16 juin 2008
Un des sélectionnées du prix ados rennes...
HICHAM CHARIF, LES VIRUS DE L'OMBRE, Le navire en pleine ville, 301 pages, 2006. Genre : un ado combat deux virus.
Vous connaissez le prix ado rennes ? Vous savez ce prix qui de A à Z, de la sélection au lauréat, est choisi uniquement par des ados des collèges de toute l'ille-et-villaines. L'adulte n'intervient jamais sauf pour la remise du prix évidemment. Cette année, il a été remis à Pierre Bottero pour L'autre. Mais les virus de l'ombre faisait parti des finalistes et je comprend pourquoi.
Néo, adolescent normal, partage son temps entre ses deux meilleurs amis, Soraya et Fred, l'école, sa famille (une mère débordée et un père absent) et les jeux vidéos. Au cours d'un examen médical, Néo découvre qu'il est porteur d'un virus dont on ignore tout, à tel point qu'on ne sait pas s'il est mortel ou non. Devant garder secret pour ne pas compromettre les recherches, Néo doit pour la première fois mentir à ses amis. Mais quand un virus informatique détruit son disque dur, Fred et Soraya lui donne un coup de main pour trouver l'origine. Plus dangereux qu'il n'y parait, celui-ci oblige Néo à se battre sur les deux fronts à la fois, mobilisant toute son attention. La course est lancée. Qui gagnera ?
Je suis tout de suite rentrée dans l'univers de Néo et son entourage. Ce roman mélange de nombreux thèmes chers aux ados sans jamais en délaisser aucun : l'informatique, l'amitié, l'amour, l'anticipation, les secrets de famille... Bref, on s'y retrouve, on se laisse piéger et on retient sa respiration quand Néo et ses amis prend des risques. Je ne saurais que trop vous conseiller d'aller à la découverte de ce roman et de cet auteur (j'ai eu la chance de le rencontrer pendant la journée du prix ado, il est très sympa et j'ai hâte de lire son prochain roman) et d'aller jeter un oeil là, sur le magnifique site de l'éditrice dont le catalogue est alléchant (Hélène Ramdani est elle aussi plus que sympathique et parle des livres avec des étincelles dans les yeux).
Merci à Hélène pour la journée et la découverte du roman!
05 juin 2008
La douleur des mots...
MARIE-SABINE ROGER, ET TU TE SOUMETTRAS À LA LOI DE TON PÈRE, Éditions Thierry Magnier, 143 pages, 2008. Genre : le fanatisme d'un père vu par sa fille.
Eliabar, qui avait bien compris mes envies pour le swap littérature jeunesse, m'a envoyé ce roman pour ados.
Une jeune fille grandit au milieu de ses frères et soeurs, sous la coupe de son père. Pour lui, seul compte la parole de l'Eglise, celle de Dieu, de la religion catholique et rien ne doit contrecarrer cette croyance. Son père n'explique rien, il affirme, il punit, il interdit. Il n'éduque pas, il dresse. Sa femme se tait car Fabien le petit dernier (le seul à avoir un prénom) n'est pas comme les autres, sa maladie le rattrape.
J'ai été très surprise et très touchée par les mots mis dans la bouche de cette petite fille qui à défaut d'aimer son père, le craint. Marie-SabineMarie-Sabine Roger décrit parfaitement le travail de destruction d'un père sur ses enfants, à cause de son intégrisme, de sa bêtise. L'éducation n'est pas et ne sera jamais la peur de quelque chose. L'explication, l'amour, la tendresse sont irremplaçables. Tout ce que ce père réussit est à détourner ses enfants de cette religion si importante pour lui, et de lui-même. Par quoi est passé cette gamine pour penser
"quel est ce Dieu de foudre et de colère, qui aime aussi peu ses enfants ? Il me fait peur. Je n'en veux pas. La foi, entre les mains d'un homme comme toi, c'est une arme de poing"?
Un roman pour ados à ne pas manquer, pour combattre l'intégrisme sous toutes ses formes...
Bonne lecture!
29 mai 2008
Vous reprendriez bien un peu d'humour grinçant ?
COLIN THIBERT, TIREZ SUR L'AMBULANCE, Éditions Thierry Magnier, 190 pages, 2008. Genre : de l'ironie et rien que de l'ironie.
Je dois cette découverte à Clarabel. Impossible de passer à côté vu ce qu'elle en disait.
Voici dix nouvelles pour nous faire rire de tout ou presque. Ça grince, ça ironise, l'humour noir est bel et bien là pour nous montrer nos sacrés gros défauts. Reconnaîtrez-vous les vôtres chez ses riches qui trouvent leur vieille voisine un peu trop égoïste, chez ses chiens qui n'ont pas la reconnaissance qu'ils méritent, ces gens qui ne savent pas quoi faire de leur chat mort et j'en passe.
Colin Thibert n'épargne personne dans ces dix nouvelles très agréables à lire, qui m'ont fait beaucoup rire, et quelquefois jaune. Cet éditeur réussit encore à me plaire et cette collection de nouvelles est vraiment à parcourir. Des pépites s'y trouvent dont celle-ci !
Bonne lecture !
17 mai 2008
Rachel Corenblit...
RACHEL CORENBLIT, DIX-HUIT BAISERS PLUS UN, Éditions du Rouergue, 116 pages, 2008. Genre : un ado fait une tentative de suicide. Pourquoi ?
Reçu dans mon colis du swap littérature jeunesse, je me suis précipitée dessus pour trois raisons : l'auteur, le titre (intrigant, non ?) et la polyphonie (vous l'aurez maintenant compris, j'aime les romans à plusieurs voix).
Alex est retrouvé dans un local poubelle, la corde au cou. Qui est-il ? Pourquoi en est-il arrivé là ? Dix-sept filles et femmes de son entourage ou rencontrée en coup de vent essaient de répondre à cette question. Chacune relate la rencontre ou ce qu'Alex leur a inspiré. Toutes essaient de comprendre et le lecteur aussi.
Ne voulant pas trop en dévoiler, je ne peux guère en dire plus sur l'histoire. Rachel Corenblit sait parler aux ados d'aujourd'hui (ou aux adultes comme moi). Pas de mots édulcorés, pas de faux-semblants, juste une certaine réalité. De la littérature jeunesse comme on l'aime : une vraie histoire, un vrai style d'écriture (la voix est différente à chaque fois et les mots suivent) et un vrai plus (on cherche dans ses souvenirs ce garçon ou cette fille qui dans nos années lycées ressemblaient à Alex). Rachel Corenblit sait nous parler et nous toucher. Les éditions du Rouergue ont encore tout bon. Décidément...
15 février 2008
Vive la littérature jeunesse !!!
JEAN-CLAUDE MOURLEVAT, LE COMBAT D'HIVER, Gallimard jeunesse, 331 pages, 2006. Genre : une grande aventure humaine.
Depuis que le temps que j'avais envie de voir ce qui se cachait dans la tête de cet auteur, je ne regrette pas ma patience.
Helen et Milena sont internes. Elles visitent leurs consoleuses quand elles ont besoin de réconfort et essaient tant bien que mal de se faire à la vie de cet internat où le moindre écart amène un autre élève à être puni à votre place. Elles rencontrent un soir Milos et Bartoloméo en allant sur la colline des consoleuses. Deux d'entre eux s'enfuiront précipitant le destin des deux autres et changeant à jamais la vie de cet endroit. Pendant ce temps, la Phalange continue à faire régner la terreur à l'aide de leurs hommes chiens. Mais où sont passés les résistants ? Quels sont ces hommes-chevaux ? Les quatre ados ont-ils un rôle à jouer dans tout ça ?
Jean-Claude Mourlevat recrée un monde et nous la bêtise, la méchanceté, la cruauté, l'inhumanité de certains. Il arrive à démonter les mécanismes qui font, qu'à un moment donné, on se soumet même si on n'est pas d'accord avec ce qui se passe. Du courage, se serrer les coudes, être ensemble et nombreux, croire en la réussite et en la justice de notre idéal : voilà un peu tout ce qu'on y trouve. Un bon moyen de décrire à des ados (et des adultes) aussi les ravages du silence et de la peur face à des hommes qui ont qu'un seul pouvoir pour maintenir la tension : effrayer les gens. Voici encore un livre qui m'a emportée et qui m'a beaucoup émue. Je me suis très vite attachée aux personnages (ça aide aussi quand l'un deux porte votre prénom) et j'ai suivi avec avidité et passion leurs péripéties. Quelques idées sont originales et bien traitées (les consoleuses, les hommes-chiens, la voix d'or) et tous les symboles nous font entrer pleinement dans l'histoire en deux coups de cuillères à pot...
A lire et relire absolument !!!
C'est sûr, je me l'achèterai plus tard car il doit rejoindre ma bibliothèque...
Bonne lecture !
Lu dans le cadre de mon challenge de printemps![]()
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03 février 2008
Une autre découverte jeunesse...
ANNE-LAURE BONDOUX, LES LARMES DE L'ASSASSIN, Bayard jeunesse, 227 pages, 2006. Genre : indescriptible.
Je ne connaissais pas le nom de cet auteur avant de travailler pour Bayard sur différents salons du livre. J'étais très attiré par les couvertures de ses deux romans pour ados Les larmes de l'assassin et Pépites. Philippe Marcelé fait s'opposer deux couleurs, le blanc et ici un rouge qui fait immédiatement penser à du sang, sur lesquels deux personnages se découpent. Cette couverture est très marquante et accroche l'oeil. Une des libraires avec qui j'ai travaillé m'a dit qu'après avoir lu un Bondoux, elle les a tous lu car elle e été scotché par l'univers et l'écriture de l'auteur. Je devais donc découvrir ce qui se cachait derrière tout ça.
La famille Poloverdo vit dans une petite maison tout au bout de la lande, tout au bout de la terre au Chili. Cet endroit est inhospitalier car battu par le vent, le froid, la pluie. Les voyageurs de passage trouvent refuge chez eux le temps d'une nuit. Un jour, le garçon de la famille, Paolo, voit débarquer de loin un homme à la stature imposante. Lui, c'est l'assassin Angel Allegria.
Je n'en dirai pas plus pour ne rien dévoiler mais une fois que vous avez ouvert la première page, vous ne pouvez pas refermer le livre avant la fin. C'est magnifiquement écrit, Anne-Laure Bondoux maîtrise parfaitement l'art de plonger ses lecteurs dans un monde froid, dur, où les émotions fortes (la peur, le dégoût, la tendresse...) ne sont jamais très loin pour suivre le parcours de Paolo. J'ai oublié que je lisais un roman pour les ados pour vivre cette histoire. C'est un vrai coup de coeur pour l'auteur et j'ai hâte de me jeter sur Pépites ou sur La tribu.
Bonne lecture !!
Lu dans le cadre de mon petit challenge perso
15 janvier 2008
Une grosse claque...
MICHAEL MORPURGO, SOLDAT PEACEFUL, Gallimard, 2004, 186 pages. Genre : une famille heureuse bouleversée par la guerre.
Je viens de terminer la lecture de ce livre et je n'ai pas pu attendre pour vous livre mes impressions. C'est un grand moment littéraire que je viens de vivre, et je pèse mes mots, vraiment. J'en ai eu les larmes aux yeux et pourtant ça ne m'arrive pas souvent avec les livres (bizarre d'ailleurs vu que je suis une vraie fontaine devant un film). C'est bouleversant, c'est fantastiquement bien écrit, on oublie que c'est de la littérature pour ados, et surtout Morpurgo aborde un sujet pas facile, la vie des soldats dans les tranchées de la première guerre mondiale.
Tommo Peaceful a une nuit pour se souvenir de tout et ne surtout pas dormir pour ne pas perdre de temps. Il revoit tout : la mort de son père dont il se sent responsable, sa mère au caractère courageux et bien trempé, son frère Big Joe le plus gentil de tous, son autre frère Charlie son idole, la jolie Molly et tous les autres du village. Sa vie coule plus ou moins paisiblement selon les moments. Tout change le jour où la guerre éclate. Charlie et Tommo devront s'enrôler et essayer de survivre. Y arriveront-ils ?
Michael Morpurgo a divisé son livre en deux parties (la première sur la vie en Angleterre et la seconde la vie dans les tranchées en France) et distille peu à peu les raisons qui l'ont amené à passer cette dernière nuit comme il dit. On comprendra pourquoi, on comprendra comment. L'auteur réussit à nous rendre plus qu'attachante cette famille que la guerre viendra perturber. Toute la première partie est là pour ça, on pleure avec eux, on s'amuse de leurs bêtises, on virerait bien Grand-mère Loup et le colonel et on chanterait bien Oranges et citrons avec Big Joe, sa chanson préférée. On les aime tellement ces personnages que la deuxième partie est insoutenable. On est dans les tranchées avec eux, on a peur, on a froid, on pleure et on ne souhaite qu'une chose, qu'ils survivent tous.
Si tous les romans de Morpurgo ont cette force dans l'écriture, alors je les lirai tous, sans en oublier un seul. C'est un magnifique livre, très émouvant à mettre entre toutes les mains. D'ailleurs, cet exemplaire n'est pas à moi mais je me l'achèterai dès que possible car je veux l'avoir sur mon étagère. Et le prêter ou l'offrir aux gens qui m'entourent. Pour ne pas oublier... Jamais... Alors un grand merci, très grand merci à Marion ma copine bibliothécaire pour me l'avoir conseillé.
D'autres avis que le mien : Florinette et Cuné.
Bonne lecture !
04 janvier 2008
Le dernier Marie Desplechin...
MARIE DESPLECHIN, POME, École des loisirs, 2007, 153 pages. Genre : la suite de Verte, l'apprentie sorcière.
J'ai acheté ce roman au salon du livre de Montreuil, sans savoir qu'il était sorti, pour une amie qui avait adoré Verte. J'ai même pu le faire dédicacer, ce qui faisait un beau cadeau de Noël. Et que m'amenait-elle ? Le même roman bien sûr, c'est pas beau, ça ?
Pome reprend les ingrédients qui m'avaient tant plu dans Verte : l'humour, l'univers de la sorcellerie, la famille loufoque, le personnage principal, l'utilisation des différents points de vue de tous les personnages. Rien n'y manque et la suite des aventures de la petite Verte se lit avec plaisir. Elle vit maintenant la moitié du temps chez son père et l'autre moitié du temps chez sa mère. Elle suit toujours les cours d'Anastabotte, fait tourner son grand-père en bourrique et se fait une nouvelle amie, Pome, sorcière elle aussi. Pas de doute c'est bien du Desplechin, bien réussi, sans la découverte, puisque c'est une suite et même si parfois elle tombe un peu dans la mièvrerie. Mais je craque quand même et je pense que la prochaine fois je lirai le journal d'Aurore car il promet quelques crises de rire.
Bonne lecture !
06 décembre 2007
Un album pour enfant...
FRANCOIS SOUTIF, PROMENADE, Kaléidoscope, 2004, 32 pages. Genre : des chiffres et des couleurs grâce à une balade loufoque.
J'ai acheté cet album au salon de Montreuil. J'avoue, je connaissais l'auteur et ses albums que j'avais eu l'occasion de feuilleter chez celle qui nous a présenté. J'aime beaucoup son unviers et ses dessins tout en rondeurs, particulièrement dans celui-ci.
Un petit gars, avec un grand sourire vissé jusqu'aux oreilles, se promène. Il rencontre plutôt violemment (je vous laisse la surprise) un gros lourdaud qui l'emmène sur son dos. Et c'est le début d'une joyeuse balade complètement loufoque où l'on apprend à compter et à reconnaitre les couleurs. C'est très astucieux, très drôle et j'aime beaucoup la composition des pages (sur fond noir avec... mais chut, allez voir).
Un album à offrir à partir de trois ans pour un petit moment magique. François Soutif a également illsutré d'autres albums comme une histoire revisitée de Roméo et Juliette ou encore l'histoire d'un roi et de son île perdue. A découvrir très vite si vous ne connaissez pas et si vous connaissez donnez-moi votre avis (je pense notamment aux libraires jeunesse qui fréquentent ces pages). Un vrai coup de coeur...
Bonne lecture!



07 novembre 2007
Une page se tourne...
J.K ROWLING, HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, Gallimard, 809 pages, 2007. Genre : est-il encore besoin de le préciser?
Ça y est! La plus grande saga de littérature jeunesse est terminée. Finies les aventures du petit sorcier devenu grand avec sa drôle de cicatrice sur le front, ce dont il se passerait bien d'ailleurs. Une histoire qui nous aura tenu en haleine pendant dix ans (surtout depuis le quatrième tome, il faut bien le reconnaître, car le rythme s'accélère). On aurait bien aimé qu'il fasse 800 pages de plus, comme dirait un illustre professeur des écoles, car même en prenant son temps (pas facile d'ailleurs), on le finit toujours trop vite ce dernier volume.
Comme prévu à la fin du tome 6, Harry, Ron et Hermione décident de sécher leur dernière année à Poudlard pour partir à la recherche des Horcruxes restant et tuer définitivement Voldemort. Je n'en dirai pas plus sur ce qui se passe pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l'ont pas encore lu (même si parmi les fans de la saga, ils ne doivent pas être bien nombreux). Ce dernier tome est vraiment la continuité du 6ème. Ils auraient presque pu être la partie un et la partie deux d'un seul et même tome (un peu trop lourd à tenir peut-être il est vrai). Il se passe beaucoup de choses et les trois compères ne sont pas au bout de leurs peines. La mort est encore très présente et les cadavres sont un peu trop nombreux pour les compter. La tension monte au fur et à mesure des chapitres et de nombreux rebondissements s'enchaînent.
En bref, ce septième et dernier tome (sniff) ne déçoit pas. J.K Rowling maîtrise son univers jusqu'au bout (de nombreux détails des tomes précédents ont une grande importance dans celui-ci) et a réussi à écrire une aventure qui aide son lecteur à grandir (surtout les ados mais peut-être quelques adultes aussi). Et ça, ça montre qu'elle a tout compris à ce que doit être la littérature jeunesse. J'espère qu'un jour le livre qu'elle vient d'écrire en seulement 7 exemplaires sera disponible pour le grand public. Il s'agit des Contes de Beedle le barde. Ça vous rappelle rien?
Bonne lecture...
