de livres en livres

" Lire, comme respirer, est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

14 février 2008

Un soupçon de Bonnie and Clyde...

HERVE JAOUEN, LA MARIÉE ROUGE, Engrenage, 185 pages, 1979. Genre : un couple de provocateurs part en cavale.

   mari_e_rouge Je suis tombée sur ce livre par hasard sur un étal d'un bouquiniste juste après en avoir entendu parler par Yvon/Eireann lors de la rencontre des bloggeurs à Rennes. J'ai réussi à m'en emparer avant de me le faire chiper par Yvon qui adore ce bouquin (ouf, en plus il est épuisé à priori).
    Didier et Camille sont dans café et se lient avec trois gros bras du coin. Marie et Jean-Pierre se préparent à leur mariage qui a lieu dans la journée. Ganne, sous-directeur d'une banque, espère que sa milice (avec un autre nom car c'est illégal) va pouvoir fonctionner car il aime les armes et taper sur la gueule (excusez le langage mais c'est celui employé par le personnage) des "voyous" comme il dit. Tous ses personnages vont se croiser à un moment ou à un autre, pour le pire et tout ça dans un bon bain de violence et de sexe.
    En lisant ce livre, j'ai vraiment penser à Bonnie et Clyde ou Sailor et Lula, ces couples qui, pour vivre leur amour ou trouver leur liberté, deviennent des criminels plus ou moins violents et inhumains. Ici, Didier et Camille sont deux provocateurs qui vont un peu perdre le contrôle des choses et découvrir finalement l'autre, plus barré que ce qu'ils s'étaient imaginé. Les autres personnages sont ce qu'on appelle des dommages collatéraux. Certaines scènes sont à la limite de l'insoutenable dans les descriptions, notamment celle avec les mariés. La violence gratuite, sans raison si ce n'est pour combler son ennui (oui, je sais, moi non plus je ne comprends pas ce concept) est particulièrement bien dépeinte. Hervé Jaouen nous montre les dérapages inouïs de gens qui ne savent pas quoi faire du temps qu'il leur reste. Triste à pleurer, on s'insurge contre les méthodes, on tremble quand ils croisent de potentiels victimes (choisies au hasard évidemment). Cette Mariée rouge est donc un très bon polar mais faut s'accrocher à la lecture (on se demande même si on est pas un peu voyeuriste de continuer vu ce qu'il se passe, personnellement j'avais plutôt envie de voir les personnages s'en sortir sans trop de casse).
A lire mais peut-être pas avant de dormir...
Bons frissons !

Livre lu pour mon challenge de printemps

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Posté par goelen à 10:41 - Polar - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Le prix polar du livre de poche...

PATRICIA MACDONALD, LA FILLE SANS VISAGE, Le livre de poche, 347 pages, 2007. Genre : une sombre histoire de famille.

  fille_sans_visage  Voici la première lecture de février consacré au prix polar du livre de poche. Une autre viendra avant le 29 février. Ne connaissant pas Patricia Macdonald, je partais avec un à priori positif, d'autant que la quatrième de couverture était alléchante.
    Le docteur Avery est accusé du meurtre de sa femme. Il est condamné à la prison et obtient au bout de 15 une libération sur parole. Seule sa fille et le médecin de la prison le croit innocent et le soutiennent. Ses deux fils lui ont tourné le dos il y a longtemps. Une famille déchirée qui doit faire face à un nouveau meurtre.
    Ce livre a été une vraie déception. Sur un sujet aussi commun (il y a quand même beaucoup de films et de livres avec le même point de départ), aucune originalité ne vient rompre les clichés du genre. Autant le dire, je n'ai vraiment pas aimé. Le seul point positif, c'est que cette histoire se lit très vite mais ne cherchez pas de suspens (en tout cas, je ne l'ai pas vu). Je n'ai jamais tremblé en lisant ce thriller. Et j'ai même été très agacé par bon nombre de personnages.  Surtout l'héroïne que je ne trouve pas cohérente dans ses sentiments.  Elle crie trop, elle pleure trop, bref une hystérique qui a des allures d'ados de temps en temps (elle est censée avoir la trentaine) et qui comprend tout d'un coup alors qu'à la page d'avant elle était paumée. Le frère, Patrick, est buté et le reste devant l'évidence (pas très crédible tout ça), l'autre frère, Jimmy, montre tout de suite qu'il n'a pas tout dit. Quand au coupable, on le trouve peut-être pas dès le début mais on a compris bien avant la fin. Je suis rarement catégorique sur un livre mais j'ai vraiment eu l'impression d'être devant un mauvais téléfilm. bref, cette lecture n'est pas essentielle et peut être évitée. En plus, je n'ai pas bien compris le rapport avec le titre. Un autre polar de l'auteur se trouve dans ma bibliothèque (je ne sais plus comment). Je le lirai pour voir si c'est juste cette histoire ou le style de l'auteur qui ne me convient pas.
Bonne lecture (mais sur un autre livre) !!

Livre lu dans le cadre de mon challenge de printemps

Posté par goelen à 09:45 - Polar - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2008

Du noir bien corsé...

MO HAYDER, TOKYO, Pocket, 2005, 469 pages. Genre :  un thriller haletant.

     tokyoTokyo est un livre qui a eu pas mal de succès auprès des lecteurs et quelques prix par-ci par-là. J'ai eu envie de le lire suite à un dossier paru dans Lire sur les auteurs de polars à découvrir. Qui pourrait croire que derrière le joli minois de la blonde anglaise fourmille autant d'idée pour faire trembler son lecteur ?
    Grey débarque à Tokyo sans rien en poche, juste pour rencontrer celui qu'elle cherche depuis neuf années. Celui qui pourra lui parler de ce qui c'est passé à Nankin en 1937 (la capitale chinoise de l'époque). Elle est mal reçue, en tout cas pas comme elle l'aurait souhaité et ne s'imagine pas les conséquences inattendues et dangereuses de cette rencontre. Elle rencontre Jason qui lui offre une maison, un boulot (enfin si on veut car être hôtesse chez Strawberry réserve bien des surprises) et quelques questions de plus auxquelles elle aimerait trouver des réponses. Elle aussi elle cache des choses. Comme tout le monde... Enfin presque...
    Voici en quelques mots comment résumer ce livre. Tout y est : l'écriture simple et ultra efficace, des personnages ambigus et un Tokyo noir.
Mo Hayder alterne deux récits, celui de Grey et celui qui a vécu Nankin en 1937. Les deux vont crescendo jusqu'au dernier souffle de la dernière page. On ne peut pas s'arrêter de lire même si l'horreur gonfle au fur et à mesure des pages et que la lecture en devient parfois insoutenable. Des indices sur le fin mot de cette histoire sont distillés tout au long des 63 chapitres. L'indicible se forme dans votre tête mais non ça ne peut pas être ça. Soit vous êtes pile dedans et vous avez du mal à croire à tant de violence, de moeurs particulières voire inavouables comme les secrets de chaque personnage. Soit vous n'y êtes pas du tout et la fin vous réserve la plus horrifiante des surprises. Quoi qu'il en soit, ce thriller est à lire, mais peut-être pas avant d'aller se coucher sous peine de voir des êtres étranges débarqués dans vos rêves sans y avoir été invités.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Petit_nom_de_la_rose3

Bonne frayeur ...

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Posté par goelen à 17:08 - Polar - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

Tonino Benacquista...

TONINO BENACQUISTA, TROIS CARRES ROUGES SUR FOND NOIR, Folio, 213 pages, 1990. Genre : roman noir entre billard et galeries d'art.

   trois_carr_s_rouges_sur_fond_noir Ce qu'il y a de bien avec Tonino Benacquista, c'est qu'on n'est jamais déçu. Quel que soit l'univers de son roman, le thème choisi, j'accroche immédiatement et je dévore.
    Antoine travaille comme accrocheur dans une galerie d'art (vous savez, ceux qui mettent les tableaux et les sculptures dans le bon sens, enfin normalement...). A la fin de sa journée de labeur, à 18h pétantes, il rejoint l'académie et ses copains toujours présents pour s'adonner à sa passion : le billard. Un jour, il se fait agresser à la galerie par un inconnu qui cherche à détruire une toile et cela va tout changer dans sa vie, de A à Z.
    Encore une fois, Benacquista réussit son pari. Ce roman noir est très réussi et, pour moi qui n'y connaît pas grand chose à part l'émotion que ça suscite ou pas, j'ai adoré découvrir le monde des galeries d'art et de la peinture. Le parallèle avec le monde du crime est plutôt bien trouvé et le personnage d'Antoine, malchanceux, est à mille lieux du cliché, ce qui fait du bien. Grâce à une discussion avec un libraire, j'ai compris plus précisément ce qui me plaisait chez cet auteur. Il écrit de façon très cinématographique (normal pour un scénariste me direz-vous) et les scènes du livre prennent forme très facilement dans ma tête. Reste à savoir quel acteur pourrait jouer le rôle d'Antoine.
Bonne lecture!

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Posté par goelen à 20:36 - Polar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2007

Un petit boulot...

IAIN LEVISON, UN PETIT BOULOT, Liana Levi piccolo, 211 pages, 2002. Genre : roman noir et plein d'humour.

                        un_petit_boulotJake Skowran a tout perdu le jour où l’usine dans laquelle il travaillait a fermé ses portes. Sans travail et sans argent, il perd sa petite amie et sa télé. Il n’y a plus de boulot dans cette ville et les temps sont durs. Jake Skowran est prêt à tout accepter pour ne pas se perdre totalement. Un bookmaker mafieux à qui il doit de l’argent, Ken Gardocki, lui propose un petit arrangement. Et c’est la fin des ennuis… Ou le début, qui sait ?
    Ce premier roman de Iain Levison est une vraie réussite. Noir et loufoque à souhait son portrait de l’Amérique des laissés-pour-compte sonne diablement juste. On assiste à la lutte de Skowran qui, pour garder sa dignité, est prêt à beaucoup de sacrifices. Un roman jubilatoire dont la lecture finit par poser au lecteur un petit doute sui s’insinue dangereusement : et moi qu’aurais-je fait à sa place ?
    Un premier roman à ne pas rater et un auteur à suivre de près. En janvier est d’ailleurs sorti son second roman Une canaille et demie.
Bon polar!
vaut_le_d_tour

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01 février 2007

Indridason...

   

ARNALDUR INDRIDASON : LA FEMME EN VERT, 347 pages, Points policier, 2001. Genre : excellent polar islandais.


    C’est ma grande révélation polar de l’année (oui je sais, on est en février mais jusqu’à maintenant en tout cas, c’est vrai). Arnaldur Indridason a l’art de nous emmener dans des enquêtes qu’on n’a pas envie de lâcher (je me suis couchée à deux heures du mat’ pour le finir hier).
    Ula_femme_en_vertn os humain est retrouvé sur un chantier dans un quartier de Reykjavik. Erlendur et toute son équipe sont chargés d’élucider ce mystère pendant que la fille du commissaire est entre la vie et la mort. Et au milieu de tout ça, l’auteur nous raconte l’histoire sordide et violent d’une jeune femme dont on ne sait rien, et surtout pas ce qu’elle fait dans l’histoire.
    Indridason nous tient jusqu’au bout avec cette enquête bien ficelée et solide. Et puis, je ne résiste ni au charme glacial de l’Islande ni à l’humanité d’Erlendur, sur lequel on en apprend un peu plus (ainsi que sur ses deux acolytes Elinborg et Sigurdur Oli). J’attends avec impatience de lire son dernier roman   qui vient de sortir chez Métailié.
    Bon polar !
absolument___lire

Posté par goelen à 18:28 - Polar - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 décembre 2006

Un polar islandais...

   

                                la_cit__des_jarresÀ la découverte du polar islandais. Un vrai hasard la lecture de ce roman. Je cherchais juste à lire un auteur islandais pour préparer une émission de radio. Indridason est un auteur à suivre en tout cas car ce premier roman est plein de promesses.
    Erlendur, vieil inspecteur usé par la vie, sa famille et les enquêtes, se retrouve avec un meurtre sur les bras et la disparition surprenante d’une jeune mariée. Rien de très original me direz-vous sauf que l’écriture et la personnalité d’Erlendur font toute la différence. Un vieux bonhomme qui se sent mal et ne sait plus comment gérer ses enfants. Un homme touchant somme toute (rien à voir avec un super héros) qui résout les enquêtes avec ses tripes.
    Une bonne découverte et un auteur à suivre pour les amateurs de polars.
    Bonne lecture...

Posté par goelen à 22:36 - Polar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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