27 juin 2008
Un peu de noir...
DOUGLAS KENNEDY, CUL-DE-SAC, Folio, 292 pages, 2006. Traduit par Catherine Cheval. Genre : l'Australie comme vous n'en rêvez pas.
Un peu comme Émeraude, les romans de Douglas Kennedy ne m'attirent pas vraiment, à part celui-ci. Alors quand Mélo me l'a gentiment proposé, j'ai sauté sur l'occasion.
Nick décide de plaquer sa vie morose et sans relief pour aller bourlinguer en Australie. Atterrissage violent à Darwin, une ville pas très attirante aux tocards très nombreux. Nick s'achète un combi pour mieux bouger, aller où il veut jusqu'à ce qu'il rencontre Angie, jeune australienne pas farouche. Nick flaire le bon plan, une semaine de parties de jambes en l'air sans rien faire et sans conséquence. Oui, mais Angie n'aurait-elle pas compris autre chose, un autre avenir? Comme de l'épouser de force et vivre avec lui dans son tout petit village, rayé des cartes officielles.
C'est l'histoire d'un mec qui n'a vraiment pas de chance. Pour lui, c'est sûr, les voyages lointains sont bien terminés après une telle aventure. Ce roman se lit très vite car on progresse avec délectation dans cette communauté complètement hors du temps, du bon sens et de la compassion. C'est méchamment drôle, bien écrit et on se réjouit de la dernière trouvaille de la famille d'Angie et compères. C'est un bon roman noir. Douglas Kennedy, à quand le prochain?
Bon polar !
25 juin 2008
Toutes ces odeurs...
ELIF SHAFAK, LA BÂTARDE D'ISTANBUL, Phébus, 319 pages, 2007. Traduit par Aline Azoulay. Genre : dans la vie des femmes stambouliotes.
Voilà un roman que je me suis empressée de noter sur mon petit carnet à sa sortie, persuadée qu'avec tout ce que la quatrième de couverture promettait, je serai sous le charme.
Deux famille se partagent l'affiche : les Kanzanci, Turcs d'Istanbul, et les TchakhmakhchianTchakhmakhchian, arméniens réfugiés aux Etats-unis. Sur fond du génocide arménien et des responsabilités de la Turquie, les femmes Kanzanci vivent toutes dans la même maison et prennent soin les unes des autres, particulièrement la petite dernière Asya, fille de Zeliha sans père et rebelle à tout, particulièrement à sa mère qu'elle appelle "tante" comme les autres. Les hommes sont absents, tous morts jeunes, sauf Mustapha, leur frère parti vivre en Arizona. Armanoush TchakhmakhchianTchakhmakhchian est partagée entre son père et sa famille arménienne et sa mère, américaine remariée avec un turc. Traumatisée par son ancienne belle-famille, elle garde une haine farouche envers tout ce qui est arménien. Difficile pour sa fille Armanoush de construire son identité. Les deux familles vont se croiser pour le bonheur des uns et le malheur des autres.
Difficile de montrer toute la richesse de ce roman sans trop dévoiler l'intrigue. J'ai vécu pendant trois jours au rythme des rituels turcs, conquises par le caractère des personnages, leurs paradoxes, leurs failles et submergée par les odeurs émanant de ces pages où la cuisine est omniprésente. Le nom de chaque chapitre est un ingrédient essentiel dans la cuisine turque et met l'eau à la bouche. Les deux jeunes femmes qui cherchent qui elles sont réellement nous font entrevoir la complexité des cultures turque et arménienne et leur vision du génocide. Un peu d'histoire, des personnages attachants, des couleurs chatoyantes et des odeurs et surtout des histoires de famille complexes comme on les aime. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et j'ai bien envie de continuer à découvrir cet auteur (qui a échappé à la prison de peu après avoir écrit ce livre (ouf!), accusée d'avoir insulté l'identité nationale).
Delphine et Amanda ont des avis qui rejoignent le mien.
Bonne lecture !
23 juin 2008
Le livre voyageur de Bladelor...
CARLOS MARIA DOMINGUEZ, LA MAISON EN PAPIER, Seuil, 109 pages, 2004. Traduit par Geneviève Leibrich. Genre : le pouvoir des livres.
Je n'avais jamais entendu parler de cet auteur et de ce roman avant que Bladelor nous donne son avis ici. Devant de nombreux avis enthousiastes, Bladelor en a généreusement fait un livre voyageur qui vient de faire escale chez moi après un petit tour chez Loutarwen.
Bluma Lennon, brillante universitaire, décède tragiquement alors qu'elle lisait un livre avant de se faire faucher par une voiture. Un argentin la remplace et reçoit un mystérieux livre, recouvert d'une croûte de ciment. Intrigué par ce colis, il décide d'aller à la recherche de l'expéditeur et d'en savoir plus.
J'avoue avoir été un peu déçue par ce roman, sûrement parce que j'en attendais beaucoup vu toutes les belles choses que j'avais lu dessus. D'ailleurs, ça ressemble plus à une nouvelle qu'à un roman. J'ai apprécié la réflexion autour des livres et ce que peut provoquer la compulsivité chez certains irrécupérables. Heureusement, ce sont des cas extrêmes et je ne me sens pas visée par les dangers encourus. Je me rends compte que finalement je n'ai pas grand chose à dire dessus. Mon avis se rapproche assez de celui d'Emeraude.
Bonne lecture!
22 juin 2008
Les thrillers existent toujours...
JÉRÔME CAMUT ET NATHALIE HUG, LES VOIX DE L'OMBRE, Le livre de poche, 3 tomes, 2007 à 2008. Genre : thriller.
Dans la sélection de juin du prix polar du livre de poche j'ai reçu un roman intitulé Stigmate. Je lis la quatrième de couverture, comme à chaque fois pour avoir une idée du propos, et là je me rends compte qu'il est le deuxième tome d'une trilogie Les voix de l'ombre. Quoi ? Il nous font lire le deuxième tome d'une trilogie sans nous fournir le premier ? Impensable pour moi de commencer par le milieu : deux solutions, ne pas le lire ou me procurer le premier. Vous l'aurez compris, je me suis procurée le premier, poussée par les commentaires des gens qui l'avaient lu (et oui, incroyable mais vrai, le deuxième tome est vraiment la suite du premier, tout comme il ne faut pas lire le troisième avant les autres...).
Prédation :
Rufus Baudenuit, inspecteur de police de son état, se retrouve avec deux cadavres sur les bras, tous les deux avec un bras arraché, retrouvé nu au milieu de nulle part. Pendant ce temps, un homme nommé Andréas se réveille dans une pièce sans portes ni fenêtres à la merci d'un inconnu. Mais où est passé sa fille ? Un troisième se tire une balle dans la tête suite à un braquage raté. Rufus peine à trouver des liens entre les trois meurtres malgré l'aide apporté par Cécile, sa coéquipière et Serguei, le médecin légiste. Le mystère se creuse un peu plus.
Stigmate :
On retrouve les victimes du premier tome à la recherche de leur bourreau, que la police n'a pas réussi à stopper. Mais l'issue est-elle celle qu'ils s'étaient imaginés ?
Le dernier tome, Instinct, est sorti en juin aux éditions Télémaque.
Autant le dire, rien ne sert de lire le deuxième tome avant de lire le premier. Car sinon, on ne comprend pas pourquoi les personnages sont dans cet état et leurs motivations pour courir après leur prédateur. Tout se met en place dans le premier que j'ai lu d'une traite. Les auteurs ont su me happer tout de suite dans cette histoire très glauque, violente dont l'issue heureuse semble impossible. Leur monstre est fascinant d'horreur et on lit pour comprendre, enfin essayer en tout cas. L'histoire étant mise en place, le deuxième tome commence dans le vif du sujet. Les victimes du premier sont perdus, ne savent plus qui ils sont et restent fascinés eux aussi par celui qui a détruit leur vie. J'ai moins accroché, même si la lecture en a été très rapide, car la vengeance m'a toujours plus ou moins laissée de marbre. Ceci dit, j'ai quand même bien envie de savoir comment tout cela va se terminer et je lirai donc certainement le troisième.
La sélection du mois de juin aura été une bonne surprise, bien qu'encore un peu en-dessous de ce que j'attends des polars.
Bons polars !
21 juin 2008
Le dernier Nick Hornby...
NICK HORNBY, SLAM, Plon, 289 pages, 2008. Traduit par Francis Kerline. Genre : les adolescents et les grossesses.
Vous connaissez tous maintenant l'opération masse critique organisée par Babelio. Grâce à Guillaume, j'ai moi aussi reçu un roman et pas des moindres pour moi car j'aime beaucoup les romans de Nick Hornby et je les ai presque tous lu. C'était une bonne façon pour moi de lire son dernier. Alors merci à toute l'équipe de Babelio et à Guillaume en particulier.
Sam a 15 ans et vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Ils l'ont eu à 16 ans et lui parlent souvent des difficultés qu'ils ont rencontré. Sam est un ado comme les autres, fan de Tony Hawk au point qu'il parle au poster dans sa chambre quand ça va pas. Grâce à sa mère, il rencontre Alicia avec qui il vit sa première histoire d'amour. Mais l'histoire semble se répéter quand Alicia tombe enceinte.
Ma première impression à cette lecture est la surprise. Nick Hornby est là où on ne l'attend pas en se glissant dans la peau d'un adolescent de 16 ans qui se retrouve dans un rôle qu'il n'a pas souhaité. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il rend parfaitement bien le questionnement adolescent, l'égoïsme aussi qui prend le dessus dans ces cas-là, les réactions immatures et irresponsables qui sont immédiates (normal à 16 ans me direz-vous) mais aussi l'évolution du personnage face à cette situation qu'il est obligé d'accepter. J'avoue que je suis surprise de l'édition en collection adulte car j'ai eu plusieurs fois l'impression de me retrouver face à un roman pour ados, sans aucun jugement péjoratif bien sûr car j'aime les romans pour ados. mais j'ai peur que ça déstabilise le lectorat habituel de Nick Hornby, même si les adultes de ses précédents romans ressemblent beaucoup à des ados. J'ai apprécié la lecture mais mon Horbny préféré reste quand même "Haute fidélité" suivi de près par "A cause d'un garçon".
Bonne lecture!![]()
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17 juin 2008
Enfin !
AMANDA EYRE WARD, PARDONNEZ-MOI, Buchet Chastel, 291 pages, 2007. Traduit par Anne-Marie Carrière. Genre : une journaliste se souvient.
Depuis que j'ai lu ça, je ne cesse de courir après dans ma bibliothèque. Je leur ai fait acheter mais voilà, un lecteur anonyme m'a grillé la politesse en l'empruntant avant moi.
Nadine est une journaliste qui va sur le terrain pour rapporter des papiers où le sensationnel côtoie la vérité. Plus c'est dangereux, plus elle aime. Elle vit au Mexique depuis 10 ans et s'y fait violemment agressée lors d'une de ses enquêtes. En convalescence chez ses parents aux USA, elle rencontre un médecin qui la soigne, renoue avec sa meilleure amie et se souvient. Elle se rappelle de l'Afrique du Sud, l'apartheid, Nelson Mandela, et Jason Irving, un jeune blanc tué par un groupe de noirs survoltés, ses colocataires George et Thola et surtout Maxim son amour perdu.
Amanda Eyre Ward a réussi à m'emmener là où elle voulait et je n'y ai vu que du feu. Ce roman m'a subjuguée par la simplicité de ses mots, la force de son émotion plus que palpable et l'histoire bouleversante d'une reconstruction. Je suis charmée par cette écriture et ça tombe bien, il me reste ses autres romans à découvrir. Peut-être que ma bibliothèque les commandera tous cette fois.
Bonne lecture!![]()
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16 juin 2008
Un des sélectionnées du prix ados rennes...
HICHAM CHARIF, LES VIRUS DE L'OMBRE, Le navire en pleine ville, 301 pages, 2006. Genre : un ado combat deux virus.
Vous connaissez le prix ado rennes ? Vous savez ce prix qui de A à Z, de la sélection au lauréat, est choisi uniquement par des ados des collèges de toute l'ille-et-villaines. L'adulte n'intervient jamais sauf pour la remise du prix évidemment. Cette année, il a été remis à Pierre Bottero pour L'autre. Mais les virus de l'ombre faisait parti des finalistes et je comprend pourquoi.
Néo, adolescent normal, partage son temps entre ses deux meilleurs amis, Soraya et Fred, l'école, sa famille (une mère débordée et un père absent) et les jeux vidéos. Au cours d'un examen médical, Néo découvre qu'il est porteur d'un virus dont on ignore tout, à tel point qu'on ne sait pas s'il est mortel ou non. Devant garder secret pour ne pas compromettre les recherches, Néo doit pour la première fois mentir à ses amis. Mais quand un virus informatique détruit son disque dur, Fred et Soraya lui donne un coup de main pour trouver l'origine. Plus dangereux qu'il n'y parait, celui-ci oblige Néo à se battre sur les deux fronts à la fois, mobilisant toute son attention. La course est lancée. Qui gagnera ?
Je suis tout de suite rentrée dans l'univers de Néo et son entourage. Ce roman mélange de nombreux thèmes chers aux ados sans jamais en délaisser aucun : l'informatique, l'amitié, l'amour, l'anticipation, les secrets de famille... Bref, on s'y retrouve, on se laisse piéger et on retient sa respiration quand Néo et ses amis prend des risques. Je ne saurais que trop vous conseiller d'aller à la découverte de ce roman et de cet auteur (j'ai eu la chance de le rencontrer pendant la journée du prix ado, il est très sympa et j'ai hâte de lire son prochain roman) et d'aller jeter un oeil là, sur le magnifique site de l'éditrice dont le catalogue est alléchant (Hélène Ramdani est elle aussi plus que sympathique et parle des livres avec des étincelles dans les yeux).
Merci à Hélène pour la journée et la découverte du roman!
12 juin 2008
Rafraîchissant !
COLIN COTTERILL, LE DÉJEUNER DU CORONER, Le livre de poche, 314 pages, 2008. Traduit par Valérie Malfoy. Genre : un légiste mène l'enquête.
Un vent de soulagement souffle sur la sélection du prix polar ce mois-ci. Et oui, pour une fois, je n'ai pas manqué de m'endormir en lisant un soi-disant polar, je ne me suis pas énervée contre le narrateur et n'ait pas eu de mal à aller jusqu'au bout. Ô miracle !
Siri Paiboun est un médecin laotien qui, après avoir fait ses études à Paris, décide de rentrer au pays pour exercer, malgré l'invasion communiste et tout ce qui s'en suit au niveau politique. A 72 ans pensant prendre un repos mérité, il est nommé coroner alors qu'il n'a jamais pratiqué d'autopsie. La femme d'un ponte du parti meurt, trois soldats vietnamiens aussi. La diplomatie est en danger et les mesures d'intimidation fleurissent. Mais Siri est déterminé à faire la lumière sur tout ça accompagné de ses fidèles.
Autant le dire tout de suite, ce n'est pas l'intrigue qui m'a le plus plu (d'ailleurs, j'ai un peu oublié). Colin Cotterill embarque le lecteur dans son Laos (il y a vécu), dépaysement garanti grâce à la culture, les coutumes et, bien sûr, l'époque où cela se passe, dans les années 70. Le personnage de Siri Paiboun m'a beaucoup plu car il est non conformiste, franc et a beaucoup d'humour. C'est lui qui fait tout l'intérêt de ce roman, et de cette première aventure de ce légiste qui en vivra d'autres. Pour les amateurs de polars exotiques donc !
Bon polar !![]()
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11 juin 2008
Dis-moi comment tu lis...
Émeraude m'a gentiment taguée pour connaître mes habitudes de lecture. Pas de révélations fracassantes mais je me prête au jeu car il a un rapport avec ce blog.
Où et quand ?
Je ne vais pas faire dans l'original mais je peux lire n'importe où sauf dans les transports en commun. Et oui, ça me rend malade, pas de chance car je perds de précieuses minutes de lecture et une bonne façon de passer son temps dans le train. Sinon, c'est à peu près partout (le médecin, à la caisse d'un supermarché...mais pas à la poste car dans mon petit coin l'attente n'est jamais longue) avec une prédilection pour la plage (l'avantage d'habiter à la mer), la terrasse d'un café quand il fait beau, la chaise longue de mon jardin et mon lit. J'ai une grande capacité à faire abstraction du bruit qui m'entoure et c'est très appréciable.
Quant au moment, c'est très simple dès que j'ai cinq minutes devant moi. Autant dire que vu ma situation professionnelle stagnante, je trouve du temps assez facilement. Au réveil, après mon petit déjeuner, pendant mon thé de l'après-midi, pendant ma tisane du soir (non, je ne suis pas une vieille mamie) et surtout avant de m'endormir, quelques pages qui se transforment souvent en quelques heures... Mais des fois j'abuse un peu comme ce Noël où j'ai englouti une bd qu'on venait juste de m'offrir pendant le dessert (non, non j'ai pas honte, ma famille à l'habitude).
Comment je choisis mes lectures ?
Depuis longtemps, je fais confiance au goût de mes libraires préférés pour craquer chez eux. La bibliothèque me sert surtout à découvrir les livres dont vous parlez sur vos blogs (source inépuisable) ou un auteur sur lequel j'ai un doute. Sinon, je pioche au gré de mes envies dans ma bibliothèque déjà bien garnie par mes achats compulsifs de l'année dernière. Une couverture ou un titre m'ont déjà fait faire de belles découvertes et je fonctionne beaucoup à l'instinct. Et surtout j'aime aller voir du côté des petits éditeurs leurs dernières trouvailles, chez certains d'entre eux, je vais les yeux fermés.
Quel style de lecture ?
Comme vous avez du le voir sur mon blog, je lis essentiellement des romans, de tous genres, de tous styles et de toutes époques avec un faible pour la littérature anglo-saxonne. J'aime autant la littérature jeunesse, avec une préférence pour les romans pour ados et je dévore les polars depuis quelques temps pour combler mon retard. Je suis aussi une inconditionnelle des Bd et je m'ouvre peu à peu aux nouvelles.
Je lis très peu de théâtre car je préfère voir les pièces plutôt que les lire et je lis un peu de poésie par-ci par-là mais à petite doses (mes études de lettres m'ayant un peu éloigné de ce genre). Et puis je lis quelques essais mais très peu sur des sujets qui m'intéressent vraiment. Je suis assez ouverte finalement !
Qu'est-ce-que j'attends de mes lectures ?
Une chose toute simple : qu'elles me racontent une histoire. Ça peut paraître idiot mais c'est vrai. Une histoire pour rire, pour pleurer, pour être bouleversée, pour apprendre, pour réfléchir, pour s'ouvrir. Rien de plus, rien de moins.
Mes petites manies ?
Je n'en ai pas vraiment de particulières, si ce n'est acheter plus de livres que je ne pourrais jamais en lire mais je ne suis pas la seule dans ce cas. Je n'ai rien de spécifique par rapport à l'objet en lui-même, pas de marques personnelles, quelquefois j'écris, des fois non, écorner un livre ne me gêne pas mais ce n'est pas du tout systématique.
J'ai toujours un livre dans mon sac, même si je sors cinq minutes pour aller chercher du pain (bah oui, si ma voiture tombe en panne sur le trajet, vu que j'habite en plein cambrousse, il faut bien patienter en attendant mon dépanneur personnel, non ? Comment ça je suis cinglée ??). Mon petit plaisir est le choix de ma prochaine lecture, je me poste toujours devant ma bibliothèque pour trouver le suivant avec délectation. Et je suis un peu comme Émeraude, je ne me résous pas à arrêter ma lecture en pleine phrase, quelle que soit la raison (mon médecin me regarde de travers bizarrement) et préfère aller jusqu'à la fin du paragraphe. Mon amoureux à l'habitude et soupire en m'attendant (pour une fois que je le fais mariner...) avec un sourire en coin. Je suppose que ça l'amuse maintenant. Enfin j'espère...
Et comme je n'ai pas suivi si tout le monde avait répondu, je ne désignerai personne sauf Yvon parce qu'il le vaut bien (je sais que tu n'aimes pas trop ça, alors ne te sens pas obligé)...
10 juin 2008
Un auteur irlandais...
JOHN MCGAHERNMCGAHERN, ENTRE TOUTES LES FEMMES, 10/18, 287 pages, 1995. Traduit par Alain Delahaye. Genre : roman familial centré sur le père.
Si vous voulez vous plonger dans la littérature irlandaise et que, comme moi, vous n'y connaissez rien, il vous faut aller là. Vous ne serez pas déçus.
Moran a vieilli, la mort n'est pas loin. Rose sa seconde femme prend soin de lui et ses trois filles viennent le voir aussi souvent que possible. Les souvenirs remontent et l'histoire de cette famille recomposée se déroule tout doucement. Moran est le père de cinq enfants : Mona, Maggie, Sheila, Luke et Michaël. Ce père est dur, très dur, violent parfois. Craint par ses enfants, il n'en est pas moins adoré. Son remariage avec Rose le fait douter. Ne va-t-elle pas changer les habitudes de la famille ? Les rites même, plutôt bien instaurés auxquels il ne faut surtout pas déroger ? Et les enfants, vont-ils l'aimer ?
Ce livre est à lire en prenant son temps. La plume de McGahern a un charme désuet qui m'a fait penser à Jane Austen, même si la comparaison s'arrête là. Les personnages sont très attachants, même celui du père qui pourtant étouffe sa famille bien des fois. Les filles sont plus fortes qu'elles en ont l'air et arrive à se détacher petit à petit de cette figure tutélaire qui les fascine et leur fait peur à la fois. Moran a plus de difficultés avec ses fils qui ne supportent plus son autorité. Un échec pour lui car malgré son orgueil, ses fils lui manquent. Moran est personnage ambigu, touchant parfois, détestable souvent. Âpre et dur comme le climat de l'Irlande mais époustouflant comme ses paysages. Ce roman est une jolie découverte que je dois à Yvon. J'ai très envie de me plonger dans un autre roman de lui La caserne, ce qui ne saurait tarder.
Bonne lecture !
(La couverture de la version poche est beaucoup plus jolie)
