OLIVIER ADAM, JE VAIS BIEN NE T'EN FAIS PAS, Pocket, 156 pages, 2000. Genre : son frère disparaît et la vie de Claire bascule.

     je_vais_bien_ne_t_en_fais_pasCe premier roman d'Olivier Adam m'attirait depuis longtemps. En règle générale, j'aime lire des récits sur le thème de la disparition, quelle qu'elle soit. J'ai sauté le pas après avoir découvert le film réalisé par Philippe Lioret, interprété notamment par Mélanie Laurent, Julien Boisselier, Kad Merad et Isabelle Renault. Je n'avais pas l'impression de "trahir" l'auteur en voyant d'abord le film car il a participé à l'élaboration du scénario et des dialogues. Ce film m'a littéralement bouleversé. J'ai pleuré longtemps après la dernière image et j'ai éprouvé le besoin de trouver le plus d'informations possibles sur sa réalisation, sa gestation etc... Et surtout de découvrir le roman dont il était issu.
    Autant le dire tout de suite, l'émotion était moins présente pour moi que dans le film. Sûrement dû au fait que le plus du film par rapport au livre est l'interprétation toute en justesse et magistrale des deux acteurs principaux. Néanmoins, j'ai aimé cette lecture. Petit rappel, pour ceux  qui ne connaîtrait pas encore l'histoire. Claire (Lily dans le film) est caissière chez Shopi. Elle voit passer sa vie comme elle voit passer les articles sur le tapis roulant de sa caisse. Sans intérêt, triste et sans saveur. Tout est bon pour oublier que deux ans auparavant, à son retour de vacances, tout a changé pour elle. Son frère est parti, sans dire au revoir, après une dispute avec leur père. L'incompréhension, la colère, le laisser aller vers la mort se succède jusqu'à la première lettre. Juste quelques mots : "je vais bien ne t'en fais pas". Claire peut revivre, si on veut. Les questions n'ont toujours pas de réponse et la vie est toujours sans saveur. Seule sa famille la sort de ce monde dans lequel elle s'est enfermée.
    Olivier Adam a écrit un très beau roman sur l'amour d'une famille entre ses membres et sur ce que l'on est prêt pour sauver l'un des siens. Beaucoup, trop ? Jusqu'où irions-nous par amour ? La force du récit est dans les nons-dits, ce que l'on devine derrière les quelques paroles échangées et le silence omniprésent. Olivier Adam est décidément très doué pour décrire les êtres fragiles, affaiblis en équilibre, entre la vie et le désespoir et les répercussions psychiques d'une disparition sur quelqu'un. Le sujet me touche, Olivier Adam (et Mélanie Laurent) aussi.
    Bonne lecture!

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