de livres en livres

" Lire, comme respirer, est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

07 novembre 2007

En contrebas...

FRANCK MAGLOIRE, EN CONTREBAS, L'aube, 2007, 270 pages. Genre : qu'est-ce-qu'une rencontre forcée avec un sdf pourrait changer dans votre vie?

                                         en_contrebasJ'ai lu ce livre après avoir rencontré son auteur, Franck Magloire, au salon du livre du Mans mi-octobre. Je dois avouer qu'avant ce hasard (plus ou moins car je travaillais sur le stand où il dédicaçait), je ne le connaissais pas. Il a connu un très bon succès critique auprès des professionnels et des libraires avec son premier roman Ouvrière. Une femme raconte à son fils la vie qu'elle a vécue (pour faire court bien sûr). Son second roman était donc très attendu, avec toute la pression qui va avec. Eh oui, les critiques (pas tous bien sûr et heureusement) n'aiment pas encenser un auteur pour son second ouvrage, quand ils l'ont déjà fait pour le premier. Pas très honnête? Sans aucun doute mais c'est surtout ne pas laisser le temps à l'auteur quel qu'il soit de montrer les différentes facettes de son écriture et de nous emmener dans ses différents univers réels ou inventés. Car réécrire le même roman plusieurs fois peut-être lassant, non? A moins de se réinventer à chaque fois.
    C'est pour ça que j'ai décidé de découvrir l'auteur par son second roman et non par le premier (que je lirai sans aucun doute). Le roman raconte la rencontre entre un homme ordinaire dans une gare et un autre homme allongé par terre qui l'interpelle "eh!toi, tu vas pas me laisser crever comme ça?". Cette phrase, violente pour celui qui la prononce et celui qui l'entend, ramène le voyageur en arrière et déclenche ses réflexions sur sa vie, la société telle qu'elle est et tout ce qui en découle. La structure du texte peut paraître complexe car les retours en arrière s'enchaînent sans ordre chronologique mais on ne perd jamais de vue qui parle, le voyageur ou l'homme assis sur le sol. Et petit à petit, ces phrases, ces réflexions restent dans votre tête.  Et on se dit que certaines on les a déjà eues ou on les aura. Ou que ces personnages qui passent dans la vie du voyageur, ça pourrait être vous, même ceux avec les défauts qu'on déteste (peut-être que c'est pour ça justement qu'on les déteste, parce que c'est les nôtres). 
    Ce livre est dérangeant car il nous met face à nous même (et moi j'aurais fait quoi si on m'avait posé cette question?) et nous montre les côtés très noirs et très injustes de la société dans laquelle on vit. Et personne n'aime se faire pointer ses défauts et ses faiblesses par un inconnu, surtout si c'est écrit dans un livre. Sauf que ça fait un bien fou de s'entendre dire certaines vérités de temps en temps et que l'écriture et la structure suffisent pour vous emmener jusqu'au bout.
    Alors c'est peut-être un roman un peu difficile et qu'on ne lit pas avant de s'endormir mais ça reste un beau texte, qui fait réfléchir, à découvrir dont voici une citation qui, j'espère vous donnera envie de lire la suite : "ne plus penser bêtement à ce qui était pourtant une évidence: qu'elles soient volontaires ou subies, il n'y a guère au fond que trois postures dans la vie: rester debout, assis, ou couché..."
Bonne lecture!

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Posté par goelen à 17:45 - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une page se tourne...

J.K ROWLING, HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, Gallimard, 809 pages, 2007. Genre : est-il encore besoin de le préciser?

                                     les_reliques_de_la_mortÇa y est! La plus grande saga de littérature jeunesse est terminée. Finies les aventures du petit sorcier devenu grand avec sa drôle de cicatrice sur le front, ce dont il se passerait bien d'ailleurs. Une histoire qui nous aura tenu en haleine pendant dix ans (surtout depuis le quatrième tome, il faut bien le reconnaître, car le rythme s'accélère). On aurait bien aimé qu'il fasse 800 pages de plus, comme dirait un illustre professeur des écoles, car même en prenant son temps (pas facile d'ailleurs), on le finit toujours trop vite ce dernier volume.
    Comme prévu à la fin du tome 6, Harry, Ron et Hermione décident de sécher leur dernière année à Poudlard pour partir à la recherche des Horcruxes restant et tuer définitivement Voldemort. Je n'en dirai pas plus sur ce qui se passe pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l'ont pas encore lu (même si parmi les fans de la saga, ils ne doivent pas être bien nombreux). Ce dernier tome est vraiment la continuité du 6ème. Ils auraient presque pu être la partie un et la partie deux d'un seul et même tome (un peu trop lourd à tenir peut-être il est vrai). Il se passe beaucoup de choses et les trois compères ne sont pas au bout de leurs peines. La mort est encore très présente et les cadavres sont un peu trop nombreux pour les compter. La tension monte au fur et à mesure des chapitres et de nombreux rebondissements s'enchaînent.
    En bref, ce septième et dernier tome (sniff) ne déçoit pas. J.K Rowling maîtrise son univers jusqu'au bout (de nombreux détails des tomes précédents ont une grande importance dans celui-ci) et a réussi à écrire une aventure qui aide son lecteur à grandir (surtout les ados mais peut-être quelques adultes aussi). Et ça, ça montre qu'elle a tout compris à ce que doit être la littérature jeunesse. J'espère qu'un jour le livre qu'elle vient d'écrire en seulement 7 exemplaires sera disponible pour le grand public. Il s'agit des Contes de Beedle le barde. Ça vous rappelle rien?
Bonne lecture...

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Posté par goelen à 15:29 - Littérature jeunesse - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2007

Quelques idées en plus...

    C'est bien connu, les bd ça se lit vite. Alors quand vous vous retrouvez pendant une soirée avec une sélection de bd et un thé très chaud dans un bon fauteuil, c'est dur de suivre le rythme des chroniques. Voici donc un petit aperçu de mes dernières découvertes bdennes (merci Olivier et Sam du coup!) avec une grosse préférence pour Biotope et Roudoudou blues.
- Biotope, tome 1 et 2, d'Appollo et Brüno, Dargaud, 2007, 48 pages chaque tome: dans le futur, une planète est en danger à cause de la folie des hommes (ça vous rappelle rien?).
- Miss Endicott, tome 1 et 2, Fourquemin et Derrien, Les éditions du Lombard, 2007: Miss Endicott est la conciliatrice de la ville et règle les problèmes des habitants.
- Gus, tome 1 Nathalie, Christophe Blain, Dargaud, 2007: les aventures d'un cow-boy au far-west.
- Amours fragiles, tome 1 à 3, Richelle et Beuriot, Casterman, 1997 à 2007: une histoire sous l'occupation.
- Welcome to hope, tome 1 et 2, Vanders et Damien Marie, Bamboo éditions, 2006 à 2007: dans un coin reculé des états-unis, les hommes sont complètement dingues.
- Roudoudou blues, Arnaud Le Roux, Marion Laurent et Unter, Futuropolis, 2007, 78 pages: l'enfance d'un écrivain à succès dans le monde du théâtre.
Ca vous donnera peut-être quelques idées de lectures...
Bonne bulles!
roudoudou_blues

Posté par goelen à 17:45 - Bande-dessinée - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Albert Cossery...

    ALBERT COSSERY, MENDIANTS ET ORGUEILLEUX, Joëlle Losfeld, 228 pages, 1995 (pour cette édition). Genre : le quotidien des habitants des bas-fonds du Caire avec humour.

  mendiants_et_orgueilleux                                   Dans les rues du Caire, Goha et Yéghen sont les rois de la rue. Goha est un philosophe ex-prof, devenu mendiant et drogué par conviction (difficile à croire?) qui cherche à se fournir auprès de Yéghen qui ne redoute pas la prison (au moins, à l'intérieur on est nourri, logé, blanchi alors que dans la rue...). Au cours de leurs pérégrinations, ils s'amusent en écoutant parler El Khordi de son amour pour toutes les femmes (poète à ses heures). Tous les trois fréquentent le bordel de Set Amina, mère maquerelle chez qui un meurtre vient d'être commis. Nour El Dine, un policier homosexuel, entre alors en scène et soupçonne tour à tour les trois amis.
    Ce n'est pas vraiment un roman policier. L'enquête n'est qu'un prétexte (le lecteur connaît le meurtrier dès le départ) pour faire découvrir ce qui se passe dans les rues obscures et les bâtiments insalubres du Caire. Les clichés qui sautent aux yeux représentés par certains personnages (Goha et Nour El Dine entre autres) l'étaient peut-être moins à l'époque de l'écriture de cette narration. La lecture est facile, l'humour est souvent présent et l'atmosphère bien rendu (on les sentirait presque ces odeurs si fortes). J'ai passé un bon moment de lecture sans toutefois me sentir emportée par l'histoire et les personnages. Si pour Goha être mendiant c'est avant tout une façon de combattre le gouvernement, pour les autres c'est plus un poids. Et le mot de la fin est pour Nour El Dine : "Mendiant c'était facile:mais orgueilleux? Où trouverait-il de l'orgueil? Il n'y avait plus en lui qu'une infinie lassitude, un immense besoin de paix - simplement de paix."   
Bonne lecture!
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Posté par goelen à 15:00 - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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