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schoeman« J’ai trop de souvenirs : toute ma vie, j’ai eu trop d’occasions de regarder, d’écouter, de voir, d’entendre et de me souvenir. » Au cours d’une longue nuit d’insomnie, une vieille femme qui s’éteint doucement dans la maison de son enfance, met en ordre pour elle-même le puzzle qui encombre sa mémoire. Solitude effrayante, mais aussi recherchée, de celle qui fut toujours, si effacée, une ombre toujours présente et jamais remarquée, même de ses proches ; gardienne de leurs secrets, des non-dits, de leurs frustrations, de leurs convoitises ; témoin silencieux de la petite société d’un village d’Afrique du Sud, peu avant la guerre des Boërs : population de pauvres bergers nomades, éleveurs de moutons  enrichis... « Laissez-moi juste vous raconter ce qui s’est passé ; laissez-moi, à tout le moins, répéter le récit qu’ils en font, sans chercher à expliquer, à clarifier ni à comprendre, car parfois même le petit détail est de trop… » Cette longue nuit ne sera pas celle du jugement mais celle de la mémoire ; le long monologue noue maillon après maillon ce temps retrouvé. Le lecteur pourra méditer sur ce qui a fait la richesse de cette vie en apparence si dépouillée.

Un très beau livre couronné en Afrique du Sud par le prix Hertzog en 1993.

                                                                                               Michèle M.

Cette vie, Karel Schoeman, Phébus, 2009. 265 p.

Crédit photo : Electre.