de livres en livres

" Lire, comme respirer, est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

09 avril 2008

Le deuil, encore, toujours...

KATE O'RIORDAN, LE GARÇON DANS LA LUNE, Éditions Joëlle Losfeld, 274 pages, 2008. Traduit par Florence Lévy-Paoloni. Genre : comment surmonter le deuil de son enfant ?

     le_gar_on_dans_la_luneJe continue encore dans mes lectures thématiques (et ce n'est pas fini) et j'avoue que c'est un peu éprouvant tout ça. Mais ça vaut le coup car je découvre de bons auteurs et des histoires bien écrites.

    Julia et Brian, mariés depuis dix ans et parents d'un petit garçon Sam de sept ans, sont englués dans la routine qui met à mal leur couple. C'est Noël, ils vivent à Londres et doivent rejoindre la famille de Brian en Irlande. Lors d'un arrêt chez Edward, le frère de Brian, un terrible drame survient. Chacun essaie de survivre mais l'un sans l'autre. Le couple se sépare et vit le deuil différemment. Brian s'enfonce dans la solitude et Julia éprouve le besoin d'être en Irlande, là où le drame a eu lieu, chez le père de Brian, cet homme peu bavard, habitué à l'obéissance, qui n'inspire pas les mêmes sentiments à ses enfants. Julia se plie aux règles et cherche à comprendre la disparition de son fils, l'attitude de son mari, son beau-père. Les secrets sont nombreux et toujours aussi destructeurs.

    A sa sortie, j'ai été tout de suite attirée par le titre et la couverture de ce livre. J'ai donc profité de la proposition de le faire voyager pour le découvrir. L'écriture de l'auteur est toute en sensibilité et en pudeur. On suit les parcours différents et chaotiques de ces personnages, qui cherchent une raison, un moyen de revivre ou plutôt de survivre. Je me suis très vite attachée à ce couple et j'ai aimé suivre leur cheminement, et le rendu de l'impuissance de leur entourage qui ne sait pas quoi faire pour les aider.  Hésitation entre compréhension et dureté, entre les  laisser vivre jusqu'au bout leur deuil quitte à les détruire ou leur ouvrir les yeux.

     J'ai très envie de lire d'autres romans de cet auteur et les éditions Joëlle Losfeld ont la bonne idée d'en avoir traduit d'autres (mais rien d'étonnant pour une maison d'éditions aux excellentes idées de toute façon).

    Merci à Cathulu de l'avoir fait voyager et à Elfe de me l'avoir fait parvenir !

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04 avril 2008

Il a bon dos le hasard...

VALÉRIE BORONAD, LES CONSTELLATIONS DU HASARD, Belfond, 184 pages, 2008. Genre : rencontres littéraires avec Paul Auster.

     les_constellations_du_hasardClarabel m'avait prévenue. Pas besoin de connaître tout Paul Auster pour lire ce roman. Il est le prétexte à l'histoire.

    Luc Kervalec, jeune écrivain et fan incontesté de Paul Auster, débarque à New-York dans l'espoir de rencontrer son idole, de lui faire lire son manuscrit pour que le grand monsieur consente à l'aider à se faire publier. Mais à peine arrivé, logé chez un vieillard grâce à un ami, il se fait voler son manuscrit et sombre dans le désespoir. Seul son propriétaire, Alejandro Asturias, le sort de son état. Il devient les mains pour retranscrire la poésie de cet andalou et découvre la beauté de ses mots.

    Ce roman était très prometteur. J'aimai bien le principe de la rencontre entre écrivains qui permet au tout jeune de réaliser ce que signifie écrire pour lui et qui se révèle volontaire et prêt à tout pour faire ce qui lui semble juste (rien de crapuleux, je vous rassure). Sauf que le plaisir simple que j'ai pris au début a été complètement gâché par la fin. Je passe sur des invraisemblances (comme considérer des vagabonds comme des amis après seulement une rencontre) pour aller à l'essentiel. Je sais que c'est une fiction mais un minimum de crédibilité à l'histoire est nécessaire. Et là, on n'y est pas du tout. La fin est ridicule je trouve car beaucoup trop "happy end" et absolument pas crédible. Car la rencontre est improbable, le coup du chien complètement pas réaliste et j'en passe. Non pas que je doute de la gentillesse de Paul Auster mais là, l'auteur en a trop fait. C'est dommage car j'ai vraiment apprécié le début.

    Bonne lecture !

Merci à Clarabel pour le prêt...


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02 avril 2008

Lectures thématiques du moment...

LAURENCE TARDIEU, PUISQUE RIEN NE DURE, Stock, 128 pages, 2006. Genre : le deuil et la mort, c'est compatible ?

    puisque_rien_ne_dureJe continue sans vraiment l'avoir programmé mes lectures tournant autour de la mort d'un enfant, du deuil et de la reconstruction de soi. Quand j'en aurai fini (plus qu'un), je respirai avec deux ou trois romans légers (si vous avez des suggestions).

    Vincent reçoit une lettre de Geneviève. Quinze ans qu'ils n'avaient plus de contact, depuis leur séparation. Elle va mourir de suites d'une maladie et veut vivre ses derniers instants avec lui. Il se précipite, et les souvenirs de ces quinze ans, de leur vie à deux puis à trois remontent à la surface. Petit à petit, on comprend ce qui a détruit ce couple. Quinze ans après, qu'en reste-t-il ?

    Cette histoire d'un amour perdu, de deux êtres qui finalement ne se sont pas séparés tant que ça puisque quinze après elle appelle, il accourt, est très touchante. La mort n'est pas loin entre Vincent et Geneviève, les souvenirs, loin d'être tous joyeux et pourtant leurs retrouvailles sont nécessaires pour les deux et les apaisent en quelque sorte. Pour tout vous dire, je pensais être complètement bouleversée par ce récit mais il n'en est rien. Ce n'est pas dû à l'écriture de l'auteur, non mais plutôt à ma façon de lire ce roman. Je me suis mise en retrait pendant la lecture, pour ne pas trop être submergée par l'émotion. Il faut dire qu'une de mes plus grandes peurs dans la vie est de perdre celui avec qui je vis et en plus le personnage masculin de l'histoire porte le même prénom que mon amoureux dans la vie. Suffisamment pour être traumatisée par cette histoire, ce que je ne voulais pas. Je suis donc peut-être passée à côté mais ça ne m'a pas empêchée d'apprécier la lecture et l'écriture de Laurence Tardieu, le bouleversement en moins. J'ai bien aimé de pouvoir comprendre ce qui s'est passé dans la tête de ce couple 15 ans avant, le pourquoi du comment...

    Je lirai un autre roman de Laurence Tardieu pour me faire une idée plus précise de son écriture...

    Bonne lecture et merci à Incoldblog qui fait parti des bloggeurs à m'avoir donnée envie de découvrir cet auteur...   

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01 avril 2008

Au bord de la vie...

VÉRONIQUE OLMI, BORD DE MER, Actes sud, 122 pages, 2001. Genre : les souffrances dune mère peuvent aller très loin.

    bord_de_merSans trop savoir pourquoi, Véronique Olmi était un de ces auteurs qui me faisait un peu peur, comme si je savais à l'avance et sans avoir rien lu (oui, oui une psychanalyse est prévue...) que c'était pas pour moi. Allez comprendre... C'était sans compter Amanda qui a présenté deux de ces romans, l'évidence était là, il me fallait essayer.

    Une femme, dont on ignore l'identité, emmène ses deux fils, Stan et Kévin, passer quelques jours  la mer. Il faut qu'il la voit. Ils ne peuvent pas rater ça. Le voyage en car ne se passe pas comme prévu, ni l'arrivée, ni l'hôtel d'ailleurs. Rien n'a jamais l'air de se passe comme prévu dans cette famille. La souffrance est visible, l'inquiétude, la dépression, l'abandon. On sent venir la fin de l'histoire.

    Dès les premières pages, on de soute de l'issue. Mais on va au bout pour comprendre, pour avoir un début d'explication sur les raisons de tout ça. Je n'ai pas encore d'enfants mais j'ai été très touchée par cette histoire, par le combat de cette mère contre elle-même avant de baisser les bras. Je ne comprends toujours pas ce qui fait qu'on en arrive là et j'aurais aimé en savoir en plus sur ce que la mère a vécu avant. Mais Véronique Olmi occulte volontairement l'avant pour se concentrer juste sur ce moment-là. Elle le fait avec une écriture qui oscille entre résignation et révolte, l'émotion n'est jamais loin. C'est une histoire dérangeante, bouleversante mais nécessaire. Que peut l'amour contre le désespoir ?

    Bonne lecture!

Merci Amanda pour insister un peu quand je résiste...

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28 mars 2008

Le monde de l'édition est impitoyable...

MARY DOLLINGER, JOURNAL DÉSESPÉRÉ D'UN ÉCRIVAIN RATÉ, Jacques-André éditeur, 77 pages, 2007. Genre : écrivains et éditeurs se rencontrent.

    journal_d_sesp_r__d_un__crivain_rat_Bellesahi fait voyager ce petit livre et il a fait une escale chez moi après avoir été lu par Emeraude. Je ne connaissais pas la maison d'édition mais j'aime beaucoup cette collection "en attendant le bus". Le principe me plaît bien, avoir un beau texte à lire même quand on ne dispose que de quelques minutes.

    Mary, écrivain, attend qu'un éditeur veuille bien s'intéresser à son manuscrit et le publier. Un jour, elle reçoit un coup de fil prometteur, d'un éditeur charmant. Mais ce qu'il lui propose est-il vraiment ce qu'elle veut ? Cette petite histoire est entrecoupée de rencontre entre écrivains et éditeurs. Mais pas n'importe quels écrivains. Zola, Stendhal, Balzac et Maupassant, entre autres, doivent affronter les éditeurs d'aujourd'hui. Eux aussi devront se plier aux exigences ou autres bizarreries des éditeurs qui trouvent toujours quelques longueurs ou quelques incohérences (mes préférés concernent Madame Bovary).

    J'ai beaucoup aimé ce court roman. Et j'ai ri face aux conversations surréalistes qui se jouent et aux réactions de certains écrivains qui ne veulent rien négocier. Mary Dollinger nous emmène dans un monde un peu absurde et on se dit qu'on aurait peut-être pu passer à côté de certains chefs-d'oeuvre. J'espère qu'on ne passe pas côté d'autres aujourd'hui...

    A lire en attendant le bus, le métro, le train ou le poulet qui cuit au four...

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25 mars 2008

Une trilogie indescritpible...

AGOTA KRISTOF, LA TRILOGIE DES JUMEAUX, Points, 465 pages, 1991. Genre : l'histoire de jumeaux en trois volumes.

   trilogie_des_jumeaux Des bloggeuses bien connues se sont mis à trois pour me convaincre qu'il fallait absolument que je m'essaye à cette histoire si particulière. Et pour ne pas les nommer, vous pouvez retrouver leurs billets ici, ici et .
   
    Dans le premier volet Le grand cahier, on fait la connaissance des jumeaux (dont on ignore les prénoms), recueilli par leur grand-mère, une femme méchante qui ne les aime pas. Leur quotidien est fait de violence, de manques, d'insultes, d'horreurs. Le pays est en guerre et il faut apprendre à survivre. Ces jumeaux ne sont pas sympathiques même si ce qu'ils ont vécu donne des explications sur leur conduite. Ils sont à peine humanisés d'ailleurs, on ne connaît pas leur prénom, ils sont interchangeables, comme si ils étaient une seule et même personne. L'écriture d'Agota Kristof est glaciale, distante, seul le minimum de mots est utilisé. Comme si l'auteur voulait s'éloigner de ses personnages si individualistes et méchants.
   
    Dans le second volet La preuve, on ne retrouve que Claus qui est resté au village. Lucas a franchi la frontière à la fin du premier tome, pour qu'ils apprennent à vivre l'un sans l'autre. Claus pense à son frère tout le temps et se demande ce qu'il est devenu. Il s'occupe des autres, comme si cela pouvait diminuer la douleur du départ de Lucas. Il rend visite au curé tous les jours, il recueille Yasmine et son fils infirme Mathias. Il s'attache à Clara qui ne peut oublier son mari assassiné par erreur. Il se construit une vie pour survivre sans son frère. Agota Kristof utilise beaucoup le non-dit et le sous-entendu pour ne pas dire l'indicible, pour suggérer l'horreur de cette vie. mais est-ce bien réel tout ça. Claus a-t-il vraiment un frère jumeau ou a-t-il tout inventé pour mieux supporter la solitude et l'horreur de la guerre ?
    
    Enfin, dans Le troisième mensonge, Agota Kristof met le point final à cette histoire en révélant le pourquoi du comment. Je n'en dirai pas plus sur cette partie pour ne pas gâcher l'effet de surprise.


    J'ai beaucoup aimé ce roman. L'écriture d'Agota Kristof m'a impressionnée par cette froideur, cette distance qu'elle a su créer, pour ne pas juger ses personnages et ce qu'ils vivent. Je me suis un peu lassée au début du troisième volume avant de ne plus pouvoir le lâcher pour enfin comprendre cette histoire que l'auteur distille petit à petit. C'est un roman très marquant grâce à l'écriture renouvelée dans chaque volet, aux personnages très forts des jumeaux et à cette idée que ce qui paraît être vrai ne l'est peut-être pas. J'ai aimé me faire balader par l'auteur dans cet univers si particulier. Je vous en conseille vivement la découverte

    Bonne lecture !!

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19 mars 2008

Un tableau de Hopper...

PHILIPPE BESSON, L'ARRIÈRE-SAISON, Julliard, 191 pages, 2002. Genre : les histoires d'amour finissent mal en général...

     l_arri_re_saisonIl y a quelques semaines, Philippe Besson était sur tous les blogs pour ce roman ou son dernier Un homme accidentel". Toutes les critiques étant élogieuses, j'ai eu envie d'essayer, surtout qu'il avait l'air de bien savoir faire parler les femmes.

    Une femme, Louise, boit son martini chez Phillies, comme à son habitude. Ben, le serveur, est là depuis 9 ans. Ils se connaissent mais ne se parlent pas de choses importantes. Louise attend Norman, son amant qui est en train de rompre avec sa femme. L'attente est longue. Stephen rentre à la surprise des deux autres. Cinq qu'ils ne l'ont pas vu, cinq ans qu'il a quitté Louise pour Rachel, une amie.

    J'aime beaucoup l'idée de départ de ce roman, raconter l'histoire d'un tableau d'Edward Hopper ou plus précisément celle de la femme en rouge du tableau. Ça m'arrive souvent en regardant une peinture d'imaginer ce qui s'est passé avant ou après la scène que l'on voit. Philippe Besson a une écriture très agréable à lire mais, pourtant, je dois avouer (Caro ne m'en veut pas...) que je me suis un peu ennuyée. Je crois que je n'avais pas très envie de ce genre de lecture tout simplement. Le narrateur décrypte tous les gestes, les respirations, les paroles de ces personnages en donnant quelques indications au fur et à mesure sur le passé. Quelquefois, j'ai trouvé ça un peu long et puis j'ai du mal à croire à ces retrouvailles qui, malgré tout ce qui s'est passé entre eux, la façon dont ça s'est terminé, ce qui s'est passé avec Rachel, se passent plutôt bien malgré quelques piques. Je m'attendais à une autre réaction de Louise, qui me paraissait plus sanguine et plus déterminée que ça au début. Je crois que je suis passée un peu à côté mais je retenterai Besson avec un autre de ces romans (ne serait-ce que pour ne pas me fâcher avec Caro!!!)

    Bonne lecture !

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17 mars 2008

St Patrick's day...

PATRICK MCCABE, LE GARÇON BOUCHER,  10/18, 216 pages, 1998. Traduit par Edith Soonckindt-Bielok. Genre : histoire d'enfance en Irlande du nord.

    le_gar_on_boucher
Pour fêter la St Patrick's day, quelques bloggeuses  (toujours les très créatives parisiennes) nous ont proposé de lire un auteur irlandais et d'en parler aujourd'hui (elles ont aussi prévu de rendre hommage à la bière irlandaise mais je suis trop loin pour les accompagner...).

    Francie Brady grandit dans une bourgade de l'Irlande du nord. Entre son père qui se noie dans l'alcool et sa mère, très fragile et malheureuse. Il fait les 400 coups comme on dit avec son meilleur ami Joe. Il de vient le paria de la ville après de nombreuses bêtises et son acharnement à faire de la vie de Mme Nugent (une bourgeoise hautaine) un enfer. Sa violence augmente et son passif de criminel aussi.

    J'avais très envie de lire ce roman, sélectionné pour le booker prize et qui a donné un film primé. Mais je n'ai pas réussi à dépasser la page 95. Je crois que ce n'était pas la lecture qu'il me fallait ce week-end. J'ai été un peu déroutée par l'écriture. Francie est le narrateur, je vous laisse deviner le style parlé d'un enfant de 10 ans, qui ne parle pas vraiment la langue de Shakespeare. En tant normal, ça ne me dérange pas trop mais là ça m'a bloqué, d'autant que certaines scènes me donnaient envie de ne plus tourner les pages. Comme celle qui m'a fait refermer le livre. Enfermé dans une école tenue par des prêtres, Francie se retrouve à la merci d'un prêtre pédophile. Là, j'ai craqué même s'il n'y a pas de descriptions choquantes. Je n'avais pas envie de ça. Je réessaierai peut-être plus tard. En attendant, j'ai d'autres auteurs irlandais sous la main, il y aura donc un "St Patrick's day 2".

Merci Yvon pour le prêt !!

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13 mars 2008

L'apocalypse n'est pas si loin...

CORMAC MC CARTHY, LA ROUTE, Éditions de l'Olivier, 245 pages, 2008. Traduit par François Hirsch. Genre : il faut survivre.

 Annoncéla_route comme "le" roman de la rentrée 2008 (et oui, il y a deux rentrées littéraires dans l'année maintenant), deux personnes m'ont donné envie de le découvrir. Le journaliste Ali Badou et Amanda.
    L'homme et le petit (on n'en saura pas plus sur leur identité) marche sans relâche sur la route pour aller dans le sud. Ils marchent au milieu des décombres, des cendres, des objets brûlés, des cadavres, de la mort. Ils ont mis leurs affaires dans un caddie (de quoi manger, boire et se réchauffer plus ou moins) et surveillent constamment les alentours. Ils ont un révolver avec une seule balle dont on apprendra bientôt à quoi elle doit servir. Ils dorment toujours loin de la route pour ne pas être vu. Car dans ce monde en sursis, on ne sait jamais si les silhouettes aperçues au loin sont des gentils ou des méchants comme les appelle le petit. Ils veulent s'en sortir mais pour aller où, pour faire quoi ?
    J'ai plongé dans ce roman en apnée, sans pouvoir respirer pendant toutes ces pages. Le début fut difficile, une impression d'étouffer, de perdre son souffle, de ne pouvoir s'en remettre. Et puis, une légère respiration intervient qui permet de revenir à la vie et de finir le roman un peu plus proche de la surface de l'eau. Cormac Mc Carthy m'a estomaqué par la puissance de son évocation de l'apocalypse, de la transformation de l'homme dans la survie. On ne la regarde pas de loin, on est dedans, jusqu'au cou dans cette histoire jusqu'à la fin.  Et jusqu'au bout, je me suis demandé ce que je ferai dans ce cas-là. Est-ce-que je lutterai comme cet homme qui ne le fait que pour son fils qui croit encore que quelque chose de bon peut exister ? Est-ce-que j'aurais abandonner depuis longtemps ? Je ne sais pas et ne veut pas le savoir.                Peut-être qu'après ce que je viens d'en dire, vous n'aurez pas envie d'essayer cette lecture mais ne passez pas à côté de cette histoire bouleversante et de cet auteur.  C'est une claque, mais méritée. Un coup de chapeau à l'auteur bien sûr mais aussi au traducteur.
A lire absolument !!

Merci beaucoup à Amanda pour le prêt !!

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12 mars 2008

Un peu de légèreté...

JEAN-PAUL DUBOIS, VOUS PLAISANTEZ, MONSIEUR TANNER, Edition de l'Olivier, 199 pages, 2006. Genre : une histoire de travaux...

 vous_plaisantez_m_tannerAprès des lectures difficiles et oppressantes, j'ai eu envie d'un peu de légèreté. Me souvenant d'une chronique de Tamara, je me suis dit que ce livre était parfait pour combler cette envie.
    Paul Tanner est un documentaliste animalier à la vie bien tranquille. A la suite de la mort de son oncle, il hérite d'une très grande maison d'habitation, à retaper entièrement. Il se lance dans le chantier avec conviction, vendant sa maison pour financer les travaux de son nouveau chez lui. Il fait appel à des artisans quand le travail est trop important pour lui-même et demande beaucoup de professionnalisme. Seulement, les artisans coûtent très chers et souvent Paul Tanner se tourne vers des artisans qui travaillent au noir. Et là, ce n'est plus le propriétaire qui est maître du chantier. Il ne dirige plus, il subit.
    Je retiens la leçon du livre (et de ce que certaines personnes de mon entourage ont vécu). Le jour où je fais faire des travaux, je me tourne vers de vrais professionnels et je reste sur le chantier toute la journée !!! j'ai passé un moment agréable, à sourire et à rire face aux mésaventures de ce monsieur Tanner. La légèreté dont j'avais besoin était là, l'humour aussi et des portraits savoureux d'hommes qu'on n'aimerait pas toujours connaître (sauf Emile Harang).  Je retenterai de lire cet auteur avec peut-être  Une vie française ou son dernier Hommes entre eux.

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Posté par goelen à 09:31 - Roman - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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