01 juin 2007
Bouquiner...
Annie François, Bouquiner, Seuil, 198 pages, 2000. Genre : chroniques sur la façon de bouquiner.
Avouons-le, nous avons tous nos petites manies de lecteurs compulsifs ou non. Une façon de marquer sa page, une façon de choisir sa prochaine lecture, de ranger sa bibliothèque, une position de lecture préférée et j'en passe...
Annie François, éditrice au Seuil, a choisi d'écrire des petites chroniques en deux trois pages sur sa façon à elle de lire et son rapport avec les livres. Au bout de quelques pages, je commence à sme dire "elle est toquée celle-là". Sauf qu'en y regardant d'un plus près, je me retrouve dans certaines de ses petites manies rigolotes ou psychopates, c'est selon.
C'est un essai qui se lit très vite et qui m'a fait me sentir moins seul dans ma folie de "bouquiniste". Alors si vous avez besoin de vous rassurer un peu sur votre état mental et de rire à moindre frais, procurez-vous vite ce livre d'Annie François.
Bonne lecture!![]()
08 mai 2007
Alberto Manguel...
ALBERTO MANGUEL, JOURNAL D’UN LECTEUR, Actes sud, 2004, 247 pages. Genre : tout est dans le titre!
Alberto Manguel est un Argentin aux multiples talents. Écrivain, traducteur, éditeur, il a vécu en Amérique du sud, au Canada et en Europe. Il a publié plusieurs essais sur la lecture dont le dernier la bibliothèque, la nuit a l’air passionnant.
Journal d’un lecteur regroupe toutes les notes que Manguel a prises pendant un an. Il décide, entre 2002 et 2003, de relire ses livres de prédilection. Ceux-ci sont aussi divers dans leur style que les réflexions inspirées par cette deuxième rencontre avec ses histoires favorites. Au gré des pages, Manguel nous en apprend beaucoup sur sa conception de la lecture, son problème de place pour ranger tous ses trésors littéraires (on est beaucoup à se retrouver là-dedans), sa vision des événements et, bien sûr, ses commentaires sur les œuvres qui vont de Don Quichotte à Kim en passant par des auteurs comme Goethe ou Margaret Atwood. Son érudition est immense mais jamais m’as-tu-vu. On apprend avec plaisir. L’envie de tourner les pages pour arriver à la fin ne vous quitte pas et, évidemment, il nous donne envie de lire toutes les œuvres dont il parle avec tant de tendresse.
Bref, c’est un auteur que j’ai aimé découvrir, à l’univers attachant que je vais continuer d’explorer à travers ses fictions et surtout ses deux essais Une histoire de la lecture et la bibliothèque, la nuit. Je vous conseille vivement d’aller à la rencontre de cet auteur et de dialoguer avec lui (car qu’est-ce-que la lecture si ce n’est un dialogue intime avec l’auteur et son œuvre ?)
Bonne lecture...![]()
28 février 2007
Depardon...
RAYMOND DEPARDON, IMAGES POLITIQUES, La Fabrique, 110 pages, 2004. Genre : choix de photos expliquées par l'artiste.
Depardon est un photographe que j’ai découvert grâce à mon oncle, grand photographe amateur qui mériterait d’être professionnel. J’aime sa démarche de parler de son métier ainsi que ses photos bien sûr.
A travers un choix de photos datant de plusieurs époques et prises lors de divers événements, Depardon nous explique sa conception de cet art qu’est la photographie et la manière dont il aborde le sujet. Ici, ce sont des images de conflits, de rencontre entre grand chefs d’état ou d’enfants. Elles sont toutes politiques puisqu’elles sont le résultat d’un choix de Depardon. Pourquoi tel moment plutôt que tel autre ? Là est tout le talent du photographe reporter.
Un très bon livre que je recommande pour découvrir l’œuvre de Depardon et la position du photographe par rapport à son art. Et comme en plus, il écrit très bien, il n’y a aucune raison de passe à côté. Je lirai sûrement d’autres ouvrages de Depardon comme ses notes de voyages. Et en bonus, une petite citation : « toute image est forcément un regard, c’est-à-dire un moment choisi par hasard, par volonté, par chance. »
Bonnes photos !
28 janvier 2007
Eric Hazan...
Éric Hazan, Chronique de la guerre civile, La Fabrique, 139 pages, 2004.
Ça ne m'arrive pas souvent, mais en ce moment, je m'intéresse pas mal aux essais. De toute sorte. Après avoir du en lire des tonnes (non, je n'exagère pas) pour mes études de lettres, je redécouvre le plaisir de choisir un sujet que j'ai envie d'explorer (et surtout pas imposé, le traumatisme de la fac).
Éric Hazan a créé, avec d'autres, la maison d'édition La Fabrique, reconnaissable à ces livres aux couleurs pétantes ou à son titre encadré. De multiples sujets sont abordés et de nombreux témoignages livrés. Mais le sujet de prédilection semble resté le conflit israelo-palestinien. Je me suis promis de lire certains titres d'ailleurs pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe là-bas parce que j'avoue que je suis un peu larguée ( A tombeau ouvert et Boire la mer à Gaza).
Comme son nom l'indique, cet essai est un recueil de chroniques inspirées à son auteur par l'actualité nationale ou internationale et sur tous les thèmes (la politique évidemment mais aussi l'édition par exemple). Ce qu'il préfère, c'est relever les contradictions des gouvernements ou les exactions commises en toute impunité ( bah oui, il y a des pays dont tout le monde se fout).
Très honnêtement, il m'a manqué des ficelles pour comprendre certaines critiques (des noms que je ne connais pas, une situation ignorée). Mais, lire des papiers qui ne sont pas aseptisés, dont l'auteur n'a pas les poings liés, ça fait vraiment du bien. Libre à nous de se faire une opinion sur ce qu'il dit (on n'est pas obligé d'être d'accord avec tout).
Ce livre aura eu deux effets positifs sur moi. J'ai réalisé que je voulais vraiment comprendre ce qui se passait au Proche-Orient ( j'en ai marre d'être larguée) et, aussi, qu'il y a plein de sujets sur lesquelles je peux apprendre, comme ça. Naïve me direz-vous ? Non, j'avais surtout besoin de temps pour digérer l'obligation de lire due aux études. Vive le plaisir maintenant!!!
Bonnes réflexions à vous...
16 janvier 2007
Un éloge tout particulier...
Eloge de la librairie avant qu'elle ne meure. Un titre un peu pessimiste s’il en est. Non, la librairie indépendante n’est pas morte et ne mourra pas (en tout cas je n’espère pas). Ah nous de la faire vivre ! Ca m’arrangerait que vous participiez d’ailleurs car je compte bien en faire mon métier…
Dans ce court essai, Baptiste-Marrey, écrivain qui a fait parti de la commission Pingault chargée de réfléchir sur le livre et la lecture au début des années 80, écrit un manifeste pour la librairie indépendante. Ce qui est le plus appréciable dans ce livre, c’est la démarche. A chaque petit texte qui compose cet essai, l’auteur convie une autre personne (éditeur, libraire…) à faire contre-point. Ce qui donne un éclairage plutôt complet sur le sujet. En plus, il a invité plusieurs libraires à commenter tout ça et ceux-ci figurent en note.
L’éloge de la librairie avant qu’elle ne meure fait le tour de la question, rapidement mais sûrement, importante de l’avenir de la librairie indépendante en France. Baptiste-Marrey propose certaines mesures qui pourraient aider la survie et le développement de nos chers conseillers en lecture. Même si cet ouvrage date de 1988, ces propos semblent encore d’actualité. Mais il y a suffisamment de libraires indépendants aujourd’hui passionnés par leur métier pour sauvegarder ce médiateur culturel que représente notre libraire.
Bonne lecture !![]()
12 novembre 2006
Une biographie?
Le nouveau livre de François Maspéro s'intitule L'ombre d'une photographe, Gerda Taro. Cet essai nous présente une photographe de talent, Gerda Taro. Son histoire d’amour avec Robert Capa, le grand reporter de guerre, a quelque peu occulté le travail et la vie de cette jeune femme, morte à 26 ans sur le front de la guerre d’Espagne. Maspero nous donne des éléments biographiques sur cette artiste mais pas seulement. Redonner tout son talent à cette jeune photographe lui permet aussi de faire une analyse sur l’art de la photographie et ce qui se cache derrière. Que veut montrer le photographe? Pourquoi le choix de la photo?
Un essai particulièrement intéressant, illustré par de magnifiques photos et très bien écrit qui nous plonge dans une époque trouble et nous fait prendre conscience, si ce n’était pas déjà le cas, que la photographie est bien un art majeur et peut-être encore plus que ça.
Ce livre m'a donné envie d'aller voir ce que Maspéro a écrit d'autres car je l'ai découvert avec ce livre. Et comme en plus c'est un auteur très intéressant et accessible (j'ai eu l'occasion de le rencontrer à la 25ème heure du livre), il n'y a pas à hésiter!
Bonne lecture!