08 mars 2008
Mon second Jane Austen...
JANE AUSTEN, RAISON ET SENTIMENTS, 10/18, 374 pages, 1982. Traduit par Jean Privat. Genre : du pur Jane Austen bien sûr.
J'avais un peu de me lancer dans un autre Jane Austen après avoir lu Orgueil et préjugés car j'avais peur d'être déçue. Mais bon, un événement indépendant de ma volonté m'a obligée à m'y contraindre (oui, oui, j'ai lutté pour ne pas succomber; ah, bon je ne suis pas crédible? Tant pis, j'aurais essayé). Stéphanie est arrivé avec son challenge Fashion's klassic list et je n'ai eu d'autres choix que de m'y soumettre.
Deux soeurs Elinor et Marianne Dashwood sont très différentes l'une de l'autre. Elinor est aussi raisonnable et réfléchie que Marianne se laisse gouverner et envahir par ses sentiments. La mort de leur père les oblige avec leur mère à quitter leur maison, sans la moindre aide de la part de leur frère, né d'un premier mariage. Elles quittent à regret (surtout Elinor qui doit s'éloigner de son cher Edward Ferrars) Norland Park pour Barton où un cousin leur loue un cottage. Marianne fait alors la connaissance de Willoughby, auquel elle ne tarde pas à s'attacher.
Comme nous sommes dans un roman de Jane Austen, les deux soeurs auront bien des épreuves à vivre, des chagrins à consoler, des stratégies à mettre en place, une contenance à garder face à leurs amours et au reste de la société. Il est toujours aussi agréable de se plonger dans l'univers austinien. Ce charme suranné de cette société anglaise avec ses codes que des jeunes filles amoureuses ont bien du mal à suivre. Ces soirées de jeux, la tradition du thé après dîner, les visites qui s'éternisent chez les amis ou la famille. Tout y est agréable si ce n'est cette manie de laisser le mot "breakfast" pour petit déjeuner dans cette version. Je ne sais pas si c'est un choix du traducteur ou si c'est la signification qui n'est pas la même mais ça m'a un peu agacée. Rien de bien grave cependant et cela ne m'a pas empêchée d'apprécier à sa juste valeur cette lecture.
Jane Austen ? Une valeur sure !!
Lu pour mon challenge de printemps et le Fashion's klassic list
04 mars 2008
Je suis en retard...
JEAN TEULÉ, JE, FRANCOIS VILLON, Julliard, 416 pages, 2006. Genre : biographie romancée de François Villon.
Je suis en retard car je devais présenter ce livre samedi pour le club de lecture des bloggueuses. Mais voilà, disponible tout le temps pendant un mois et demi, il disparaît au moment où je veux l'emprunter. Je ne me ferai plus avoir quitte à le lire trop tôt.
François Villon raconte sa vie à la première personne du singulier dans ce roman. Depuis son enfance, où il voit mourir ses parents pour des motifs fallacieux jusqu'à sa disparition en 1463, où il quitte Paris après en avoir été banni. Le moins qu'on puisse dire c'est que François n'est pas un enfant de choeur. Rien ne l'arrête pour être libre et profiter de chaque moment. Vol, meurtre, carnage, agressions. Il a tout essayé, sans plus de remords que ça. Derrière ses actes, se dessine un personnage infâme, détestable qu'on a du mal à associer à sa poésie, dont les vers sont beaux.
Jean Teulé ne cherche pas à nous faire aimer François Villon, difficile d'y arriver d'ailleurs. Il nous présente la légende Villon telle qu'elle nous ait parvenu. De nombreux éléments sont vrais, d'autres sont supposés. Car Villon c'était ça aussi. A force de se mettre en avant et de raconter tout et n'importe quoi sur lui de son vivant, on ne sait plus ce qui tient de la véracité et ce qui tient de la légende. Car finalement, tout est plausible. Tout ce que Jean Teulé raconte avec brio (car il en faut pour nous faire tourner les pages malgré toutes ses horreurs décrites) paraît pouvoir avoir été vécu par François Villon. Parce qu'il a été ignoble bien des fois. Parce qu'il appartient complètement à son époque où la vie importe peu car de toute façon on ne vit pas longtemps et qu'elle est trop misérable pour la regretter. J'ai aimé cette lecture car elle m'a replongé dans cette langue et ce monde parisien que j'ai eu l'occasion d'étudier pendant mes études pour un mémoire sur un genre théâtral. L'horreur était le quotidien de cette époque-là, la vie peu respectée. Je n'ai pas réussi à m'attacher au personnage principal (comment le pourrait-on vu son ignominie) mais j'ai apprécié en connaître un peu plus sur lui, sa vie, le lien avec sa poésie. Une lecture intéressante mais difficilement soutenable pour certains passages.
Je relirai du Jean Teulé, ça c'est sûr.
Bonne lecture!
Et pour le premier mai, la lecture du club de lecture est Pauline d'Alexandre Dumas, une bonne occasion de découvrir cet auteur...![]()
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29 février 2008
Cher Pablo Neruda...
ANTONIO SKARMETA, UNE ARDENTE PATIENCE, Points, 156 pages, 1987. Traduit par François Maspero. Genre : un hommage à Neruda et à un facteur pas comme les autres.
J'ai eu envie de lire ce livre suite au billet de Florinette et parce que je ne connais pas l'oeuvre de Pablo Neruda. Je trouvais que c'était un bon moyen de découvrir ce poète.
Mario Jimenez devient le facteur de l'Ile noire au Chili. La majorité des habitants ne sachant ni lire ni écrire, son seul "client" est le célèbre poète Pablo Neruda, qui vit dans une petite maison bleue, à deux pas de la mer. Petit à petit, le facteur apprivoise le poète et une amitié naît entre eux, commencée par une discussion sur les métaphores. Mario Jimenez est amoureux de la jolie Beatriz. Comment la séduire ? Il demande son aide au poète pour écrire et parler, il recherche sa poésie à lui en lisant l'oeuvre du maître et en discutant avec Neruda. Poésie, tendresse et mots font le sel de leur relation. Au loin mais pas si loin, Allende se fait connaître et le Chili change...
Ce livre est vraiment un bel hommage au maître Neruda, mais aussi au pouvoir des mots et au Chili, ce pays à l'histoire salie par une junte militaire sans scrupules. J'aurais aimé en connaître plus sur cette Histoire d'ailleurs avant la lecture car quelquefois, ce sont juste des allusions (sûrement compréhensibles facilement par les chiliens mais moins par les ignorants dans mon genre). L'amitié entre les deux hommes est très émouvante, Mario Jimenez est très attachant dans son immodéré pour le poète et la fin du livre est assez bouleversante. J'ai donc passé un très bon moment de lecture mais quelquefois, je perdais le fil. Manque de concentration ? Manque de connaissances pour tout comprendre ? Je ne sais pas quelle est la raison mais ça m'a un peu gênée. En tous cas, j'ai très envie de lire des poèmes de Pablo Neruda après avoir découvert une facette de l'homme au prix nobel.
Lu pour mon challenge de printemps
12 février 2008
Autre livre voyageur...
NICOLAS CAUCHY, LA VÉRITABLE HISTOIRE DE MON PÈRE, Robert Laffont, 171 pages, 2007. Genre : un homme commet l'irréparable.
J'ai pu découvrir ce roman grâce au livre-voyageur de Caroline. Il commence comme ça :
"Alors vous êtes au milieu des gens qui ne savent pas, qui sont à mille lieues de savoir, parce que apparemment rien n'a changé. Et c'est vrai. Rien n'a changé. Tout est pareil sauf une chose : vous avez commis l'irréparable"
Simon tue sa fille. Et s'enfuit en volant la voiture d'amis. Pourquoi ? Que s'est-il passé pour en arriver à cette extrémité ? Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler le contenu de l'histoire. Il s'agit d'un road-movie avec quelques retours en arrière pour savoir comment on en est arrivé là.
Une chose est sûre, le personnage principal est répugnant par ce qu'il a fait. Cet acte incompréhensible, le narrateur nous le décortique pour l'expliquer sans pour autant le justifier. Nicolas Cauchy est un auteur terriblement efficace pour nous faire tourner les pages de cette histoire atroce. Le "vous" est employé. Donc sans le vouloir, le lecteur est interpellé par le narrateur et on s'accroche. On lit jusqu'au bout même si le dégoût monte petit à petit envers ce père infanticide. Et pour citer une autre belle plume, Amanda Meyre c'est "un livre que l'on peut très bien détester avec avidité ou bien aimer avec répulsion! ". Je l'ai aimé avec répulsion et je ne comprendrais jamais comment on peut tuer son enfant, même si je ne suis pas encore mère. A lire !!
Bonne lecture...
07 février 2008
Enfin lu !!!!!
MICHELE LESBRE, LE CANAPÉ ROUGE, Sabine Wespieser, 149 pages, 2007. Genre : souvenirs de femmes.
Cela fait quelque mois maintenant que j'attendais de lire ce court roman, depuis que Tiphaine (merci encore pour la suggestion) m'en avait parlé en septembre je crois. Seulement, il y avait un tel engouement autour de ce livre qu'il n'était jamais disponible à la bibliothèque, un peu comme le rapport de Brodeck, que je désespère de pouvoir un jour lire...
Anne, une femme d'une quarantaine d'années, prend le transsibérien pour rejoindre un homme qu'elle a aimé il y a vingt ans dont elle n'a plus de nouvelles. C'est l'occasion pour elle de faire des rencontres dans le train, dans le village mais aussi de se souvenir. Et surtout de penser à Clémence Barrot, la vieille dame de son immeuble avec qui elle s'entend si bien. Elle vient lui faire la lecture régulièrement et lui parler de femmes à l'histoire incroyable, des combattantes, des femmes avides de liberté. Une complicité est né, elle parle de tout et se raconte l'une à l'autre.
J'ai été sous le charme de cette histoire qui se déroule doucement, lentement. Les souvenirs qui reviennent, les impressions de voyage, les relations amoureuses qu'on ne peut oublier, l'amitié et bien d'autres choses encore. Michèle Lesbre a réussi deux beaux portraits de femme, peintes par petites touches, par étapes. C'est un joli roman à découvrir (mais vous l'avez probablement déjà tous lu vu ma rapidité involontaire à le lire). J'irai lire autre chose d'elle comme La petite trotteuse par exemple...
Bonne lecture !!
06 février 2008
Un oiseau blanc dans le blizzard...
LAURA KASISCHKE, UN OISEAU BLANC DANS LE BLIZZARD, Bourgois éditeur, 321 pages, 2000. Genre : une mère disparaît, sa famille vit.
Encore un livre que j'ai découvert sur les blogs. Je crois que c'est chez Gachucha que je l'ai d'abord vu et qui m'a tout de suite donné envie de le lire.
Kat, seize ans, vit avec sa mère, maniaque et parfaite, et son père, homme simple à la limite de l'ennui, dans une banlieue américaine propre et calme. Sans vie donc. Un jour, sa mère disparaît. Elle n'emmène rien et se contentera d'appeler son mari le lendemain pour dire qu'elle ne reviendra pas. La grand-mère de Kat avait déjà fait ça en son temps, pour refaire sa vie. Kat est soulagée, se pose des questions, mais respire enfin d'être libérée de cette mère trop présente, trop parfaite avec des défauts que personne ne semble voir. Elle poursuit sa vie, tranquillement, et se remémore son enfance. Elle se sent bien maintenant, presque heureuse, si ce n'est ces cauchemars sur sa mère qui viennent la hanter.
Je l'avoue, j'ai eu du mal à accrocher au début de cette histoire à l'ambiance. L'auteur écrit de façon très froide, pour ne pas dire glaciale, les bouleversements (pour peu qu'il y en ait) qui se produisent dans cette famille où la mère disparaît sans prévenir. Tellement froid qu'on a du mal à y croire. Les réactions de Kat et de son père qui gardent leur calme en toute circonstance et ne semblent pas affecter plus que ça (à part sur la question de qui fera le ménage maintenant) me paraissaient incohérente avec le contexte. Et puis en remontant les souvenirs de Kat, cette mère n'apparaît pas si parfaite que ça, on se prend à se dire que "Ouf, elle est partie" avec Kat. Mais un malaise s'installe, les cauchemars, les séances chez le psy, la relation de Kat avec son petit ami Phil qui change d'un seul coup. Quelque chose ne va pas. Oui mais quoi ? En fait, la force de Laura Kasischke est de nous amener petit à petit, souvenir après souvenir, à comprendre ce qui s'est passé, quelque chose qu'on imagine pas du tout au début du roman. Mais il m'a fallu de la patience car plusieurs fois, j'ai eu envie de passer à autre chose car la froideur des réactions me gênaient. Pas vraiment envie d'arrêter l'histoire car ça se lit très bien, mais y revenir plus tard. Je suis contente d'avoir persévérer pour connaître la fin. J'essaierai un autre roman de cet auteur, en espérant que le style ne soit pas si glacial...
Bonne lecture !
Lu dans le cadre de mon petit challenge perso, ce qui fait que j'en suis venue à bout et avec 3 jours d'avance !!!
04 février 2008
Une grande histoire...
CARLOS RUIZ ZAFON, L'OMBRE DU VENT, Le livre de poche, 637 pages, 2006. Genre : une histoire de livre qui change votre vie.
Ce livre m'a été offert à Noël 2006 par ma tante. La quatrième de couverture m'a tout de suite plu mais je me suis aussi imaginé que la lecture serait compliqué. Donc je le laissais sagement attendre que le moment où je me sente prête à le lire arrive. Si j'avais su, je n'aurais pas attendu aussi longtemps...
Daniel Sempere a 10 ans. Il vit au milieu des livres que son père vend dans sa librairie. Un jour il l'emmène dans un endroit où il lui fait promettre de ne révéler sa place à personne. Il s'agit du Cimetière des livres oubliés. Là, il a le droit de choisir un livre, de l'emmener et de le garder. Il tombe par hasard sur L'ombre du vent de Julian Carax. Il le lit d'une traite et ne peut détacher ses pensées de cette histoire, de cet auteur mystérieux dont tous les livres ont disparus, brûlés par un mystérieux personnage. Daniel mène l'enquête, elle durera 10 ans avant d'avoir le fin mot de l'histoire.
Ce roman est magnifique. Je l'ai dévoré en trois jours, et encore je me suis retenue pour ne pas le finir trop vite. L'histoire de Daniel est celle d'un garçon qui se découvre, découvre le monde, grandit, apprend. Un apprentissage au milieu des livres et d'une Barcelone envoûtante et mystérieuse. On a envie de la visiter derrière ces pas et découvrir à notre tour ces lieux, ces gens qui l'ont fait grandir (d'ailleurs un livre était sorti l'année dernière pour visiter les lieux où se passait ce roman). Il y a une multitude de personnages secondaires qui prennent un rôle important sans qu'on s'y attende. On frémit avec Daniel à chaque fois qu'il apprend quelque chose de nouveau sur Carax, à chaque fois que sa route croise celle de Fumero (le nombre de fois où j'ai voulu fermer ce livre pour tuer symboliquement cet odieux personnage...), à chaque fois que sa vie sentimentale se complique...
Vous l'aurez compris, ce roman se dévore sans attendre. Je le relirai. N'hésitez pas, c'est un bonheur de lecture !!! Savez-vous si l'auteur en a écrit d'autres ?
Bonne lecture...
Lu dans le cadre de mon petit challenge perso et du Nom de la rose
01 février 2008
Et si on allait Chez moi ?
AGNES DESARTHE, MANGEZ-MOI, Editions de l'Olivier, 308 pages, 2006. Genre : la vie d'un petit resto et de sa propriétaire si particulière.
Depuis sa sortie, je m'étais bien dit que je le lirai à la moindre occasion. Alors quand Gambadou m'a proposé de me le prêter, j'ai tout de suite dit oui (merci beaucoup pour le prêt !).
Myriam met en route son projet d'ouvrir un petit restaurant de quartier pour se remettre en selle. Elle travaille sans compter et vit sur place car elle n'a pas les moyens d'assurer un autre loyer. Les débuts sont difficiles mais on peut compter sur les habitués du quartier pour faire démarrer l'affaire. Notamment sur le fleuriste qui vient prendre son petit café tous les matins en espérant peut-être autre chose. Et puis Ben déboule, le serveur parfait officiellement étudiant surdoué, qu'Hannah et Simone, deux lycéennes venant tous les midis, lui ont présenté. Au fur et à mesure, qu'elle nous raconte son quotidien, Myriam fait ressurgir des souvenirs et laisse deviner des blessures qui ont encore des conséquences. Qu'elles sont-elles ?
Si vous êtes comme moi, le résumé vous donne envie de vous précipiter sur ce roman pour le goûter. Je dois dire que j'ai eu du mal à lire les soixante premières pages. Les débuts du restaurant sont agréables à lire mais les digressions, même si on sent qu'elles sont très importantes pour la suite, me semblent souvent lourdes. Mais comme je n'aime pas me fier à ma première impression, j'ai continué et je l'ai terminé le lendemain. J'ai lu la suite d'une traite. Et pourtant je suis déçue. Très déçue même car je trouve que les personnages, à part Myriam, sont assez caricaturaux (le fleuriste amoureux, les ados qui s'écharpent pour un garçon, le serveur zéro faute qui sauve l'affaire et bien d'autres...). Du coup, je ne me suis attaché à aucun (mais à la rigueur pourquoi pas) mais bien des fois ils m'ont énervé. En fait, j'ai pas réussi à croire cette histoire qui s'annonce quand même très dur (due à la blessure intérieure de Myriam pas banale) et qui pourtant finit bien (à la dernière minute, comme si c'était une obligation). Ce roman me laisse perplexe alors j'aimerai bien avoir vos avis. Je lirai sûrement un autre livre de Desarthe (si vous avez des conseils, je suis preneuse) car son écriture est simple et se lit très bien.
Bonne lecture !
Lu dans le cadre de mon petit challenge perso![]()
30 janvier 2008
Un petit délice...
JOELLE TIANO, L'ENCHANTEUR ET ILLUSTRISSIME GÂTEAU CAFÉ-CAFÉ D'IRINA SASSON, Les mues Intervista, 146 pages, 2007. Genre : des souvenirs et de la gourmandise.
Voilà un des bienfaits de la blogosphère, la découverte de livres dont on n'a jamais entendu parler et dont il ne faut surtout pas passer à côté. Ce livre-là fait parti de ceux que je n'aurais jamais lu sans vous (j'avoue que je ne sais plus chez qui je l'ai vu en premier) alors merci !!
Irina Sasson a 101 ans. Depuis longtemps, tous les matins, elle se récite la recette de son célèbre gâteau café-café pour faire travailler sa mémoire. C'est aussi l'occasion de se remémorer sa vie, parcourue de moments où son gâteau est apparu sur la table. Son mariage, son départ vers une nouvelle ville et une nouvelle vie, sa fille, ses doutes, ses espoirs... A côté d'elle, sa petite-fille la regarde penser et se souvient elle aussi de ce qu'on lu a raconté sur cette grand-mère pas comme les autres.
Je l'ai dévoré (il est assez court pour être dégusté en peu de temps) mais en prenant le temps de bien profiter de chaque bouchée. Irina est une femme qui mérite d'être rencontrée et écoutée. On a envie qu'elle nous raconte son histoire en mangeant de son gâteau (je n'ai pas encore essayé mais je le ferai) avec un bon thé bien chaud (ça, c'était au rendez-vous). Ce livre prend son temps et il agit comme une recette. Joëlle Tiano distille ses ingrédients à elle (la douceur, la poésie de ces mots, la musique de son rythme, ces personnages très attachants...) pour nous servir un goûter qu'on n'est pas près d'oublier.
A dévorer ou picorer selon ses envies mais à ne surtout pas manquer...
Bonne dégustation !
Livre lu dans le cadre de mon petit challenge perso![]()
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28 janvier 2008
Un petit tour en Russie...
ELISABETTA RASY, LA SCIENCE DES ADIEUX, 249 pages, Seuil, 2007. Genre : Roman inspiré des Mandelstam.
Une très belle couverture, un nom d'auteur italien tout en douceur et un titre très poétique. Tout ça aurait pu me donner envie de lire ce roman. Mais c'est surtout Valérie que je dois remercier (eh oui encore elle, décidément les libraires sont très influents et c'est tant mieux) qui me l'a offert car c'est un de ses coups de coeur de l'année dernière.
Nadejda rencontre Ossip Mandelstam un peu par hasard. Elle se liera à lui et supportera tout pour lui. Et tout c'est beaucoup. D'abord parce qu'Ossip est un poète sans concession, qui n'hésite pas à critiquer le pouvoir en place (on est sous Staline et c'est plus que dangereux d'élever la voix, c'est se condamner à la déportation), mais aussi parce qu'il a besoin de nouvelles muses régulièrement.
Avec ce roman, et j'insiste sur ce terme car l'auteur elle-même y tient, Elisabetta Rasy s'inspire de la vie d'Ossip Mandelstam et de Nadejda pour nous donner un tableau de la vie en Russie dans les années vingt et les années trente. La société des écrivains très influente mais qui rejette tout poète dit non soviétique, la dure réalité où tous les jours on court après la nourriture et de quoi se chauffer, le cercle des amis qui se défait et se refait en fonction de l'actualité (les vrais amis se révèlent dans ces moments-là. Et surtout, l'incroyable dévouement de cette femme, ne doutant pas un seul instant du talent de son mari, l'aimant jusqu'au bout, allant jusqu'à apprendre ses vers par coeur pour ne pas qu'ils se perdent dans la censure. C'est une histoire d'amour magnifique, de vers, de lutte où l'on croise ces noms qui me font rêver : Pasternak, Tsvetaeva, Akhmatova, Maïakovski... Une Russie bouillonnante d'idées, de talents, d'écrivains, de poètes détruits pas l'Histoire et le régime stalinien. Une oeuvre qui marque et qui donne envie d'aller découvrir les écrits de tous ces gens dont le seul plaisir est l'écriture et la lecture. J'ai adoré ce roman et plonger dans cet univers-là. J'espère un jour avoir accès aux souvenirs de Nadejda Mandelstam rassemblés dans un livre intitulé Contre tout espoir, malheureusement épuisé.
Bonne lecture...
Lu dans le cadre de mon petit challenge perso


