03 juin 2008
Un peu de folklore japonais...
SHIGERU MIZUKI, NONNONBÂ, Éditions Cornélius, 420 pages, 2006. Traduit par Patrick Honnoré. Genre : un peu de tout ce qu'on aime de la culture japonaise.
J'étais passée à côté au moment de sa sortie mais comme je ne résiste pas aux romans graphiques japonais dans le sens de lecture original, je l'ai emprunté à ma bibliothèque.
Nonnonbâ est une petite vieille qui vivote grâce à la solidarité et à la charité des gens. Elle se lie avec un petit garçon nommé Shigeru qui vit entre ses deux parents et ses deux frères dans le Japon des années 30 : une mère fière de ses origines, un père irresponsable mais attachant, un grand frère qui s'intéresse aux filles et un petit frère qui n'y prête pas encore attention. La vie de Shigeru s'écoule au rythme de l'école qu'il n'aime pas trop, au jeu de la guerre qui le passionne avec ses amis, aux histoires de Nonnonbâ qui connaît le folklore comme personne d'autres et à ses rencontres avec les Yokai, petits êtres maléfiques et les tanukis beaucoup plus pacifiques.
Cette bande-dessinée nous fait naviguer dans l'univers de Myazaki, de Takahata (Pompoko) et du Japon des années 30 embrouillé dans ses incompatibilités avec le reste du monde. Forcément, j'ai aimé et j'ai passé un très bon moment avec Shigeru qui grandit petit à petit en apprenant que la vie n'est pas toujours ce que l'on attend. Ces personnages sont très attachants dans leurs faiblesses et leur richesse. A découvrir si vous aimez l'univers dont je viens de vous parler.
Bonnes bulles!
02 juin 2008
Une jolie initiation...
JOSE CARLOS LLOP, LE RAPPORT STEIN, Éditions Jacqueline Chambon, 101 pages, 2008. Genre : une sorte de "Grand Meaulnes".
C'est Hélène qui m'a donné envie de lire ce court roman, après avoir lu son billet ici. Ses conseils sont toujours judicieux, laissez-vous tenter.
Le héros de cette histoire, dont on apprend le nom Pablo Ridersa assez tardivement, est un jeune garçon qui fréquente une institution de jésuites. Il se plie sans mal aux contraintes hiérarchiques, à la loi du clan, et excelle en histoire. Il vit chez ses grands-parents et ignore pourquoi. Un nouvel élève fait son entrée au milieu de l'année, Guillermo Stein. Il est singulier, différent et un mystère plane autour de lui. Il n'en faut pas plus pour que les autres élèves le rejettent malgré la fascination. Sauf Pablo. Peut-être.
J'ai bien aimé ce court roman qui en quelques pages seulement nous plonge dans l'atmosphère de l'Espagne des années 60. Pablo est un héros attachant qui raconte son histoire en répétant ses mots de nombreuses fois. Cela n'est pas gênant au contraire, on suit mieux les réflexions de ce jeune homme et son évolution petit à petit vers le monde des adultes. Une jolie découverte chez une éditrice que je ne connaissais pas. Ignorance réparée.
Bonne lecture !
29 mai 2008
Vous reprendriez bien un peu d'humour grinçant ?
COLIN THIBERT, TIREZ SUR L'AMBULANCE, Éditions Thierry Magnier, 190 pages, 2008. Genre : de l'ironie et rien que de l'ironie.
Je dois cette découverte à Clarabel. Impossible de passer à côté vu ce qu'elle en disait.
Voici dix nouvelles pour nous faire rire de tout ou presque. Ça grince, ça ironise, l'humour noir est bel et bien là pour nous montrer nos sacrés gros défauts. Reconnaîtrez-vous les vôtres chez ses riches qui trouvent leur vieille voisine un peu trop égoïste, chez ses chiens qui n'ont pas la reconnaissance qu'ils méritent, ces gens qui ne savent pas quoi faire de leur chat mort et j'en passe.
Colin Thibert n'épargne personne dans ces dix nouvelles très agréables à lire, qui m'ont fait beaucoup rire, et quelquefois jaune. Cet éditeur réussit encore à me plaire et cette collection de nouvelles est vraiment à parcourir. Des pépites s'y trouvent dont celle-ci !
Bonne lecture !
28 mai 2008
Opération masse critique...
A qui le tour ???
27 mai 2008
Un autre Da Vinci Code ?
VÉRONIQUE ROY, MUSÉUM, Le livre de poche, 410 pages, 2008. Genre : des meurtres dans un musée.
Pourquoi on pense au Da Vinci Code ? Parce qu'il y a une jeune femme et professeur américain, parce qu'il y a plein de meurtre, parce qu'on réfléchit au conflit science/religion. Sauf qu'on peut reprocher ce qu'on veut à Dan Brown (pour ma part, j'ai bien aimé) mais au moins on a envie d'aller jusqu'au bout et il sait nous tenir en haleine. Pas là.
Une météorite atterrie du côté de St Cast-le-guildo (pas loin de chez moi) et on appelle un professeur américain pour y voir de plus près. Le voilà rendu au muséum d'histoire naturelle de Paris, entouré de scientifiques plus ou moins mystérieux (les clichés sont bien là). L'un deux meurt, puis un autre, et encore un autre. Pourquoi ?
Vous l'avez sans doute remarqué, je ne suis pas très enthousiaste et c'est un euphémisme. Rien ne m'a plu dans ce polar, qui n'en est pas vraiment un d'ailleurs. L'héroïne est tout à fait niaise alors qu'elle est censée être sur-diplômée, le tueur trop facile à trouver et les meurtres un peu ridicules. Mais ce qui m'a profondément énervée, c'est la façon dont le narrateur veut prendre le lecteur par la main pour l'emmener là où il faut. Sauf que je ne suis pas idiote et je sais comment faire. Et je n'aime pas du tout être prise pour une imbécile. Et puis un polar doit faire angoisser le lecteur un minimum, ce qui n'est pas le cas ici. Je m'y suis beaucoup ennuyée.
Vous pouvez passer votre chemin.
24 mai 2008
"Un couple discordant"
FREDERIK PEETERS, PILULES BLEUES, Atrabile, 190 pages, 2001. Genre : comment vivre qu'on est séropositif ?
Mon frère m'a conseillé depuis longtemps de lire cette bande dessinée. Il était temps que je m'y mette, il avait raison, comme souvent quand il s'agit de bd.
Fred revient sur sa rencontre avec Cati, ce qui l'a fait craquer dès le début. Elle est prise, lui non. Plus tard, le hasard les remet l'un en face de l'autre, Cati avec un enfant sous le bras, divorcée. Séropositif. Son fils aussi. L'amour est là, Fred et Cati foncent mais pour quoi ?
J'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour qui se construit malgré la séropositivité de Cati et de son fils. On suit les interrogations, les peurs, les doutes, la colère aussi de ces deux personnages. On se doute que l'auteur raconte ce qu'il a vécu. Il parle de ce que souvent l'on tait au sujet de cette maladie. Quelle sexualité est possible pour les séropositifs ? Comment cela se vit au quotidien ? Frederik Peeters nous emmène dans ce cheminement sans larmes inutiles, sans pathos ridicule mais avec douceur, justesse et beaucoup de tendresse. Leur histoire d'amour est magnifique, pas à cause de la maladie mais malgré elle. Une jolie façon de dire qu'être séropositif n'empêche de vire et d'être heureux, tout simplement, malgré les difficultés.
Bonnes bulles!
22 mai 2008
Encore sous le charme...
MAÏSSA BEY, AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA MER, L'aube poche, 152 pages, 2007. Genre : une histoire d'amour en Algérie.
Béatrix m'a offert ce roman dans le swap Afrilire, concocté par Bladelor. J'avais repéré l'auteur depuis longtemps et avait envie de découvrir sa plume que l'on dit très belle.
Depuis la mort de son père, Nadia vit avec sa mère et ses frères et soeurs, Fériel la petite qui a encore pas mal de liberté, Salim son petit frère espiègle et Djamel le deuxième qui s'éloigne et s'isole de plus en plus de la famille. Nadia rencontre Karim. Que se passe-t-il ? Pourquoi lui fait-il cet effet-là ? Mais peut-on vivre une histoire d'amour à dix-huit ans, dans sa ville qui vit des heures particulières entre la haine, la colère et la mort.
L'écriture de Maïssa Bey est sobre, saisissante, poétique. En peu de mots, elle dit tout. L'avenir de Nadia se joue devant le lecteur, impuissant face à l'inévitable. Je suis sous le charme de l'héroïne, de l'auteur et j'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour qui tourne mal. Une chose est sure, l'univers de Maïssa Bey est pour moi et je vais lire petit à petit ces autres romans.
Bonne lecture!
21 mai 2008
Un autre Tolliver...
KARIN SLAUGHTER, INDÉLÉBILE, Le livre de poche, 535 pages, 2008. Traduit par Paul Thoreau. Genre : la solution est dans le passé.
Voici venu le temps de vous parler de la sélection du mois de mai du prix polar du livre de poche. Karin Slaughter a créé deux personnages, un médecin légiste nommée Sara Linton, et le chef de la police Jeffrey Tolliver. "Indélébile" est leur quatrième aventure. Année 2008 oblige, le livre de poche nous fait lire le dernier mais j'aurai bien aimé commencé par le début de leurs aventures, surtout que des allusions aux précédentes sont fréquentes (surtout pour comprendre l'état dans lequel se trouve Lena, une des inspectrices). Mauvais départ donc.
Sara Linton se rend au poste de police pour le travail mais aussi pour parler à son ex-mari, Jeffrey Tolliver, avec qui les relations sont un peu houleuses alors qu'ils s'aiment quand même (non, ce n'est pas un roman à l'eau de rose, promis). Deux jeunes hommes débarquent et font un carnage dans le commissariat tout en prenant en otage les survivants (avec des enfants bien sûr, pour bien faire pleurer le lecteur). La raison ? Il faut remonter dans le passé, précisément au moment où Jeffrey a présenté Sara à ses amis d'enfance qu'il n'avait pas revu depuis 6 ans. Un meurtre et un cadavre viennent compliquer les présentations.
Autant, je trouve que la partie sur leur passé commun est plutôt bien faite, autant la prise d'otage m'a agacée avec tous les clichés du genre : la présence d'enfants pour bien attendrir les chaumières, la négociatrice insensible, l'infirmière courageuse à l'excès, l'inspectrice à peine remise d'un traumatisme et j'en passe. Finalement, l'auteur aurait pu se passer de cet épisode même si je sais que c'est son point de départ pour nous raconter le passé de ces héros. Etait-ce vraiment nécessaire ? Je ne crois pas ou alors avec un petit peu moins de convention. Ceci dit, Karin Slaughter se lit bien et je me suis laissée happée par tout ce qui concernait Sara et Jeffrey quelques années auparavant.
Je sens que je vais encore voter à défaut ce mois-ci car je viens de commencer "Museum", la seconde sélection du mois, et le style m'insupporte. Espérons que le mois prochain soit meilleur car, pour l'instant, avec un abandon et plusieurs déceptions, ce n'est pas vraiment ça.
Bonne lecture !![]()
20 mai 2008
"Le Dieu du manga"...
OSAMU TEZUKA, MW, Éditions Tonkam, 3 tomes de 200 pages environ, 2004. Traduit par Jacques Lalloz. Genre : la science prime-t-elle toujours sur tout ?
Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de manga. Celui-ci traînait sur mes étagères, oublié alors qu'il a été écrit et dessiné par celui qui est considéré au Japon comme "le Dieu du manga". Vaste programme !
Michio Yuki est un simple employé de banque qui cache soigneusement sa face sombre. Criminel endurci et convaincu, il est lié au père Garai (à qui il se confesse après chaque méfait) à cause d'une histoire vieille de 15 ans. Que s'est-il passé sur cette île où ils se sont connus. Pourquoi Yuki est-il si cruel et en même temps si fascinant ? Quel est son but ?
MW se lit très vite car Tezuka sait distillé les ingrédients petit à petit pour nous tenir bien accroché. C'est un manga très réussi qui brasse plusieurs thèmes : les pouvoirs destructeurs que la science peut avoir quand elle est mal utilisée, le rôle du prêtre et de la confession (doit-il toujours respecté son serment ou doit-il l'enfreindre dans des circonstances exceptionnelles ?), la fascination que certains criminels exercent sur les autres... Tout y est et le bonus, c'est qu'on n'est pas obligé d'attendre pour avoir la suite car il n'y a que trois tomes (et ça fait du bien de se dire que l'auteur sait s'arrêter...). Je vous le recommande fortement !
Bonnes bulles!
19 mai 2008
Polar quand tu nous tiens...
MEYER LEVIN, CRIME, Phébus, 387 pages, 1956. Traduit par Magdeleine Paz en 1996. Genre : tout est dans le titre.
Je lis beaucoup de polar par goût en ce moment. J'ai toujours adoré les histoires policières mais j'en lisais très peu. Oubli réparé. J'avais repéré ce titre il y a très longtemps et j'ai enfin pu le découvrir.
Sid est un jeune étudiant qui travaille dans un journal et rêve de devenir un grand reporter. Une histoire d'un enlèvement d'un très jeune garçon met la ville en émoi et se transforme en scoop quand notre apprenti reporter reconnaît le jeune Paulie à la morgue alors que tout le monde le croit encore en vie.
L'intérêt de cet intrigue, basée sur des faits réels daté des années 20 à Chicago, n'est pas dans la découverte des suspects (nous savons qui sait dès le début) mais plutôt dans la conduite de l'enquête, le rôle des journalistes, la personnalité des deux criminels et la peinture de la société de l'époque. Surtout sur son intolérance et sa bêtise quand le crime est imputé, comme si ça coulait de source, à un inverti. Vous savez, ce "joli" mot qui désignait les homosexuels à l'époque. Un peu irritant mais il faut remettre les choses dans leur contexte. J'ai apprécié le déroulement de l'histoire, le développement de la psychologie des personnages qui s'enferme dans leur idée du crime parfait et le rôle du reporter. Mais j'y ai quand même trouvé des longueurs qui m'ont donné envie plusieurs de passer à autre chose. Je ne regrette pas d'être allée au bout mais ce fut long.
J'ai bien envie de lire "de sang froid" qui, je crois, est un peu dans le même genre...
Bonne lecture!![]()
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