PIERRIC BAILLY, POLICHINELLE, P.O.L, 234 pages, 2008. Genre : mais que peuvent bien faire des ados désœuvrés dans les campagnes françaises?

 polichinelleLa rentrée littéraire apporte son lot de premiers romans. Quelques uns se font remarquer. Comme celui-ci toujours en lice pour le prix de Flore et le prix du premier roman de cet automne.

    Lionel, la vingtaine, quitte "Besac" (le doux surnom de Besançon pour la jeunesse jurassienne) pendant l'été pour retrouver la vie de son petit village de Clairvaux. Sans trop savoir quoi faire de lui, il s'intègre à la bande de potes de sa sœur, âgée de 5 ans de moins que lui. Ils sont tous affublés de caractéristiques physiques bizarres qui les dérangent (comme des jambes yo-yo ou des tulipes dans le dos) et l'ennui les pousse toujours plus loin dans l'esprit de groupe et la bêtise.

    Quand j'ai refermé ce roman, je me suis demandée ce que je venais de lire. Et puis avec le recul, je comprends mieux. Pierric Bailly (quelqu'un de très gentil soit dit en passant) parle de la jeunesse française qu'on ne mentionne jamais, celle des campagnes, sans objectifs, perdue, mal à l'aise, qui ne sait quoi faire d'elle-même. Au début, on rit des misères de la troupe, sans saisir toutes subtilités des inventions littéraires de l'auteur. Puis le doute n'est plus permis et on s'interroge sur ce qui les à agir avec autant de désinvolture. Pierric Bailly réussit à retransmettre l'oralité de ce petit groupe, quitte à perdre son lecteur parfois, pour mieux le retrouver ensuite. Un premier roman singulier qui pique la curiosité.

    Bonne lecture!

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