11 mars 2008
Quelques bd bis...
DUPUY-BERBERIAN ET JEAN-CLAUDE DENIS, UN PEU AVANT LA FORTUNE, Air libre Dupuis, 80 pages, 2008. Genre : est-on vraiment chanceux quand on gagne au loto ?
Dupuy-Berberian aux dessins (grand prix d'Angoulême cette année) et Jean-Claude Denis au scénario. Un cocktail attirant qui, en plus, m'a permis de découvrir une autre facette du travail de Denis dont j'avais apprécié le dessin ici mais moins l'histoire.
Etienne, était un détective privé avant de se faire licencier quelques mois auparavant. Il est séparé de Laëtitia qui lui manque beaucoup. Un jour, il gagne au loto. Il devient un peu parano et des choses étranges lui arrivent, se sent perdu avec tout cet argent alors qu'il veut juste retrouver Laëtitia. Il ne sait pas quoi faire. Son ancien collègue observe ses interrogations et en viennent à se disputer plus souvent, comment un effet secondaire et imprévisible de ce gain dans la vie d'Etienne.
L'argent fait-il le bonheur ? Toujours cette question à laquelle on répond souvent : non mais il y contribue grandement. Une chose est sûre, Etienne ne s'imaginait pas tout ce qui pouvait découler de cette chance d'avoir gagné. J'ai bien aimé les interrogations que peut provoquer un tel gain. On oscille entre l'envie de tout envoyer balader pour vivre dans le luxe et la raison qui nous fait dire mais "je n'ai pas besoin de tout ça". J'ai aussi suivi avec beaucoup d'attention les effets que cette nouvelle avait sur Franck et Lise les amis d'Etienne, qui hésite entre l'envie et la joie pour leur ami. Et puis, les dessins du célèbre et talentueux duo Dupuy-Berberian fonctionnent toujours aussi bien, accentués par les très belles couleurs de Ruby (et oui, il ne faut jamais oublier la personne qui met la couleur...). J'ai passé un très bon moment en lisant cette bd à défaut de vivre la même chose que lui (mais bon pour gagner, c'est comme tout, il faut commencer par jouer!).![]()
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SPRINGER, LES FUNÉRAILLES DE LUCE, Vents d'Ouest, 79 pages, 2008. Genre : qu'est-ce-que la mort pour une petite fille ?
Cette bd m'a beaucoup émue et a été un "choc" très positif.
Luce, une petite fille d'environ huit ans, passe quelques jours chez son grand-père à la campagne. Elle apprend à connaître les voisins, le rythme de la vie de ce petit village, les médisances aussi (surtout envers cette veuve qui "ose" parler à d'autres hommes...) et surtout la vie de ces personnes que l'ont dit âgées. Beaucoup se sentent seules et attendent avec impatience la visite de leurs enfants, unique petit coins de ciel bleu dans cette existence qui n'a plus trop de goût. C'est le cas de Simon, ce grand-père au béret bien vissé sur la tête qui reste triste et ne supporte plus la solitude. Luce remarque aussi cet homme qui se promène nu dans la foule et tenant un enfant par le bras, voilé portant une petite boîte sous le bras. Simon meurt après avoir avalé trop de médicaments. Et l'homme nu est toujours là.
Luce est à un âge où on a du mal à comprendre ce que signifie "disparaître" et "mourir". Elle va l'apprendre et le comprendre au cours de cette histoire. Le dessin de Springer et le noir et blanc exprime bien la menace qui plane au-dessus de ce village et de ses habitants. La mort rôde mais on ne sait jamais quand elle va frapper. Cette petite fille, intrigué par le personnage bizarre qui incarne la mort (vous l'aurez compris) mais apeuré par ces disparitions, m'a beaucoup touché. Sûrement aussi parce que c'est à peu près à son âge que j'ai réalisé ce que voulait vraiment dire "perdre quelqu'un". C'est une histoire très forte, très belle, une sorte de coup de poing bien placé mais qui ne fait pas mal (je ne sais pas si l'image est très bonne mais c'est celle qui me vient). A découvrir d'urgence!!!
