compris. Je ne sais pas si c'est le style de l'auteur ou les histoires en elles-mêmes ou bien encore si j'ai mal choisi mon moment pour essayer Faulkner, mais c'est raté. Et pourtant, je n'ai pas abandonné la lecture (même si j'en ai eu envie) car je me disais à chaque fois que le prochain texte me plairait peut-être (gros avantage de la nouvelle!!).
J'ai malgré tout bien aimé Une rose pour Emily et Chevelure, toutes deux présentes dans la deuxième partie. Et Faulkner possède un sens de l'ellipse indéniable, c'est peut-être ce qui m'a perdu d'ailleurs ou le fait que certains personnages se retrouvent dans différentes histoires qui pourraient du coup n'en faire qu'une seule. Bref, essai raté mais je compte bien retenter avec le texte que je voulais lire au départ Tandis que j'agonise.
Bonne lecture à vous quoi qu'il en soit et si quelqu'un aime Faulkner, je suis preneuse pour une sélection de titres ou pour me démontrer par a + b que "si, ce recueil est formidable"...
12 novembre 2007
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur...
HARPER LEE, NE TIREZ PAS SUR L'OISEAU MOQUEUR, De Fallois, 337 pages, 1960. Genre : comment combattre les préjugés sous toutes ses formes?
Ce roman est le seul jamais publié par Harper Lee. On ne peut que regretter cet unique essai, transformé évidemment. L'auteur nous emmène dans l'univers de Scout, une fillette de 9 ans, au caractère bien trempé qui passe tout son temps avec son grand frère Jem et Dill (seulement l'été quand il vient chez sa tante Rachel). Ils ont toutes sortes de jeu mais leur préféré est de réussir à apercevoir de quelque façon que ce soit Boo Radley, de son vrai nom Arthur. Il habite la maison au coin de la rue mais personne ne l'a vu depuis une quinzaine d'années, seul son père est aperçu de temps en temps.
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est aussi une histoire de procès. Celui de Tom Robinson (un noir) accusé d'avoir violé la fille (une blanche) de Bob Ewell, un type à éviter absolument. Tom Robinson est défendu par Atticus Finch (il a été commis d'office), le père de Scout et Jem.
Autant le dire tout de suite, j'ai adoré ce roman (rien de très original car tout le monde le dit depuis sa publication). La grande réussite de ce livre est d'avoir confié la narration à Scout elle-même. Son humour, son intelligence et son regard d'enfant aussi (qui se transforme peu à peu) donnent une très grande force au récit et évite de basculer dans le mélo, alors même que les histoires sont plutôt dramatiques. On s'attache à cette famille (qu'est-ce-qu'elle me plaît la bonne Calpurnia) qui sort grandit mais pas tout à fait indemnes de tout ça. J' aurais aimé les retrouver dans une suite. Peut-être un jour...
C'est vraiment un texte à découvrir d'urgence et à mettre entre toutes les mains (quelques leçons d'humanité n'ont jamais fait de mal à personne, bien au contraire, certains de nos politiciens devraient peut-être s'en souvenir d'ailleurs).
Bonne lecture!
09 novembre 2007
A lire absolument...
CYRIL PEDROSA, TROIS OMBRES, Shampooing, 2007, 268 pages. Genre : une bd très poétique et très belle sur la peur de la mort et le refus de celle-ci.
La collection Shampooing chez Delcourt est vraiment une collection à suivre de près. Elle est dirigée par Lewis Trondheim, ce qui en soit est déjà un gage de qualité, et multiplie les sorties dans des univers très différents. Et croyez-moi, cette bd est une belle trouvaille.
Joachim vit avec sa mère et son père dans une chaumière à la campagne et la vie s'écoule très paisiblement dans le bonheur le plus total. Tout change la nuit où Joachim aperçoit trois ombres de la fenêtre de sa chambre. Elles seront encore là le lendemain et tous les jours qui suivent rendant la vie infernale à toute la famille. Pour fuir ce mauvais présage, le père décide d'emmener Joachim très loin d'ici. Commence alors un voyage aux multiples péripéties pendant lesquelles Joachim, même aussi son père, grandit et accepte ce qui doit arriver.
Outre les chaudes recommandations de lecteurs au goût très sur (enfin presque!!), la couverture m'a tout de suite attirée. La couleur rouge foncée déclinée jusqu'au marron très sombre et les traits assez ronds du dessinateur expriment (en tout cas, c'est ce que j'ai ressenti) une certaine douceur qu'une violence latente menace. Un voyage qui ne se finira peut-être pas comme prévu. Le dessin de Cyril Pedrosa est très réussi. Les regards de ses personnages sont très expressifs. Le noir est de plus en plus présent, à mesure que l'histoire avance et que le dénouement se dessine. C'est une joli façon de parler de l'acceptation de la mort d'un être proche. Fuir et refuser l'issue ne rend pas le moment moins insupportable et moins douloureux. Une jolie réussite qui me donne envie d'aller voir ce que l'auteur a fait d'autres.
Bonnes bulles!!




