13 avril 2008
Un premier roman...
JODI COMPTON, LA 37ÈME HEURE, Le livre de poche, 346 pages, 2008. Traduit par Jean Esch. Genre : un disparu pas comme les autres.
Voici un des deux polars sélectionnés du mois d'avril pour le prix polar du livre de poche. Il s'agit du premier essai littéraire publié de l'auteur.
Sarah Pribek, inspecteur à la brigade des personnes disparues, jongle entre son boulot très prenant, Shiloh son mari depuis deux mois, un flic qui parait insensible aux yeux de tous (sauf à ceux de sa femme), et Geneviève, son ancienne coéquipière complètement dévastée par l'assassinat de sa fille. Au retour d'un voyage à Minneapolis, Sarah ne s'inquiète pas de l'absence de Shiloh. Il est censé être à Quantico pour suivre un stage afin d'entrer au FBI. Mais un coup de fil du centre de formation la fait paniquer, Shiloh ne s'est jamais présenté.
Ce premier roman est plutôt bien écrit et les quelques maladresses ou incompréhensions n'enlèvent pas le plaisir de la lecture. J'ai apprécié de voir un flic, habitué à gérer les disparitions, devoir s'appliquer sa méthode de travail à soi. Et voir surgir tout à un tas de questions auxquelles elle n'a pas la réponse. On s'attache très vite à Sarah et on se demande qui peut bien être réellement Shiloh, qui ne laisse pas les autres percer ses secrets. Même si, et c'est mon bémol pour ce polar, j'ai eu un peu de mal à comprendre ses motivations et surtout à gérer la chronologie. Quelquefois, certains faits ont l'air de s'être passé des années avant et quelquefois on a l'impression que c'était quelques mois voire quelques semaines avant seulement. Malgré tout, c'est un bon polar (à ne pas lire si vous voulez vous faire peur) avec un inspecteur à la hauteur qui devrait devenir un personnage récurrent.
Bon polar !![]()
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11 avril 2008
Pour ne pas dormir...
FRANCK THILLIEZ, LA CHAMBRE DES MORTS, Le Passage, 312 pages, 2005. Genre : un crime atroce tient la police en haleine.
J'avais envie de lire ce polar depuis qu'il a été adapté au cinéma par Alfred Lot avec Mélanie Laurent (j'aime beaucoup cette actrice), Eric Caravaca et Gilles Lellouche. N'aimant pas voir le film avant de lire le roman, j'ai patienté à la bibliothèque pour qu'il se libère et du coup j'ai raté le film au cinéma (vive les dvd!).
Lucie est un jeune brigadier qui aimerait avoir plus de responsabilités dans son boulot et se reposer un peu plus. Maman de jumelles de quelques mois, elle n'a pas beaucoup de temps pour dormir. Elle se retrouve, grâce à l'insistance d'un collègue, à donner un coup de main en pleine période de Noël, dans une affaire assez atroce. Une petite fille disparue est retrouvée morte dans une position particulière (rien de sexuel, je vous rassure) et une autre disparaît à son tour. D'un autre côté, Vigo et Sylvain deux informaticiens au chômage qui peinent à trouver du travail, renverse sans le vouloir un homme en pleine nuit, possédant une valise avec deux millions d'euros. Ils se décident, mais était-ce la bonne décision ?
Franck Thilliez sait maintenir son lecteur dans une attente impatiente. Il alterne les chapitres pour nous faire suivre Lucie puis les deux chômeurs. Ses personnages sont pleins de failles, de doutes, se révèlent autre que ce qu'ils paraissent quand tout se complique. Lucie est un personnage très ambiguë, qui aime se faire peur et ne lit que des livres en rapport avec la criminologie et les plus horribles meurtriers de l'histoire. Elle cache quelques secrets que le lecteur aimerait bien découvrir et révèlent toutes ses compétences au fur et à mesure. J'ai suivi avec plaisir son cheminement et la résolution de cette affaire, glauque et effrayante... Je lirai d'autres romans de Franck Thilliez.
Bonne lecture !
18 mars 2008
Trauma...tisant
JEFF ABBOTT, TRAUMA, Le Livre de Poche, 504 pages, 2008. Traduit par Fabrice Pointeau. Genre : polar haletant !!
C'est ma deuxième lecture de mars pour le prix polar du livre de poche. Plus qu'un (la treizième marche qui s'annonce très moyen) et j'aurai rempli mon boulot pour pouvoir voter.
Miles Kendrick a changé de vie, aidé par le service de protection des témoins du FBI, suite à une fusillade dans laquelle son meilleur ami a trouvé la mort. Il fait parti de ceux qui sont victimes du syndrome de stress post-traumatique et suit une thérapie auprès d'Allison Vance pour s'en sortir. Mais celle-ci meurt quelques heures après l'avoir appelé à l'aide. Se sentant coupable, Miles se lance sans réfléchir dans une enquête pour comprendre ce qui s'est passé et rendre justice à Allison. C'est sans compter sans un homme qui cherche à l'éliminer. Mais pourquoi ?
J'ai commencé ce roman samedi soir vers minuit et demi, ayant besoin de lire quelques minutes pour m'endormir. Ratage totale. J'ai refermé le livre deux heures plus tard pour être raisonnable et ne plus gêner mon amoureux par la lumière... Je l'ai repris au lever (n'en pouvant plus d'attendre) et l'ai terminer dans la journée. Cela m'arrive rarement, surtout avec un roman qui ait autant de page. Mais Jeff Abott (très malin cet auteur) a construit son histoire de telle façon qu'à la fin d'un chapitre, on ne peut s'empêcher d'aller lire le suivant. Vous savez ce procédé qu'on appelle "cliffhanger". Le livre en est plein. J'ai complètement été prise par l'aventure de ce personnage, culpabilisé jusqu'au bout des ongles, qui espère que mener cette enquête à bien lui permettra de se pardonner (je n'en dirai pas plus sur ce qu'il veut oublier). Il n'y a aucun temps morts et le lecteur, comme Miles, n'a pas le temps de respirer avant la dernière page. Tous les ingrédients sont réunis : des personnages ambigus, des personnages traumatisés qui doivent lutter contre leur peur, des personnages capables de tout, un contre la montre entre Miles et ceux qui cherchent à le tuer, des rebondissements, des explications données au compte goutte tout au long de l'histoire et une fin inattendue. Jeff Abbott mène cette histoire à toute allure et avec talent. Il est considéré par Harlan Coben et Michael Connelly par un des maîtres du genre. J'ai hâte de découvrir ses deux autres romans, Panique et Faux-semblants qui vient de paraître au "Cherche-midi". Un auteur à suivre!!
15 mars 2008
Une histoire de cicatrices...
GILLIAN FLYNN, SUR MA PEAU, Le livre de Poche, 379 pages, 2008. Traduit par Christine Barbaste. Genre : enquêtes sur la disparition de petites filles.
Voici la première sélection pour le prix polar du livre de poche du mois de mars. Avec Choupynette, on espérait un meilleur choix que février un peu décevant, et ça démarre plutôt bien avec celui-ci.
Camille Preaker est une jeune journaliste sans grand talent mais adorée par son chef, Curry. C'est une femme angoissée, blessée qui ne s'est jamais remise des relations conflictuelles et étouffantes avec sa mère et de la mort de sa soeur quand elle avait 13 ans. Pour survivre à ça, son moyen de défense a été de s'automutiler pendant des années en gravant les mots du quotidien ou du sentiment sur sa peau. Alors quand elle apprend qu'elle doit retourner dans la ville où elle a grandit pour couvrir une affaire. La peur revient. Une petite fille morte, retrouvée édentée, et une autre disparue met la ville de Wind Gap en émoi. Camille lutte contre elle-même et ses souvenirs pour affronter sa mère, son ancienne ville, ses anciennes amies, son enfance sacrifiée.
Le moins qu'on puisse dire c'est que l'atmosphère de ce polar est très oppressante et angoissante car le narrateur n'est autre que Camille et qu'on suit son parcours chaotique et destructeur. Mais le suspens est haletant je trouve et les personnages qui composent cette petite ville sont fascinants par leur méchanceté, leur bêtise, leur naïveté ou leur souffrance. Toujours des nons-dits, des secrets bien cachés, et l'envie qui fait des ravages dans cette petite ville censée être bien tranquille. Comme toutes les villes américaines, non ? Un premier roman très réussi sur la violence quotidienne. A découvrir !!
09 mars 2008
Un polar anglais...
CHARLES DICKENS ET WILKIE COLLINS, VOIE SANS ISSUE, L'aube, 270 pages, 1867 (pour le texte original). Traduit par Madame Judith de la Comédie-Française. Genre : une sorte de polar.
Franchement , il y avait de quoi saliver. Deux maîtres de la littérature anglaise qui s'associent, un polar entre la Suisse et l'Angleterre, une usurpation d'identité, et tout ça au 19ème siècle (période que j'adore). Mais je n'ai pas du tout accroché. Je l'ai finit hier soir (il se lit très vite malgré tout) et je ne me souviens pas de grand chose, à peine des noms des deux personnages principaux, Georges Vendale et Obenrizer. J'ai trouvé ça un peu décousu (sûrement parce que mon esprit n'a cessé de vagabonder pendant la lecture en pensant à la prochaine, vous avouerez que c'est mauvais signe) et je n'ai pas compris les liens qui s'établissait entre la première histoire et la suite. Bon, évidemment, on comprend à la fin mais je ne suis pas convaincue. Tant pis pour ce premier essai de ces deux auteurs que je voulais découvrir. Cela ne m'empêchera pas de voir ce qu'ils ont fait chacun de leur côté car ce sont quand même deux grands auteurs...
La lecture de ce livre met un point final à mon challenge de printemps, brillamment terminé (je m'envoie quelques fleurs c'est vrai mais qui le fera sinon ?). Je suis contente car depuis début janvier, j'ai lu une quarantaine de livres et bd et j'ai réussi mes deux challenges personnels. Je ne m'en redonne pas pour l'instant car j'ai envie d'y aller tranquillement après cette frénésie de lecture. Et puis, de toute façon, entre les livres pour le prix polar du livre de poche, les emprunts et mes envies, j'ai de quoi tenir longtemps sans trop me poser de question...
07 mars 2008
Un roman noir, très noir...
DAVID LE BRETON, MORT SUR LA ROUTE, Métailié noir, 270 pages, 2007. Genre : un roman très noir sur la vie des squats.
David Le Breton est un éminent sociologue et anthropologue, qui a beaucoup travaillé sur l'adolescence et le corps. Il a utilisé ses recherches et en a fait d'autres pour écrire son premier roman, paru l'an dernier.
On suit plusieurs personnages tout au long du roman qui sont amenés à partager un moment de leur vie. Laure et Olivier ont fui tous les deux leurs maisons et la souffrance pour être enfin libre et ne plus supporter l'horreur au quotidien. Ils vivotent comme ils peuvent au gré des rencontres et vont de squats en squats pour avoir un toit au-dessus de leur tête. Malgré la violence qui y règne et l'objet sexuel que devient Laure pour Tape et ses sbires, d'autres occupants de celui où ils ont élu domicile pour un petit moment. Thomas, un homme en pleine dérive qui a vu de nombreuses atrocités de guerre, se retrouve dans ce squat après que deux hommes l'agressent et le laissent dans une rue. Il est aidé par Laure et Olivier qui l'emmène au squat pour le "réparer" un peu. Il découvre alors cette réalité qui fait froid dans le dos. D'autant que Leila, une de leurs copines a disparu il y a quelques jours. Rod, son copain s'enfonce de tristesse. Et tout le monde s'en fiche car qui ça peut bien intéresser la disparition d'une fugueuse de 16 ans ? Et si Laure disparaît à son tour, c'est pas un peu suspect ?
Je suis encore sous le choc de cette lecture. Une chose est sûre, elle est à mettre dans les mains de ces ados qui idéalisent le squat (j'en ai vu dans un reportage) pour leur faire changer d'avis à jamais. La réalité est plus que dure dans ces lieux. C'est chacun pour soi, la violence y est constante que ce soit en mots ou en paroles, et la drogue circule sans fin pour adoucir (en tous cas, c'est ce qu'ils s'imaginent) leur quotidien. Mais la violence, ils la connaissent puisqu'ils l'ont vécu depuis tout petit : inceste, coups, viols, insultes... J'ai jamais autant souffert, en lisant un livre, pour les personnages, me révoltant contre ce qu'on leur a fait subir et ce qu'ils vivent encore aujourd'hui. L'histoire est une fiction mais l'auteur s'est tellement documenté que tout ce qui est décrit est arrivé ou peut arriver. Ça fait froid dans le dos. Mais je ne voudrais pas que tout ce que je viens de dire vous empêche de lire ce roman. Car il est très bien écrit, l'auteur prend le temps de nous faire comprendre ce qui a amené ces différents personnages là où ils en sont, leur psychologie (comme on dit) est bien développée et du coup, on s'attache très vite à tous ces cassés de la vie. Et puis, ça reste un vrai roman noir avec ce qui faut de suspens pour nous faire tourner les pages.
Et David Le Breton m'a donné envie d'en savoir plus sur ses écrits donc je m'intéresserai sûrement à ses essais. A découvrir !!
Lu pour mon challenge de printemps
05 mars 2008
Ah Indridason...
ARNALDUR INDRIDASON, LA VOIX, Points, 401 pages, 2008. Genre : un brillant polar (j'assume mon inconditionnalité à Arnaldur). Traduit par Eric Boury (merci!!).
J'ai attendu un an que ce roman sorte en poche pour le lire. Je me demande encore comment j'ai réussi à attendre si longtemps et, surtout, si j'arriverai à attendre encore un an pour lire le dernier Indridason qui vient de sortir, L'homme du lac.
Un homme qui fait le père Noël dans un grand hôtel de la capitale islandaise (et portier le reste de l'année) est retrouvé mort dans le cagibi qui lui servait de chambre depuis vingt ans. Erlendur et son équipe, Elinborg et Sigurdur Oli, sont appelés sur les lieux pour résoudre l'affaire. Mais en pleine période de Noël, avec un directeur qui s'inquiète de la réputation de son établissement et l'indifférence générale des autres employés qui disent ne pas connaître ce portier, cela va être bien difficile. Surtout qu'Erlendur se débat toujours avec ses problèmes personnels (la mort de son frère et sa fille, ancienne toxicomane qui se bat pour ne pas replonger).
Arnaldur Indridason a encore bien réussi son coup. Je n'ai pas réussi à lâcher ce polar (comme les deux autres d'ailleurs). Indridason sait parfaitement alterner les temps de l'enquête, les temps sur les personnages qui font qu'on s'attache, qu'on ne peut pas ne pas tourner la page pour en savoir plus. Je suis définitivement conquise par cet auteur islandais et je ne manquerai pas de lire tout ce qu'il écrira. Car voilà, Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli me manquent déjà. Ça se soigne docteur ???
Lu pour mon challenge de printemps
03 mars 2008
Le retour des oiseaux...
WILLIAM BAYER, PÈLERIN, Rivages/noir, 388 pages, 2007 pour la retraduction française, 1981 pour la version originale. Traduit par Gérard de Chergé. Genre : la peur de l'oiseau est toujours là...
J'avais repéré ce livre en écoutant ma libraire préférée le conseiller à de nombreux clients. Jamais mon oreille dans la poche dans ces cas-là, j'ai profité du swap noir c'est noir pour le glisser dans ma liste de mes envies de découverte. Et Anjelica me l'a gentiment envoyé.
Pam Barrett est journaliste sportive dans une chaîne de télé locale à New-York. Elle vient juste d'apprendre que sa place est menacée quand elle assiste à une scène horrible. Une jeune femme sur une patinoire extérieure se fait attaquer par un gigantesque oiseau, sans raison aucune. Elle meurt, égorgée par l'oiseau. Flairant le scoop et mue par un réflexe, elle se précipite vers des touristes japonais qui ont filmé toute la scène. Elle tient l'histoire de sa vie et son ascension commence. sauf qu'elle va commencer à recevoir d'étranges missives signées Pèlerin. Du nom de l'oiseau, identifié par un ornithologue, un faucon pèlerin femelle avec une taille anormalement grande. Qui commande l'oiseau ? Pourquoi ? Jusqu'où iront les journalistes de la chaîne pour faire monter le buzz ? Pourquoi l'auteur de ces attaques s'adressent à Pam Barrett ? Autant de questions auxquelles les différents personnages de l'histoire (outre ceux déjà cités, on peut rajouter un duo de flics, un fauconnier, le directeur de la chaîne...) devront répondre.
J'ai dévoré ce livre. J'ai tout de suite été happée par l'histoire et la tension qui monte crescendo. On pense aux "Oiseaux" d'Hitchcock mais William Bayer balaie la filiation d'un revers de la main. Non pas parce que le parallèle le gêne (Hitchcock quand même) mais parce que son point de départ est différent. Son polar à lui est plutôt dans la critique du dressage intempestif des animaux et des dérives auxquelles on peut assister. La folie des hommes (de certains en tous cas) est pointée du doigt évidemment sans jamais oublier l'intrigue et l'évolution de l'enquête. Je me suis attachée à Pam Barrett qui se débat entre ses envies de reconnaissance et son éthique journalistique (ainsi que ses ennuis personnels) et à ce flic désagréable Janek, cassé par son métier, qui veut protéger la ville et surtout Pam. Un seul bémol à ce polar que j'ai beaucoup aimé : la fin, non pas parce qu'elle est mauvaise mais parce que ce qu'elle implique me fait peur (entre le "non, c'est pas possible" et le "oui, mais si c'était possible de faire ça"). Cette dernière phrase est sibylline, je sais mais je ne peux en dévoiler plus pour ceux qui voudrait lire ce polar que je recommande malgré tout car William Bayer écrit (merci au traducteur) très bien et on a du mal à faire des pauses entre les chapitres car on veut connaître la suite très vite. A lire!!
Merci encore à Anjelica pour me l'avoir envoyé (un vrai sans faute sur ce colis)
Lu pour mon challenge de printemps
26 février 2008
2ème polar du livre de poche
ARNAUD DELALANDE, LE PIEGE DE DANTE, Le livre de poche, 534 pages, 2008. Genre : un thriller politique à Venise au 18ème siècle.
Ma mission de jurée
pour ce mois de février est terminée. J'ai voté entre les deux livres, un peu à défaut c'est vrai. Je devrais recevoir les trois livres du mois de mars cette semaine. J'espère qu'ils me plairont plus.
Un meurtre atroce vient d'être commis dans un théâtre à Venise. Marcello Torretone, comédien, est retrouvé crucifié avec des vers (de la poésie bien sûr) sur la poitrine. Pour mener l'enquête, le doge de Venise autorise Emilio Vindicati à sortir de prison Pietro Viravolta, dit "l'orchidée noire", aventurier séducteur, ami de Casanova. Il part à la rencontre des personnages semblant impliqués et un autre meurtre est commis, tout aussi affreux. Et là, le début de la vérité se fait jour. Les vers retrouvés sur chaque corps ou à côtés proviennent de la Divine comédie de Dante et les meurtres reproduisent les neufs cercles des enfers. Deux ont déjà eu lieu, il en reste sept à déjouer. Le temps presse et Venise bascule.
Racontée comme ça, l'histoire donne envie de plonger à deux pieds dedans. Et honnêtement, l'intrigue ne déçoit pas, si ce n'est le dénouement auquel on s'attend. Pietro Viravolta est un héros séducteur, intelligent, bagarreur et doué, les autres ont tous des caractères bien établis. Et Venise est bien là, toujours envoûtante. Mais quelques longueurs se font sentir et le début démarre lentement. On sent que l'auteur est passionné par cette ville et veut nous la faire aimer. Mais certaines descriptions nuisent au rythme et certains personnages sont développés au-delà de l'utile. j'avoue que quelquefois mon esprit a vagabondé un peu loin de l'histoire le temps que l'intrigue et l'action reviennent. Un avis positif tout de même mais pas complètement convaincue...
Lu pour mon challenge de printemps et pour le jury du livre de poche
25 février 2008
Un polar pas comme les autres...
DONALD WESTLAKE, JIMMY THE KID, Rivages noir, 230 pages, 2005 (pour la version poche française. Traduction : Patrick Floersheim. Genre : un kidnapping peut-il être parfait ?
Ce polar m'a été offert par Anjelica dans le Swap noir c'est noir (merci encore). Je voulais découvrir cet auteur dont j'avais entendu du bien et comme il est édité chez Rivages noir, il n'y avait pas d'hésitation à avoir car il y a rarement des fautes de goûts chez eux.
Petite précision, j'ai décidé de préciser maintenant le nom du traducteur car ils sont pour beaucoup dans le fait d'aimer un livre ou pas. Je n'aurai pas dû les oublier si longtemps.
Dortmunder est un voleur de petite envergure qui ne brille pas dans sa discipline. Il est entouré d'autres "bras cassés" comme lui, dont Andy Kelp qu'il accuse de toujours faire foirer. Il arrive avec une nouvelle idée sortie tout droit de l'imagination d'un auteur, Richard Stark (l'autre nom sous lequel écrit Donald Westlake). Dans un de ces livres, il décrit le kidnapping parfait, sans blessés, sans être arrêtés. Obnubilé par cette histoire, Kelp veut la reproduire mot pour mot avec l'équipe habituelle. Puisqu'elle a marché dans le livre, elle marchera forcément dans la vie si la méthode est appliquée à la lettre. Sauf que la vie c'est pas un roman et que des paramètres extérieurs entrent en jeu, comme la personnalité du kidnappé, Jimmy Harrington.
Vous l'aurez compris, rien ne se passe comme prévu. Pour notre plus grand bonheur d'ailleurs car Donald Westlake nous livre un certain nombre de scènes cocasses dans lesquelles cette belle bande de loosers devient attachante. On rit de leur maladresse, l'intelligence du gamin impressionne et on espère que tout ce petit monde va s'en sortir sans encombre. A découvrir ! Je me mets de suite à la recherche d'autres polars de Westlake à ma bibliothèque municipale préférée (par défaut car je n'ai pas le choix, il n'y en a qu'une).
Lu pour mon challenge de printemps qui a pris un peu de retard pendant cette pause mais je ne désespère pas.


