24 décembre 2008
Le Noeud des miroirs...
CHRISTOPHE MILESCHI, L'EFFET-MÈRE, Le Noeud des miroirs, 40 pages, 2008. Genre : jeux de mots poétiques.
Christophe Mileschi est un sacré personnage. Il a un talent certain pour lire ses textes et vous les faire vivre. Avec d'autres, il participe à une nouvelle revue poétique qui crée des numéros errants à 5 euros. Pour avoir l'explication, c'est ici.
Un récit à quatre temps et un vestibule est le sous-titre de ce recueil de poèmes. Je l'ai presque arraché des mains de ma libraire qui venait de le recevoir. Je l'ai lu à voix haute pour mieux profiter de l'écriture de l'auteur quand il joue avec les mots.
Quelques vers pour vous donner envie :
"les mots c'est comme les gens
on les triture en tout sens
on les hache et barramine
on les gâches : et puis on dîne"
"je suis un homme et lie
mes chants aux homélies"
"je ne peux plus vivre sans ça
je ne peux plus vivre sensé
j'arrache mes ongles polis
me greffe des griffes de cris"
Bonnes rimes...
22 décembre 2008
L'enfance violentée...
EMMANUELLE PAGANO, LES MAINS GAMINES, P.O.L, 169 pages, 2008. Genre : un roman à quatre voix pour raconter l'indicible.
Les titres des romans d'Emmanuelle Pagano (le tiroir à cheveux, les adolescents troglodytes) m'ont toujours plu et m'ont donné envie d'en savoir plus.
Une femme mariée au viticulteur du village se sent dépossédée de tout par son mari. Une mère se souvient des peurs que lui a faites son fils. Une ancienne institutrice en maison de retraite se rappelle de sa classe de CM2 de l'année scolaire 1979-1980. Une petite fille s'interroge sur tout ces propos des grands qu'elle ne comprend pas. Ils connaissent tous la jeune femme qui a subi les mains gamines.
Emmanuelle Pagano a une écriture très belle, très poétique et ciselée. Les non-dits rendent l'histoire encore plus forte que ne l'auraient fait des mots précis. C'est le style de l'auteur plus que l'histoire que je retiens (attention, je ne dis pas que je n'ai pas aimé). Et j'ai très envie de le retrouver dans un prochain roman.
Bonne lecture!
"Elles m'appellent au bout de leur patience pour continuer avec le début de la mienne."![]()
![]()
![]()
17 décembre 2008
Et un peu plus j'espère...
MARCUS MALTE, TOUTE LA NUIT DEVANT NOUS, Zulma, 126 pages, 2008. Genre : recueil de nouvelles
Comme Amanda, je ne résiste pas à l'écriture de Marcus Malte. Je me devais donc de m'acheter son dernier livre.
Trois nouvelles, trois titres qui ne dévoilent rien : le fils de l'étoile, des noms de fleurs, le père Francis. Dans la première, Mestrel part en colonie de vacances avec François qui le protège de ceux qui l'embêtent. La deuxième montre jusqu'où peuvent aller des militants écologiques pour défendre leur cause. Et la troisième nous rappelle que le chemin qu'on prend dans la vie ne tient pas toujours parfois à pas grand chose.
Marcus Malte a le don de l'ellipse, a l'art de mettre dans la tendresse dans des personnages les plus fous. Marcus Malte a une plume minutieuse, pudique et poétique pour nous faire partager les fêlures d'une vie. Quelques mots suffisent pour suggérer beaucoup plus.
Marcus, je vous donne rendez-vous à ton prochain livre que je ne manquerai pas.
Bonne lecture!
L'avis d'Amanda et de Michel![]()
![]()
![]()
01 décembre 2008
Littérature africaine...
ALAIN MABANCKOU, MÉMOIRES DE PORC-ÉPIC, Seuil, 2006, 229 pages. Genre : le conte africain revisité.
Il était temps que je lise ce livre que ma chère maman m'a offert à Noël il y a deux ans (oui, j'ai honte). D'autant que j'avais très envie de découvrir la plume de l'auteur, qui a obtenu le prix Renaudot 2006 avec ce titre.
En Afrique, une légende populaire prétend que tout être a son double animal. Un porc-épic devient donc l'alter-ego de Kibandi, un jeune villageois qui l'oblige à accomplir toute une série de meurtres, aux motifs plus saugrenus les uns que les autres.
Toute cette histoire est un beau prétexte pour Alain Mabanckou de pointer du doigt ou du piquant (d'accord ma blague est nulle mais je manque d'inspiration) les défauts de l'être humain en général avec une ironie toujours bien placée. Je n'ai pas été très touchée par l'histoire mais la verve de l'auteur m'a beaucoup plu, sans être gênée par l'absence de ponctuation. Je lirai sûrement son Verre cassé.
Bonne lecture!
Merci à la mother pour me l'avoir offert.
L'avis de Gambadou et celui de Lou.
18 novembre 2008
Le prix Landerneau 2008...
YASMINE CHAR, LA MAIN DE DIEU, Gallimard, 97 pages, 2008. Genre : la vie d'une jeune fille au Liban.
Me voilà bien embêtée pour parler de ce très court roman. Non pas parce que je n'ai pas aimé mais parce que je l'ai lu il y a longtemps et que je ne me souviens plus de grand chose. Je vous conseille donc pour en savoir un peu plus de vous reporter à l'avis de Caroline, que je remercie pour le prêt et chez qui vous pourrez trouver plein de lien intéressants (oui je sais, ça s'appelle de la fainéantise).
La lecture me laisse un souvenir très imprécis et pourtant je me rappelle l'avoir apprécié. L'atmosphère surtout et la force de cette jeune femme qui garde la foi en la vie malgré la guerre qu'elle vit au quotidien et les tireurs embusqués qu'elle défie constamment. Assez étrange de se rendre compte qu'un livre aimé peut être aussi rapidement oublié. Peut-être est-ce juste une histoire d'émotion qui diminue avec le temps...
Promis, le prochain billet sera plus conséquent et avec un véritable avis!
Bonne lecture!![]()
![]()
17 novembre 2008
Sanglant vous avez dit ?
CARYL FEREY, UTU, Gallimard, 400 pages, 2004. Genre : polar violent au pays des maoris.
Beaucoup de blogs ont parlé de son dernier roman. Ne l'ayant pas trouvé dans ma chère bibliothèque, je me suis rabattue sur celui-ci.
Paul Osborne revient en Nouvelle-Zélande pour enquêter sur la disparition d'un corps, tué par son ami Fitzgerald, qui s'est suicidé ensuite. Ne croyant pas cette version, il se met à rechercher la vérité, lui le spécialiste de la question maorie. Mais ces méthodes sont quelques peu hors normes (pour tout dire il est carrément antipathique et violent) et le souvenir d'Hana, son amour de jeunesse, le hante toujours autant.
Bizarrement, je reste septique après la lecture de ce livre. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde (on n'a pas vraiment le temps vu le rythme de l'histoire) mais il y a quelques détails qui me chiffonnent. J'ai beaucoup de mal à croire cet amour inconditionnel né un peu étrangement (et pour tout dire, je ne trouve pas ça très réaliste) entre Osborne et Hana. Et puis, j'aurais aimé comprendre un peu mieux comment Osborne est devenu ce personnage si violent, si destructeur envers lui-même (l'auteur ne fait qu'aborder le sujet je trouve). Du coup, je me sens obligée de lire un autre roman de lui pour savoir si c'est juste cette histoire ou l'oeuvre de l'auteur qui ne me convient pas plus que ça. Si vous avez des suggestions, je suis preneuse!
Bonne lecture!
28 octobre 2008
Waou!!!
JEAN-MARIE BLAS DE ROBLÈS, LÀ Où LES TIGRES SONT CHEZ EUX, Zulma, 766 pages, 2008. Genre : indescriptible!
Je ne cesserai jamais de le répéter, Zulma est une maison d'éditions à soutenir en achetant leurs livres. Ils sont beaux (j'aime beaucoup le graphisme de leurs couvertures), agréables, leurs auteurs à découvrir d'urgence (certains sont devenus incontournables comme Marcus Malte) et leurs textes méritent un long détour.
Eléazard von Wogau, correspondant de presse dans le Nordeste brésilien, reçoit un manuscrit écrit par Caspar Schott, le fidèle disciple d'Athanase Kircher, un célèbre jésuite. La vie de celui-ci entrecroise celle d'Eléazard, celle de son ex-femme Elaine, de sa fille Moema et de nombreux autres personnages.
Ce roman est d'une richesse incroyable. Il foisonne d'idées, de portraits singuliers, de références au Nordeste brésilien et la misère qui y sévit, d'humour et tant d'autres choses encore. Les pages se tournent une vitesse folle tant on est pris dans les turpitudes de la vie des nombreux protagonistes auxquels on s'attache très vite. Un excellent roman écrit en 10 ans qui fait l'unanimité auprès des lecteurs! A découvrir très vite.
L'avis de Tamara et d'Emeraude qui m'ont convaincue de la nécessité de sa lecture.
Bonne lecture...
19 octobre 2008
Un premier roman...
PIERRIC BAILLY, POLICHINELLE, P.O.L, 234 pages, 2008. Genre : mais que peuvent bien faire des ados désœuvrés dans les campagnes françaises?
La rentrée littéraire apporte son lot de premiers romans. Quelques uns se font remarquer. Comme celui-ci toujours en lice pour le prix de Flore et le prix du premier roman de cet automne.
Lionel, la vingtaine, quitte "Besac" (le doux surnom de Besançon pour la jeunesse jurassienne) pendant l'été pour retrouver la vie de son petit village de Clairvaux. Sans trop savoir quoi faire de lui, il s'intègre à la bande de potes de sa sœur, âgée de 5 ans de moins que lui. Ils sont tous affublés de caractéristiques physiques bizarres qui les dérangent (comme des jambes yo-yo ou des tulipes dans le dos) et l'ennui les pousse toujours plus loin dans l'esprit de groupe et la bêtise.
Quand j'ai refermé ce roman, je me suis demandée ce que je venais de lire. Et puis avec le recul, je comprends mieux. Pierric Bailly (quelqu'un de très gentil soit dit en passant) parle de la jeunesse française qu'on ne mentionne jamais, celle des campagnes, sans objectifs, perdue, mal à l'aise, qui ne sait quoi faire d'elle-même. Au début, on rit des misères de la troupe, sans saisir toutes subtilités des inventions littéraires de l'auteur. Puis le doute n'est plus permis et on s'interroge sur ce qui les à agir avec autant de désinvolture. Pierric Bailly réussit à retransmettre l'oralité de ce petit groupe, quitte à perdre son lecteur parfois, pour mieux le retrouver ensuite. Un premier roman singulier qui pique la curiosité.
Bonne lecture!![]()
![]()