de livres en livres

" Lire, comme respirer, est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

10 juin 2008

Un auteur irlandais...

JOHN MCGAHERNMCGAHERN, ENTRE TOUTES LES FEMMES, 10/18, 287 pages, 1995. Traduit par Alain Delahaye. Genre : roman familial centré sur le  père.

 
     entre_toutes_les_femmesSi vous voulez vous plonger dans la littérature irlandaise et que, comme moi, vous n'y connaissez rien, il vous faut aller . Vous ne serez pas déçus.

    Moran a vieilli, la mort n'est pas loin. Rose sa seconde femme prend soin de lui et ses trois filles viennent le voir aussi souvent que possible. Les souvenirs remontent et l'histoire de cette famille recomposée se déroule tout doucement. Moran est le père de cinq enfants : Mona, Maggie, Sheila, Luke et Michaël. Ce père est dur, très dur, violent parfois. Craint par ses enfants, il n'en est pas moins adoré. Son remariage avec Rose le fait douter. Ne va-t-elle pas changer les habitudes de la famille ? Les rites même, plutôt bien instaurés auxquels il ne faut surtout pas déroger ? Et les enfants, vont-ils l'aimer ?

    Ce livre est à lire en prenant son temps. La plume de McGahern a un charme désuet qui m'a fait penser à Jane Austen, même si la comparaison s'arrête là. Les personnages sont très attachants, même celui du père qui pourtant étouffe sa famille bien des fois. Les filles sont plus fortes qu'elles en ont l'air et arrive à se détacher petit à petit de cette figure tutélaire qui les fascine et leur fait peur à la fois. Moran a plus de difficultés avec ses fils qui ne supportent plus son autorité. Un échec pour lui car malgré son orgueil, ses fils lui manquent. Moran est personnage ambigu, touchant parfois, détestable souvent. Âpre et dur comme le climat de l'Irlande mais époustouflant comme ses paysages. Ce roman est une jolie découverte que je dois à Yvon. J'ai très envie de me plonger dans un autre roman de lui La caserne, ce qui ne saurait tarder.

    Bonne lecture !

(La couverture de la version poche est beaucoup plus jolie)

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Posté par goelen à 11:52 - Roman - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2008

Ils sont en train de me convertir à la nouvelle...

JULIEN GRANDJEAN, PRÉCIPITÉ, Arbre vengeur, 93 pages, 2007. Genre : des nouvelles bien sûr!

 pr_cipit_Plutôt fan de romans que de nouvelles, quelques auteurs ont réussi à me convertir peu à peu à de genre : Emmanuelle Urien, Christine Spadaccini et ma dernière découverte Julien Grandjean.

    Ce recueil comporte 22 nouvelles, très courtes. Souvent quelques phrases suffisent à Julien Grandjean pour placer son univers, son personnage ou sa baleine. Un mot pour servir de titre, tout est dans l'économie des mots ou plutôt dans la justesse du choix. Plus n'aurait servi à rien car l'essentiel est dit. Juste ce qu'il faut pour faire rire, jaune, noir ou de tout autre couleur de votre choix.

    Julien Grandjean pour sa première publication est pile dans le ton qui me plaît. J'attends donc avec impatience la deuxième. Rien ne sert d'en dire plus, il faut le lire un point c'est tout. Merci à Valérie de me l'avoir offert.

    Bonnes nouvelles!

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Posté par goelen à 12:43 - Nouvelles - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2008

La douleur des mots...

MARIE-SABINE ROGER, ET TU TE SOUMETTRAS À LA LOI DE TON PÈRE, Éditions Thierry Magnier, 143 pages, 2008. Genre : le fanatisme d'un père vu par sa fille.

     et_tu_te_soumettras___la_loi_de_ton_p_reEliabar, qui avait bien compris mes envies pour le swap littérature jeunesse, m'a envoyé ce roman pour ados.

    Une jeune fille grandit au milieu de ses frères et soeurs, sous la coupe de son père. Pour lui, seul compte la parole de l'Eglise, celle de Dieu, de la religion catholique et rien ne doit contrecarrer cette croyance. Son père n'explique rien, il affirme, il punit, il interdit. Il n'éduque pas, il dresse. Sa femme se tait car Fabien le petit dernier (le seul à avoir un prénom) n'est pas comme les autres, sa maladie le rattrape.

    J'ai été très surprise et très touchée par les mots mis dans la bouche de cette petite fille qui à défaut d'aimer son père, le craint. Marie-SabineMarie-Sabine Roger décrit parfaitement le travail de destruction d'un père sur ses enfants, à cause de son intégrisme, de sa bêtise. L'éducation n'est pas et ne sera jamais la peur de quelque chose. L'explication, l'amour, la tendresse sont irremplaçables. Tout ce que ce père réussit est à détourner ses enfants de cette religion si importante pour lui, et de lui-même. Par quoi est passé cette gamine pour penser
    "quel est ce Dieu de foudre et de colère, qui aime aussi peu ses enfants ? Il me fait peur. Je n'en veux pas. La foi, entre les mains d'un homme comme toi, c'est une arme de poing"?

    Un roman pour ados à ne pas manquer, pour combattre l'intégrisme sous toutes ses formes...

    Bonne lecture!

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Posté par goelen à 01:08 - Littérature jeunesse - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juin 2008

Un peu de folklore japonais...

SHIGERU MIZUKI, NONNONBÂ, Éditions Cornélius, 420 pages, 2006. Traduit par Patrick Honnoré. Genre : un peu de tout ce qu'on aime de la culture japonaise.

 J'étais passée à côté au moment de sa sortie mais comme je ne résiste pas aux romans graphiques japonais dans le sens de lecture original, je l'ai emprunté à ma bibliothèque.

    NonnonbaNonnonbâ est une petite vieille qui vivote grâce à la solidarité et à la charité des gens. Elle se lie avec un petit garçon nommé Shigeru qui vit entre ses deux parents et ses deux frères dans le Japon des années 30 : une mère fière de ses origines, un père irresponsable mais attachant, un grand frère qui s'intéresse aux filles et un petit frère qui n'y prête pas encore attention. La vie de Shigeru s'écoule au rythme de l'école qu'il n'aime pas trop, au jeu de la guerre qui le passionne avec ses amis, aux histoires de Nonnonbâ qui connaît le folklore comme personne d'autres et à ses rencontres avec les Yokai, petits êtres maléfiques et les tanukis beaucoup plus pacifiques.

    Cette bande-dessinée nous fait naviguer dans l'univers de Myazaki, de Takahata (Pompoko) et du Japon des années 30 embrouillé dans ses incompatibilités avec le reste du monde. Forcément, j'ai aimé et j'ai passé un très bon moment avec Shigeru qui grandit petit à petit en apprenant que la vie n'est pas toujours ce que l'on attend. Ces personnages sont très attachants dans leurs faiblesses et leur richesse. A découvrir si vous aimez l'univers dont je viens de vous parler.

    Bonnes bulles!

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Posté par goelen à 19:30 - Bande-dessinée - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2008

Une jolie initiation...

JOSE CARLOS LLOP, LE RAPPORT STEIN, Éditions Jacqueline Chambon, 101 pages, 2008. Genre : une sorte de "Grand Meaulnes".

   le_rapport_stein C'est Hélène qui m'a donné envie de lire ce court roman, après avoir lu son billet ici. Ses conseils sont toujours judicieux, laissez-vous tenter.

    Le héros de cette histoire, dont on apprend le nom Pablo Ridersa assez tardivement, est un jeune garçon qui fréquente une institution de jésuites. Il se plie sans mal aux contraintes hiérarchiques, à la loi du clan, et excelle en histoire. Il vit chez ses grands-parents et ignore pourquoi. Un nouvel élève fait son entrée au milieu de l'année, Guillermo Stein.  Il est singulier, différent et  un mystère plane autour de lui. Il n'en faut pas plus pour que les autres élèves le rejettent malgré la fascination. Sauf Pablo. Peut-être.

     J'ai bien aimé ce court roman qui en quelques pages seulement nous plonge dans l'atmosphère de l'Espagne des années 60. Pablo est un héros attachant qui raconte son histoire en répétant ses mots de nombreuses fois. Cela n'est pas gênant au contraire, on suit mieux les réflexions de ce jeune homme et son évolution petit à petit vers le monde des adultes. Une jolie découverte chez une éditrice que je ne connaissais pas. Ignorance réparée.

    Bonne lecture !

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Posté par goelen à 14:05 - Roman - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2008

Vous reprendriez bien un peu d'humour grinçant ?

COLIN THIBERT, TIREZ SUR L'AMBULANCE, Éditions Thierry Magnier, 190 pages, 2008. Genre : de l'ironie et rien que de l'ironie.

     tirez_sur_l_ambulanceJe dois cette découverte à Clarabel. Impossible de passer à côté vu ce qu'elle en disait.

    Voici dix nouvelles pour nous faire rire de tout ou presque. Ça grince, ça ironise, l'humour noir est bel et bien là pour nous montrer nos sacrés gros défauts. Reconnaîtrez-vous les vôtres chez ses riches qui trouvent leur vieille voisine un peu trop égoïste, chez ses chiens qui n'ont pas la reconnaissance qu'ils méritent, ces gens qui ne savent pas quoi faire de leur chat mort et j'en passe.

    Colin Thibert n'épargne personne dans ces dix nouvelles très agréables à lire, qui m'ont fait beaucoup rire, et quelquefois jaune. Cet éditeur réussit encore à me plaire et cette collection de nouvelles est vraiment à parcourir. Des pépites s'y trouvent dont celle-ci !

    Bonne lecture !

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Posté par goelen à 18:40 - Littérature jeunesse - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2008

Opération masse critique...

A qui le tour ???




                                                                                   image001

Posté par goelen à 23:32 - Autre - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2008

Un autre Da Vinci Code ?

VÉRONIQUE ROY, MUSÉUM, Le livre de poche, 410 pages, 2008. Genre : des meurtres dans un musée.

     museumPourquoi on pense au Da Vinci Code ? Parce qu'il y a une jeune femme et professeur américain, parce qu'il y a plein de meurtre, parce qu'on réfléchit au conflit science/religion. Sauf qu'on peut reprocher ce qu'on veut à Dan Brown (pour ma part, j'ai bien aimé) mais au moins on a envie d'aller jusqu'au bout et il sait nous tenir en haleine. Pas là.

    Une météorite atterrie du côté de St Cast-le-guildo (pas loin de chez moi) et on appelle un professeur américain pour y voir de plus près. Le voilà rendu au muséum d'histoire naturelle de Paris, entouré de scientifiques plus ou moins mystérieux (les clichés sont bien là). L'un deux meurt, puis un autre, et encore un autre. Pourquoi ?

    Vous l'avez sans doute remarqué, je ne suis pas très enthousiaste et c'est un euphémisme. Rien ne m'a plu dans ce polar, qui n'en est pas vraiment un d'ailleurs. L'héroïne est tout à fait niaise alors qu'elle est censée être sur-diplômée, le tueur trop facile à trouver et les meurtres un peu ridicules. Mais ce qui m'a profondément énervée, c'est la façon dont le narrateur veut prendre le lecteur par la main pour l'emmener là où il faut. Sauf que je ne suis pas idiote et je sais comment faire. Et je n'aime pas du tout être prise pour une imbécile. Et puis un polar doit faire angoisser le lecteur un minimum, ce qui n'est pas le cas ici. Je m'y suis beaucoup ennuyée.

    Vous pouvez passer votre chemin.

Posté par goelen à 21:40 - Polar - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2008

"Un couple discordant"

FREDERIK PEETERS, PILULES BLEUES, Atrabile, 190 pages, 2001. Genre : comment vivre qu'on est séropositif ?

     pilules_bleuesMon frère m'a conseillé depuis longtemps de lire cette bande dessinée. Il était temps que je m'y mette, il avait raison, comme souvent quand il s'agit de bd.

    Fred revient sur sa rencontre avec Cati, ce qui l'a fait craquer dès le début. Elle est prise, lui non. Plus tard, le hasard les remet l'un en face de l'autre, Cati avec un enfant sous le bras, divorcée. Séropositif. Son fils aussi. L'amour est là, Fred et Cati foncent mais pour quoi ?

    J'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour qui se construit malgré la séropositivité de Cati et de son fils. On suit les interrogations, les peurs, les doutes, la colère aussi de ces deux personnages. On se doute que l'auteur raconte ce qu'il a vécu. Il parle de ce que souvent l'on tait au sujet de cette maladie. Quelle sexualité est possible pour les séropositifs ? Comment cela se vit au quotidien ? Frederik Peeters nous emmène dans ce cheminement sans larmes inutiles, sans pathos ridicule mais avec douceur, justesse et beaucoup de tendresse. Leur histoire d'amour est magnifique, pas à cause de la maladie mais malgré elle. Une jolie façon de dire qu'être séropositif n'empêche de vire et d'être heureux, tout simplement, malgré les difficultés.

    Bonnes bulles!

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22 mai 2008

Encore sous le charme...

MAÏSSA BEY, AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA MER, L'aube poche, 152 pages, 2007. Genre : une histoire d'amour en Algérie.

   au_commencement__tait_la_mer
Béatrix m'a offert ce roman dans le swap Afrilire, concocté par Bladelor. J'avais repéré l'auteur depuis longtemps et avait envie de découvrir sa plume que l'on dit très belle.

 

    Depuis la mort de son père, Nadia vit avec sa mère et ses frères et soeurs, Fériel la petite qui a encore pas mal de liberté, Salim son petit frère espiègle et Djamel le deuxième qui s'éloigne et s'isole de plus en plus de la famille. Nadia rencontre Karim. Que se passe-t-il ? Pourquoi lui fait-il cet effet-là ? Mais peut-on vivre une histoire d'amour à dix-huit ans, dans sa ville qui vit des heures particulières entre la haine, la colère et la mort.

 

    L'écriture de Maïssa Bey est sobre, saisissante, poétique. En peu de mots, elle dit tout. L'avenir de Nadia se joue devant le lecteur, impuissant face à l'inévitable. Je suis sous le charme de l'héroïne, de l'auteur et j'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour qui tourne mal. Une chose est sure, l'univers de Maïssa Bey est pour moi et je vais lire petit à petit ces autres romans.

 

    Bonne lecture!

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Posté par goelen à 21:19 - Roman - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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